Qu'est-ce que je vais bien pouvoir dire d'une telle journée de plage ? De celles dont on rêve tout l'hiver et que l'on n'obtient généralement pas, en tout cas pas avant juillet août. (Un peu comme le lundi au soleil...)
Que l'hôtel s'est quelque peu vidé depuis hier soir et que c'est maintenant la basse saison. D'où les meilleurs transats, pas d'attente aux douches ni aux cocktails de fruits...
Nous nous sommes levés à six heures pour aller voir le lever du soleil. T. est allée jusqu'au pavillon du bout de la digue pour faire du yoga sous les premiers rayons.
La journée s'est encore étirée sans horaires, au gré des bains, des faims, des sommes.

Le matin, j'ai lu quelques pages d'un Atlas de l'histoire de France IXe-XVe siècle. Je ne sais quasiment rien de ces époques (je ne dois pas être le seul).
De temps en temps des écureuils viennent jouer avec nos voisins russes, arrivés d'hier.
J'ai fait un aller-retour de plus de six cents mètres pour profiter du bain de vapeur et du sauna. En même temps, respirer de la vapeur trop chaude... Je me suis demandé si c'était bien bon pour la santé... Et si l'eau vaporisée contenait des particules toxiques qui allaient se fixer sur les bronches !... Décidément, on ne comprend rien au corps.

Déjeunons au Chess Bar.
Plus tard, pendant que T. sieste entre deux serviettes pour éviter les coups de soleil (pas comme moi), j'accompagne (encore une fois) Emma B. au bal et suis témoin de ses émois faciles. Charles n'est vraiment pas à la hauteur, c'est le moins qu'on puisse dire. Je prends des notes. Et je comprends Emma. De toute façon, déjà très peu de temps après leur mariage, Emma savait qu'elle n'aimait pas Charles. Ni la campagne. Ni ses propres origines, finalement. Ni la famille de son mari. Je sais déjà qu'elle n'aura personne sur qui compter. Ni Charles, d'ailleurs. Le pourquoi de tout cela, c'est ce que Flaubert nous lègue...
Dans L'Éducation sentimentale, il y aura des essais et des espoirs, de l'Histoire, de la politique, et au final plus de vie humaine pour Frédéric que pour Emma. À dire vrai, il n'y a guère que dans Bouvard et Pécuchet que Flaubert peut enfin écrire l'amitié. Amitié qui tient le tout des vies, la raison de vivre, indéfectible, malgré le catalogue des déboires — ou grâce à leur accumulation, comme une... aubaine des déboires.
[Ajout du 30 : Aubaine, le mot me trottait dans la tête depuis des jours, étymologiquement : succession d'un étranger (défunt), profit inespéré...]

Pas de pluie, finalement. Un vent assez fort nous avait fait craindre la tempête. Ce sera juste un mal de gorge.
Dîner indonésien, là où se tient un buffet aux nombreuses spécialités, le même restaurant que celui du petit déjeuner, entouré de bassins de lotus. Pour nous, un plat à la carte, ça suffira.  Et puis la promenade digestive ne sera pas longue...