Bravement, dans mon rattrapage des émissions, j'ai vu ce matin Ce soir ou Jamais du 27 mars. Long sujet sur l'immigration et les quartiers populaires. Et là, faut bien le dire, Pierre Jourde s'est salement planté et, sans le pourrir trop, les autres le lui ont fait savoir. Et c'était étonnant. Je me demande s'il ne devrait pas rester au chaud dans un café littéraire cosy. Roger-Pol Droit est resté sage une bonne demi-heure puis il a essayé d'exfiltrer le propos jourdien, sans succès. En revanche, j'ai découvert Yamina Benguigui et Mehdi Ouraoui, et écouté avec plaisir Rost et Michaël Prazan que je connaissais déjà. Et Cédric Klapisch, alors ? On ne l'a presque pas entendu dans la première moitié et... il s'est mis à fustiger l'internet à la massue dans la seconde. Jusqu'à la fin, où tous se sont exclamés que c'est une situation très compliquée et qu'il faut y réfléchir... Décevant.
En revanche, l'émission du 28, que je viens de voir pendant et après dîner, est d'excellente facture. On s'y exprime posément sur les guerres irrégulières et sur la torture, on y apprend pas mal de détails relatifs aux récents conflits (que les lecteurs réguliers de la presse connaissent peut-être, mais ce n'est pas mon cas) — mais tout de même peu sur les stratégies qui les sous-tendent (mais ça, c'est peut-être déjà bien connu de tout le monde).

Il fait plus frais et il pleut. Beurk ! Par contraste, et pour maintenir une ambiance tropicale chez nous — et se trimballer en tenue légère comme à Bali —, on chauffe et on met l'humidificateur. C'est contre l'environnement, je sais, mais on s'en fout. Quand les industriels donneront l'exemple...
Quand on sort, dans l'après-midi, c'est le carnage. Des millions et des millions de pétales de cerisiers, foudroyés en pleine extase pas des gouttes de pluie snipeuses et guillotinantes, gisent sur l'asphalte, le rose baveux et déjà grisé par les passages de taxis. Et dire que c'est chaque année la même hécatombe !
On passe à la banque à Ichigaya et on se dit qu'on va rentrer par Yasukuni, où T. voudrait voir, dans le parc, le cerisier référent, celui qu'on montre à la télé chaque année pour prouver que c'est officiellement la floraison.
Et là, sur le trottoir, devant nous, Laurence et Christian ! Qui n'habitent pas du tout dans ce quartier ! Christian, qui a laissé un commentaire hier et à qui j'ai envoyé un courriel il n'y a pas trois heures ! Embrassades. Félicitades.
Comme ils ont un peu de temps et nous aussi, on va ensemble au sanctuaire de Yasukuni. T. demande à un prêtre lequel parmi les centaines de cerisiers est le référent (標本木, ようほんぼく). Il nous le désigne, près d'un pavillon de théâtre, avec sa grosse branche horizontale qu'un pilier soutient. L'ayant dûment admiré et photographié, nous allons de l'autre côté de l'avenue boire un coup (un thé, pour moi, dans une tasse Meissen dont la soucoupe est couverte de poussière — mais la maison se la pète un peu depuis qu'elle est passée dans le feuilleton de Kagurazaka ; ce feuilleton, terminé depuis deux semaines, qui continue à nous amener des centaines de touristes, mamies et jeunettes, toutes fashion victims du dorama, dans notre quartier jusqu'alors tranquille, dirais-je en vieux beauf, au risque de détruire l'écosystème de calme des rues et de modération des prix, et dont l'héroïne prenait des cours de français à l'Institut pour partir travailler en France au dernier épisode).
Poussière ou pas, on fait le ménage dans nos relations, on met à jour les activités et on prend rendez-vous pour le chalet suisse dans un petit mois...
Et vite rentrer avant qu'Emma refroidisse.