mardi 27 février 2007
Ses aises dans l'arrière de mon crâne
Par Berlol, mardi 27 février 2007 à 23:23 :: General
En soi, c'est une mauvaise journée. Ménage et
lessive me mettent en retard. Pas d'ambiance à la fac (et
pour cause, presque personne). Centre de sport fermé, comme
un mardi. Un vague début de rhume qui m'inquiète
et qui prend ses aises dans l'arrière de mon
crâne. Et cette âcre et collante sensation de
m'être pris les pieds dans un tapis de courriers en
intervenant pour T. dans une affaire où ça risque
en fait de compliquer les choses — et se mordre les doigts ne
sert vraiment à rien. Mais que faire quand on sent
l'injustice et l'hypocrisie pointer le bout de leur vilain nez ? Et
qu'on veut éviter cela à la personne qui nous est
la plus chère ? Et qu'on croit en avoir la
possibilité ? Après tout, je n'en sais
rien... Dans deux jours, on me dira peut-être que j'ai bien
fait... Mais ce soir, vraiment, je suis défait,
déçu. Et pas possible d'en dire plus.
Je me suis rabattu sur mes papiers à remplir, avec application, pour la demande de visa. En fait, il faut que je sépare la demande de renouvellement de visa de trois ans, formalité relativement simple et qui doit être achevée avant la mi-mars, pour qu'on puisse partir en vacances, et la demande de visa permanent, dont la date d'obtention est plus aléatoire.
Même pas le temps et la tête à me mettre une heure sur le côté pour lire un livre tranquillement... Non, je reste rivé à l'écran, où il y a toujours plus à faire. Jusqu'à ce que je décroche, vers 19 heures. Et quand je veux quitter le bureau, il pleut. C'est bien ma veine.
Parfois le ton de Sollers me requinque...
« C'est là qu'on voit à quel point les intellectuels séduits par Sarkozy sont peu écrivains. Ils veulent sourdement de l'ordre, ils ont peur des rebondissements de l'intrigue, de cette odeur de femme qui met les imaginations en émoi. Ils ne croient plus à leurs discours abstraits, les pauvres. Il y a longtemps qu'ils ont abandonné la philosophie pour la morale à tout bout de champ. Remarquez, Sarkozy n'est pas n'importe qui : il court, il court, il est passé par ici, il repassera par là, il est de plus en plus fluide, poisson, insecte tenace, beaucoup plus intéressant que ses partisans qui, rassemblés, font un peu croque-morts ou syndicat des pompes funèbres. C'est un fils de père, Sarko, et il est pressé de prendre la place du bon vieux Chirac qui, lui, désormais, rêve de Ségo. L'intellectuel se voit toujours conseiller du prince, c'est-à-dire homme du cardinal, alors que l'écrivain est fondamentalement du côté de la reine, c'est plus amusant, plus mousquetaire, plus gratuit, plus insolent. Alexandre Dumas vote Ségo, aucun doute.» (Philippe Sollers, Cf. blog)
J'essaie ensuite de ne lire que de beaux textes. Des autres, je décroche tout de suite pour qu'ils ne me contaminent pas. Je lis entièrement celui de Sylvie Durbec chez Écrivains en campagne, oui, et je pense comme elle qu'il faut parfois envisager de vivre ailleurs — sauf que j'y suis déjà, c'est plus facile à dire. Je lis avec grand bonheur La Débroussailleuse de Philippe De Jonckheere, on voudrait que ce soit plus long, mais peut-être que non, c'est comme ça que c'est. Ce sera mon rayon de soleil, ce soir.
Entendu sur France Info, au sujet de la chirurgie esthétique : les « nouveaux petits désirs plastiques modernes.» Rien que quatre adjectifs ! Ce qui fait beaucoup pour des petits seins.
Allez, un petit Speculoos, pour le retour (sur soi) ? Merci d'être passé.
Après tout, on ne sait rien de l'avenir. Je vais lire, ça va aller.
Je me suis rabattu sur mes papiers à remplir, avec application, pour la demande de visa. En fait, il faut que je sépare la demande de renouvellement de visa de trois ans, formalité relativement simple et qui doit être achevée avant la mi-mars, pour qu'on puisse partir en vacances, et la demande de visa permanent, dont la date d'obtention est plus aléatoire.
Même pas le temps et la tête à me mettre une heure sur le côté pour lire un livre tranquillement... Non, je reste rivé à l'écran, où il y a toujours plus à faire. Jusqu'à ce que je décroche, vers 19 heures. Et quand je veux quitter le bureau, il pleut. C'est bien ma veine.
Parfois le ton de Sollers me requinque...
« C'est là qu'on voit à quel point les intellectuels séduits par Sarkozy sont peu écrivains. Ils veulent sourdement de l'ordre, ils ont peur des rebondissements de l'intrigue, de cette odeur de femme qui met les imaginations en émoi. Ils ne croient plus à leurs discours abstraits, les pauvres. Il y a longtemps qu'ils ont abandonné la philosophie pour la morale à tout bout de champ. Remarquez, Sarkozy n'est pas n'importe qui : il court, il court, il est passé par ici, il repassera par là, il est de plus en plus fluide, poisson, insecte tenace, beaucoup plus intéressant que ses partisans qui, rassemblés, font un peu croque-morts ou syndicat des pompes funèbres. C'est un fils de père, Sarko, et il est pressé de prendre la place du bon vieux Chirac qui, lui, désormais, rêve de Ségo. L'intellectuel se voit toujours conseiller du prince, c'est-à-dire homme du cardinal, alors que l'écrivain est fondamentalement du côté de la reine, c'est plus amusant, plus mousquetaire, plus gratuit, plus insolent. Alexandre Dumas vote Ségo, aucun doute.» (Philippe Sollers, Cf. blog)
J'essaie ensuite de ne lire que de beaux textes. Des autres, je décroche tout de suite pour qu'ils ne me contaminent pas. Je lis entièrement celui de Sylvie Durbec chez Écrivains en campagne, oui, et je pense comme elle qu'il faut parfois envisager de vivre ailleurs — sauf que j'y suis déjà, c'est plus facile à dire. Je lis avec grand bonheur La Débroussailleuse de Philippe De Jonckheere, on voudrait que ce soit plus long, mais peut-être que non, c'est comme ça que c'est. Ce sera mon rayon de soleil, ce soir.
Entendu sur France Info, au sujet de la chirurgie esthétique : les « nouveaux petits désirs plastiques modernes.» Rien que quatre adjectifs ! Ce qui fait beaucoup pour des petits seins.
Allez, un petit Speculoos, pour le retour (sur soi) ? Merci d'être passé.
Après tout, on ne sait rien de l'avenir. Je vais lire, ça va aller.