Sa tragédie, elle non
Par Berlol, mardi 6 mars 2007 à 23:51 :: General :: #567 :: rss
Tiédeur
et éclaircies quand nous sortons et montons nos
vélos pliables. Pour la première fois de
l'année, peut-être bien... Des courses
à faire à Ichigaya et Akihabara (soit 2 km
à l'ouest puis 5 à l'est). La
différence avec le dimanche est
évidente : des voitures et des camions partout,
rapidité et agressivité des piétons.
Il faut choisir des rues, des avenues plus
dégagées, des
trottoirs plus larges, aucun problème via Suidobashi.Au retour, arrêt pour visite du grand temple de Kanda (Kanda Miyoujin, 神 田明神), très décoré et superbement entretenu.
Retour par Korakuen, sans s'arrêter parce qu'on a faim. Déjeuner — c'est mon tour — d'une salade tomates, mozarella et basilic, et de deux tournedos, saisis à la graisse de foie gras (conservée du pot offert par ma sœur fin décembre).
Je laisse T. à des courriers
familiaux et je vais à l'Institut voir Truands
(Frédéric Schöendoerffer, 2006). Pas de
surprise sur l'intrigue, c'est de la classique peinture de
mœurs, celles du grand banditisme. Mais pas d'enjolivement ni
d'hagiographie. Ils sont vulgaires, incultes, violents, machistes,
sexistes, xénophobes, ne respectent pas leur parole, n'ont
pour toute morale que l'argent. Un tueur solitaire, qui ne marche qu'au
contrat, essaie d'échapper à
l'enrôlement, ne veut pas ajouter la compromission du
goût à celle du crime.À noter, au milieu du film : un personnage regarde un film sur un poste de télévision, c'est une scène de la 317e Section (1964, de Pierre Schöendoerffer, père de Frédéric), quand Bruno Cremer met une grenade dégoupillée sous un mort, pour que ceux qui viendront après se fassent sauter en déplaçant le corps ; je croyais que ça servirait de mise en abyme et j'attendais le piège : quand les cousins viennent dans l'appartement du solitaire, à la fin, j'étais persuadé que tout allait péter, mais non... Évitement spéculaire comme une volonté de ne pas rendre la pareille, de ne pas entrer dans le cercle infernal de la vengeance personnelle.
Puis T. me laisse pour aller
à une réunion
universitaire. Je dîne en regardant Match Point (W.
Allen, 2005). Propos en soi guère plus innovant que le
précédent. C'est un conte macabre de
l'adultère ordinaire. Mais avec la très chic
société londonienne, l'accent, la classe. La
finesse de la mise en scène et des dialogues
n'évite pas un peu d'ennui vers le centre mou du film,
peut-être nécessaire d'ailleurs pour faire
fonctionner la mise en
abyme, effective cette fois, du premier quart du film :
le jeune instructeur de tennis et amateur d'opéra offre
à sa future fiancée un disque d'enregistrements
rares dont il vante les accents tragiques, à quoi la jeune
femme est peu sensible... Il vivra sa tragédie, elle non. Et
puis des choses dites sur le hasard, dans une conversation badine entre
amis de fraîche date, trouveront leur illustration dans la
surprenante ironie finale du destin.
Donc, ni machiavélisme filmique ni
téléologie comportementale.S'il n'y a ni libre arbitre ni prédestination, qu'y a-t-il ? L'errance, l'hésitation, le remord, le sursis.
Commentaires
1. Le mercredi 7 mars 2007 à 01:56, par brigetoun :
pour la dernière phrase les gens nés juste avant moi (la génération des 20 ans en 40) auraient dit "le monde contemporain"
Ajouter un commentaire
Les commentaires pour ce billet sont fermés.