Matinée de lecture. Parmi les nouveautés de Gallica, Le Figaro depuis 1826. On peut lire cela pour toutes sortes de raisons.

« Porte-plumes incaustifères*
à réservoir d'encre continu
Ces porte-plumes sont de la forme et de la grosseur d'un crayon ordinaire ; toutes les plumes métalliques s'y adaptent, et ils contiennent la quantité d'encre nécessaire pour écrire pendant dix-huit heures. On les porte dans la poche ou dans un portefeuille, sans crainte que l'encre vienne à s'échapper.
Les hommes de loi, les médecins, négocians, agens de change, voyageurs, les élèves des écoles, et toutes les personnes qui ont souvent à prendre des notes et à écrire hors de leur domicile, apprécieront l'avantage d'une invention qui rend l'écritoire inutile.
Prix : 2 francs.» (Le Figaro, 4 mars 1838, p.3 — l'orthographe est d'origine)

Malheureusement, quand le journal passe à des colonnes plus serrées, la version Gallica est quasiment illisible, parfois floue. Tout est à refaire, je le crains. Idem pour L'Humanité (de 1904 à 1937, à ce jour). On aurait par exemple aimé lire l'article intitulé Exploitation éhontée de la femme du 4 mars 1907, mais plus on zoome plus on perçoit les pixels — et moins on y lit de lettres.
Si quelqu'un voit une autre solution...
Il y a aussi La Croix (1883-1924), Le Supplément littéraire du Figaro (1876-1926), Le Temps (1861-1935). Tous illisibles.
En revanche, la thèse de François Picavet sur Les Idéologues (1891) est parfaitement lisible. Six cent vingt-huit pages, tout de même... Qu'on se rassure, je ne l'ai pas lue ce matin. Juste parcouru quelques pages. Assez pour voir que c'est plutôt intéressant, et que les mots idéologue et idéologie n'avaient pas encore la connotation négative d'aujourd'hui. Le XXe siècle les aura usés...

Et puis on a finalisé nos feuilles d'impôts, déjeuné de restes d'hier et de jambon de Parme, avant d'aller marcher au hasard. Pâle soleil un peu dans l'après-midi et pleine lune le soir. Occasion pour moi d'apprendre à me servir de mon enregistreur Edirol (réglages, bruits à ne pas faire juste à côté, etc.). Finalement, de Jimbocho à Ochanomizu, puis encore, on est arrivé à Akihabara. Et comme on envisage d'acheter des chaises, on a visité le magasin Onoden, assez bas de gamme, et juste à côté Livina, plus chic et largement plus cher. On essaie toutes les chaises. On achète un porte-rouleau de scotch, un peu lourd pour que ça ne bouge pas quand on en tire et détache un morceau. Dîner dans un restaurant italien du nouveau bâtiment Akiba, Alioli, simple et bon.
Un dimanche de mars, quoi.

* Le mot incaustifère ne figure ni dans le TLF ni dans le Littré (ni dans Google [sauf bientôt, pour pointer ici]), et je n'ai pas le Grand Larousse du XIXe siècle à portée de main. Si quelqu'un en trouve la définition... (Peut-être du latin causticus, « qui brûle, qui corrode », avec suffixe -fère ; peut donc signifier qui est inusable, increvable, inextinguible...)
On peut se demander si ce n'était pas une publicité mensongère parce que près de cinquante ans plus tard, Flaubert s'exclame, pour Bouvard et Pécuchet : « Continuellement le grattoir et la sandaraque, le même encrier, les mêmes plumes et les mêmes compagnons ! »