Pas de blogs, aujourd'hui. Pas de livres, non plus. Sauf quelques pages de Luc Lang dans le bain, ce soir (errance dans les villages de baraquements d'une réserve indienne et retour à l'opulence hôtelière et environnementale dès l'issue trouvée...).

Sortie à Ginza, du soleil mais du vent froid. Excellent restaurant de tonkatsu. Complet ratage côté chaussures : j'avais repéré la semaine dernière une solide paire marron, un modèle chic et sans lacets. Essai aujourd'hui, c'est bien mais un peu serré, la pointure au-dessus parfaite mais qu'en noir, une seule paire disponible et des défauts dans le cuir. Et plus en stock chez le fabricant. Pas le bon jour. On laisse tomber. En plus, vendeur gentil mais peu compétent.
Pas comme un chausseur pour dames, minuscule boutique, presque en face : prend le tour de pied de T., lui donne moult explications sur la fabrication, les qualités de cuir, les tarifs qui ne sont guère différents des modèles courants. T. ne cède pas tout de suite, mais affaire à suivre... On en profite pour lui demander où et comment acheter du chagrin au détail, une idée, comme ça. Il nous explique que c'est presque impossible car c'est très très solide et quasiment préempté par la maroquinerie de luxe. Et ça coûte la peau des fesses ! — Normal,  puisque c'en est.

Bon, au moins une bonne chose, T. a trouvé une nouvelle barette, solide et originale. On la baptise ushirogame (la tortue de derrière, petit jeu de mot avec 後ろ髪, ushirogami, image de l'hésitation...).
Du pain chez Dalloyau et on rentre.

Le temps de prendre le thé et je file à l'Institut pour voir Adieu, plancher des vaches ! (Otar Iosseliani, 1999). Ça m'époustoufle littéralement. Un film haletant de mouvements, de rencontres, de vies qui se construisent...
Les résumés ici ou ne disent absolument rien de ce qui est merveilleux dans ce film : son essence burlesque qui se passe quasiment de paroles pertinentes, quelque chose entre le muet et Tati, la tête qui tourne de beaucoup de bouteilles en plus. Sauf chez Fluctuat, peut-être, mais où l'on n'a pas compris que le film ne se cherche pas de propos, il reste dans une absurdité de la vie qui se fait et se défait, au gré des chocs de particules que sont les uns et les autres, qu'ils soient femme d'affaire ou clochard chanteur. Apparemment d'autres critiques sont allés dans le même sens que moi, puisqu'il a reçu le Prix Louis-Delluc.