« Je ne crois aux statistiques que lorsque je les ai moi-même falsifiées », Churchill. Beau rappel de Serge Portelli dont le chapitre de son livre Ruptures sur les Faux bilans de Nicolas Sarkozy est plus qu'instructif.
Quelques lignes après Churchill : « Dans toute statistique, l’inexactitude du nombre est compensée par la précision des décimales » (Alfred Sauvy). Superbe !

Sur le site de l'Institut franco-japonais de Tokyo, l'annonce de la Journée de la Francophonie, le 21 mars : « A la rencontre des pays de la Francophonie : Belgique, Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Canada, République Démocratique du Congo, Côte d'ivoire, Djibouti, France, Gabon, Luxembourg, Madagascar, Mali, Maroc, Mauritanie, Québec, Suisse...»
C'est un grand progrès de voir qu'une institution française accepte cette formulation déhiérarchisée, pour laquelle j'ai lutté (je n'étais pas seul de cet avis) quand je participais au conseil d'administration d'une association de pédagogie.

Pas mal de boulot pour préparer (imaginer, scénariser) les cours de la rentrée. Nous apprenons la mort de Jean Baudrillard, aux infos de France 2 puis dans le journal japonais. Cela m'attriste parce qu'il savait comme personne faire danser les concepts et que ça faisait du bien quand on voulait penser contre ceux qui veulent que ça marche au pas. Je lui dédie ces quelques nuages.
Sortons pour déjeuner au Saint-Martin, régler la facture à l'agence de voyage (pour un départ dans deux bonnes semaines, si mon visa est renouvelé d'ici là...).
Depuis ce matin, je trouve que la lumière de l'écran m'agresse. J'essaie des distances de lecture et des tailles de caractères pour voir si ça vient de ma vision mais il semble plutôt que ça vienne de la lumière elle-même. D'ailleurs j'ai dû déjeuner en partie avec les lunettes de soleil. Et hier, je me rappelle que mes yeux larmoyaient un peu sans raison dans l'après-midi, c'est-à-dire après la sortie en vélo. Et que ce matin, j'avais un peu de névralgie au réveil... Il se pourrait bien que ce soit une forme de sensibilité au pollen, ou à la poussière, ou aux deux, combinés. À suivre de près, puisqu'il y a toujours prévision de lunettes (je ne suis pas contre, d'ailleurs, mais il faut que ce soit le bon moment).

De lourds nuages s'amoncellent
toujours délicieusement, dirais-je
                    C'est après que... mais pas aujourd'hui
camélias en sursis

Après une sieste, yeux bien reposés, la douleur passe. Je prépare un chou-fleur à la vapeur, entier (ceux du Japon ne sont pas si gros que ceux qu'on trouve en France). Puis une sauce Mornay citronnée — au moins quinze ans que je n'avais pas fait ça. Enfin dans un plat, chou-fleur coupé en deux, bardé de jambon et nappé de sauce Mornay, j'enfourne 14 minutes à 200 °C. Quand je l'appelle à table, étonnement de T. qui était plongée dans le peaufinement d'un courrier congressionnel. Et c'est comestible, finalement.

je suis écrivain
je ne suis pas écrivain
pour que je sois écrivain il faudrait qu'on me publie
pour qu'on me publie il faudrait que je sois écrivain
j'ai toujours su que j'étais écrivain
et jamais souhaité qu'on me publie
ni même demandé à on
parce que on je ne sais pas qui c'est
ni moi ni mes manuscrits ne sont soumis
ni statut d'auteur ni statue d'hauteur
maintenant je me publie moi-même tous les jours
je me publie pour me souvenir et pas pour me subvenir
je me publie je me donne je ne me vends pas
je ne suis ni à vendre ni à acheter
je suis à lire
comme d'autres sont à lire je les suis
quand je suis en train de les lire je sais s'ils sont écrivains
en livre ou en ligne ils sont ou ne sont pas écrivains
je plains ceux qui ne se sentent écrivains qu'étant publiés
être étant publié devient un des tant publiés
et qu'à tant publier il n'y a plus d'écrivains
et tant de papier pour si peu d'écriture
ici tant d'écriture pour si peu de papier
personne ne peut nier que je suis écrivain
tout le monde sait que je ne suis pas écrivain
actuellement ceux qui pensent écrivain pensent livre
presque personne ne peut penser écrivain sans livre
je suis un écrivain qui a
foison de textes néant de livres
évidences en 2035 ou 2080
mais là d'un jour à l'autre
personne ne peut dire si je suis écrivain ou pas
pourtant ça chaque jour s'écrit
qui ne peut être que de moi
si on sait ce qu'est un écrivain parce que c'est un livre qu'on tient
alors on ne sait rien le sait-on
que l'horizon 2010 il est déjà derrière
et qu'alors comme aujourd'hui je ne serai jamais écrivain
parce que je l'ai toujours été