Foudroyés en pleine extase
Par Berlol, mardi 3 avril 2007 à 23:58 :: General :: #596 :: rss
Bravement, dans mon rattrapage des émissions, j'ai vu ce
matin Ce
soir ou Jamais du 27 mars.
Long sujet sur l'immigration et les quartiers populaires. Et
là,
faut bien le dire, Pierre Jourde s'est salement planté et,
sans
le pourrir trop, les autres le lui ont fait savoir. Et
c'était
étonnant. Je me demande s'il ne devrait pas rester au chaud
dans
un café littéraire cosy. Roger-Pol Droit est
resté
sage une bonne demi-heure puis il a essayé d'exfiltrer le
propos
jourdien, sans succès. En revanche, j'ai
découvert Yamina
Benguigui et Mehdi Ouraoui, et
écouté avec plaisir Rost et
Michaël Prazan que je connaissais déjà.
Et
Cédric Klapisch, alors ? On ne l'a presque pas
entendu dans la première moitié et... il s'est
mis à fustiger l'internet à la massue dans la
seconde. Jusqu'à la fin, où tous se sont
exclamés que c'est une situation très
compliquée et qu'il faut y
réfléchir... Décevant.
En revanche, l'émission du 28, que je viens de voir pendant et après dîner, est d'excellente facture. On s'y exprime posément sur les guerres irrégulières et sur la torture, on y apprend pas mal de détails relatifs aux récents conflits (que les lecteurs réguliers de la presse connaissent peut-être, mais ce n'est pas mon cas) — mais tout de même peu sur les stratégies qui les sous-tendent (mais ça, c'est peut-être déjà bien connu de tout le monde).
Il fait plus frais et il pleut. Beurk ! Par contraste, et pour maintenir une ambiance tropicale chez nous — et se trimballer en tenue légère comme à Bali —, on chauffe et on met l'humidificateur. C'est contre l'environnement, je sais, mais on s'en fout. Quand les industriels donneront l'exemple...
Quand on sort, dans l'après-midi, c'est le carnage. Des millions et des millions de pétales de cerisiers, foudroyés en pleine extase pas des gouttes de pluie snipeuses et guillotinantes, gisent sur l'asphalte, le rose baveux et déjà grisé par les passages de taxis. Et dire que c'est chaque année la même hécatombe !
On passe à la banque à Ichigaya et on se dit qu'on va rentrer par Yasukuni, où T. voudrait voir, dans le parc, le cerisier référent, celui qu'on montre à la télé chaque année pour prouver que c'est officiellement la floraison.
Et là, sur le trottoir, devant nous, Laurence et Christian ! Qui n'habitent pas du tout dans ce quartier ! Christian, qui a laissé un commentaire hier et à qui j'ai envoyé un courriel il n'y a pas trois heures ! Embrassades. Félicitades.
Comme
ils ont un peu de temps et nous aussi, on va ensemble au sanctuaire de
Yasukuni. T. demande à un prêtre lequel parmi les
centaines de cerisiers est le référent (標本木, ようほんぼく). Il nous le
désigne, près d'un pavillon de
théâtre, avec sa grosse branche horizontale qu'un
pilier soutient. L'ayant dûment admiré et
photographié, nous allons de l'autre
côté de l'avenue boire un coup (un thé,
pour moi, dans une tasse Meissen dont la soucoupe est
couverte de poussière — mais la maison se la
pète un peu depuis qu'elle est passée dans le feuilleton de Kagurazaka ;
ce feuilleton, terminé depuis deux semaines,
qui continue à nous amener des centaines de
touristes, mamies et jeunettes, toutes fashion victims du dorama, dans notre
quartier jusqu'alors tranquille, dirais-je en vieux beauf, au risque de
détruire l'écosystème de calme des
rues et de modération des prix, et dont
l'héroïne prenait des cours de français
à l'Institut pour partir travailler en France au dernier
épisode).
Poussière ou pas, on fait le ménage dans nos relations, on met à jour les activités et on prend rendez-vous pour le chalet suisse dans un petit mois...
Et vite rentrer avant qu'Emma refroidisse.
En revanche, l'émission du 28, que je viens de voir pendant et après dîner, est d'excellente facture. On s'y exprime posément sur les guerres irrégulières et sur la torture, on y apprend pas mal de détails relatifs aux récents conflits (que les lecteurs réguliers de la presse connaissent peut-être, mais ce n'est pas mon cas) — mais tout de même peu sur les stratégies qui les sous-tendent (mais ça, c'est peut-être déjà bien connu de tout le monde).
Il fait plus frais et il pleut. Beurk ! Par contraste, et pour maintenir une ambiance tropicale chez nous — et se trimballer en tenue légère comme à Bali —, on chauffe et on met l'humidificateur. C'est contre l'environnement, je sais, mais on s'en fout. Quand les industriels donneront l'exemple...
Quand on sort, dans l'après-midi, c'est le carnage. Des millions et des millions de pétales de cerisiers, foudroyés en pleine extase pas des gouttes de pluie snipeuses et guillotinantes, gisent sur l'asphalte, le rose baveux et déjà grisé par les passages de taxis. Et dire que c'est chaque année la même hécatombe !
On passe à la banque à Ichigaya et on se dit qu'on va rentrer par Yasukuni, où T. voudrait voir, dans le parc, le cerisier référent, celui qu'on montre à la télé chaque année pour prouver que c'est officiellement la floraison.
Et là, sur le trottoir, devant nous, Laurence et Christian ! Qui n'habitent pas du tout dans ce quartier ! Christian, qui a laissé un commentaire hier et à qui j'ai envoyé un courriel il n'y a pas trois heures ! Embrassades. Félicitades.
Comme
ils ont un peu de temps et nous aussi, on va ensemble au sanctuaire de
Yasukuni. T. demande à un prêtre lequel parmi les
centaines de cerisiers est le référent (標本木, ようほんぼく). Il nous le
désigne, près d'un pavillon de
théâtre, avec sa grosse branche horizontale qu'un
pilier soutient. L'ayant dûment admiré et
photographié, nous allons de l'autre
côté de l'avenue boire un coup (un thé,
pour moi, dans une tasse Meissen dont la soucoupe est
couverte de poussière — mais la maison se la
pète un peu depuis qu'elle est passée dans le feuilleton de Kagurazaka ;
ce feuilleton, terminé depuis deux semaines,
qui continue à nous amener des centaines de
touristes, mamies et jeunettes, toutes fashion victims du dorama, dans notre
quartier jusqu'alors tranquille, dirais-je en vieux beauf, au risque de
détruire l'écosystème de calme des
rues et de modération des prix, et dont
l'héroïne prenait des cours de français
à l'Institut pour partir travailler en France au dernier
épisode).Poussière ou pas, on fait le ménage dans nos relations, on met à jour les activités et on prend rendez-vous pour le chalet suisse dans un petit mois...
Et vite rentrer avant qu'Emma refroidisse.
Commentaires
1. Le mardi 3 avril 2007 à 07:17, par vinteix :
Salut,
je ne trouve pas que Jourde se soit "salement planté"... en tout cas pas complètement... Quant à Rost, intéressant, certes, mais aussi un peu douteux dans ses appels à l'insurrection... Y reviendrai peut-être... A plus...
2. Le mardi 3 avril 2007 à 09:52, par femmosapiense :
Prenez garde, Vinteix, c'est des coups à se retrouver vite fait dans la catégorie "poseurs de crotte", en compagnie fort infamante, finkielkrautienne pour ainsi dire!
Quant au nouvel hérault de la démocratie française, le Rost, qui au vu de son âge a assurément eu à souffrir des horreurs coloniales, pourquoi s'obstine-t-il donc à demeurer sur une terre qu'il vomit et voue aux gémonies? Le pays de son enfance, le paradisiaque Togo, a certainement besoin de ses indignations. Sans doute n'aura-t-il pas le temps d'y articuler le centième de ce que nous avons la coupable indulgence de supporter de ses intolérables divagations, qu'il se verrait comme les belles coutumes locales le préconisent muni d'un joli collier en forme de pneu enflammé.
Qu'il est confortable de faire le bel imprécateur au milieu des clercs en pâmoison!
3. Le mardi 3 avril 2007 à 11:29, par en responsabilité :
"La violence de ses propos augure mal de son identité personnelle"
Quel philologue pourrait identifier cet étrange idiome?
Pour n'offenser aucune susceptibilité, nous ne dévoilerons pas l'identité de sa locuteure.
4. Le mardi 3 avril 2007 à 15:39, par Berlol :
Je pense qu'il n'est pas nécessaire d'avoir personnellement souffert des horreurs coloniales pour demander réparation, ou pour pointer le racisme d'État qui filtre au travers des lois, dispositions et propos sarkoziens (et pas seulement) et qui se manifeste brillamment dans l'attitude des forces de l'ordre — mais de quel Ordre, au juste ?
Par ailleurs, quand je dis que j'ai pris plaisir à entendre Rost, cela ne signifie pas que je l'approuve, ni que je désapprouve Jourde. Ce dernier prend une face de douleur triste pour établir un comparatisme des racismes (celui des supposés Français contre des supposés étrangers (?), et l'inverse), qui sent en effet le Finkielkraut et qui ne s'appuie sur aucune étude sérieuse (qui quantifierait les actes de racisme dans un sens ou dans l'autre). Mais il ne cherche pas vraiment à se faire comprendre. Quand Droit ou Prazan reprennent en partie ses propos, ils y arrivent nettement mieux. Donc c'est que Jourde n'a pas fait l'effort de conversation nécessaire à rendre son propos compréhensible.
Quant à Rost, il parle avec plus d'aisance et il sait mettre de l'ironie dans son propos. Maintenant, quand il dit qu'il vaudrait mieux voter le Pen au 2e tour, plutôt que Sarkozy, et faire la révolution après, je comprends très bien cette idée. Sarkozy, étant beaucoup plus accepté et beaucoup plus compétent verrouillerait un état policier qui empêcherait toute contestation et qui plongerait lentement la France dans le Moyen-Âge, tandis que Le Pen serait incapable de se faire obéir même de ses propres administrations et provoquerait sans doute un soulèvement général quasi instantané qui permettrait de faire un grand ménage. Or, si tout cela est "possible", en théorie, c'est à l'exception de la dernière proposition, car, en théorie comme en réalité, jamais un soulèvement général n'a fait de grand ménage. C'est toujours un grand bordel qui s'ensuit et il n'en sort jamais rien d'idéal ni de propre.
5. Le mardi 3 avril 2007 à 21:15, par vinteix :
Je ne crois pas que les propos de Jourde sentaient vraiment la "fine-crotte"... et certes, s'il ne s'appuie pas sur des études sérieuses, il s'appuie malgré tout sur une expérience de terrain et une sensibilité personnelle qui n'est pas spécialement dévouée aux dispositions de Sarkozy. Il a tout simplement pointé du doigt certains faits, éminemment sensibles et délicats, mais que l'on ne peut ignorer. Et d'ailleurs, quand R.-Pol Droit a repris Rost sur certaines de ses considérations par rapport à Sarkozy (l'assimilation abusive "Sarko = fasciste"), il se trouve qu'à ce moment-là, le philosophe n'était pas tellement éloigné de Jourde...
Certes, ce qu'a dit Jourde n'est peut-être pas forcément très "malin" dans le contexte actuel, très malsain, où les banlieues et certaines populations issues de l'immigration sont particulièrement stigmatisées... sauf à jouer le jeu du "Grand Malin". Mais la situation me semble plus complexe qu'une simple mise en opposition binaire, dans la mesure où la question du social et celle du racial sont ici très entremêlées - à ce sujet, le dernier numéro de la revue "Lignes" intitulé "Ruptures sociales - ruptures raciales" me semble assez pertinent.
6. Le mardi 3 avril 2007 à 22:17, par Berlol :
Je suis d'accord avec toi et surtout pour dire que la situation est "plus complexe qu'une simple mise en opposition binaire". C'est bien l'erreur de conversation, ou de discours, que je reproche à Jourde. Si on a le loisir de réécouter l'émission trois ou quatre fois, on peut comprendre des finesses, mais pour tout le public du direct, c'est bien une opposition frontale et binaire que provoque Jourde, qui essaie de s'en défendre après, mais trop tard : l'effet est produit.
7. Le mardi 3 avril 2007 à 22:33, par vinteix :
Tes dernières nuances me conviennent davantage... car je suis certain que Jourde voulait avant tout rendre compte de la complexité de cette situation, et non d'un dualisme primaire... en l'occurrence, la finesse est de rigueur et il est vrai parfois noyée dans le flot des paroles, surtout sur un plateau de télévision...
8. Le mercredi 4 avril 2007 à 01:34, par femmosapiense :
L'ironie du sieur Rost se donne sans doute à entendre dans son usage très personnel de la proposition subordonnée et des pronoms relatifs. Il est étonnant de constater qu'un immigré venant d'un pays francophone et ayant déjà vécu vingt années en France, en soit encore à maltraiter aussi consciencieusement la langue. D'autre part, son utilisation ignominieuse du terme de rafle pour désigner de simples arrestations, rien moins que légales, d'étrangers en infraction devrait suffire à le discréditer définitivementpar l'analogie qu'elle suggère. Que des professeurs de français supportent de l'écouter est instructif. Il serait amusant de voir ceux-là amenés à vivre une ou deux semaines dans les banlieues où s'ébattent ces avenants "c'est nous l'avenir, ouais, ouais", et pouvoir ainsi mesurer sans l'aide d'aucun rapport de chercheurs sociaux la grande aménité qui leur sera réservée. Il n'est pas d'habitant de la couronne parisienne, ni d'usager du réseau de transport de l'Ile de France, qui n'ait quasiment chaque jour l'occasion d'entendre, et comment ces "Français qui ne demandent qu'à aimer la France" traitent ceux qui ont le déplorable
mauvais goût de ne pas présenter les signes distinctifs, vestimentaires et langagiers, de ces innocentes victimes stigmatisées et redevables de réparation. Les dites réparations, si tant est qu'elles leur soient dues, ont été et continuent largement de leur être versées sous formes de prestations (éducation, logement, soins de santé). Il suffit de les entendre user de leurs 150 mots de vocabulaire pour juger de leur enthousiasme à assimiler cet enseignement. Je n'évoque bien sûr ici que la minorité agissante qui rend ces contrées invivables, en premier chef aux populations qui y résident. Le déni de réalité que vous semblez recommander des hauteurs de Kagurazaka ne peut que les enfoncer irrémédiablement dans une situation déjà sans issue visible. Il est douteux qu'elles vous sachent gré de vos pudeurs irresponsables.
9. Le mercredi 4 avril 2007 à 02:00, par Berlol :
Il m'a fallu attendre la fin pour savoir que vous parliez de "la minorité agissante" et je ne vous demande pas de chiffrer puisque vous semblez n'apprécier que ce qui ne se chiffre pas. Il faut donc croire, à vous lire, que cette minorité réussit chaque jour l'exploit d'insulter tous les habitants de "la couronne parisienne" et tous les voyageurs du "réseau de transport de l'Ile de France". C'est qu'ils sont très actifs ! Moi qui les croyais dans les cages d'escaliers ! Ils n'ont donc pas de travail ? Et qui donc ne leur en n'a pas donné ? Et qui donc déjà n'en donnait plus à leurs parents, qu'ils en ont perdu le goût de l'école, et le goût de respecter la police, la langue, etc. ? Est-ce que votre femmosapiense pourrait nous éclairer là-dessus ? et puis pendant que vous y êtes, renseignez-nous donc sur ces "signes distinctifs, vestimentaires et langagiers" que vous semblez si bien connaître... Allez, mouillez un peu votre chemise ! Et puis dites-nous aussi votre métier, qu'on puisse vous dire en retour si vos propos y correspondent, si vous en êtes digne...
10. Le mercredi 4 avril 2007 à 06:26, par Christian :
Ouh là là...
Berlol, personne n'en doute mais je confirme quand même que tu dis la vérité sur notre rencontre!
Mesdames, messieurs, je confirme: J'ai bien rencontré Berlol et T et nous sommes bien allés au célébrissime sanctuaire Yasukuni.
La preuve ici: blog.france-japon.net/
PS: Peux-tu changer l'adresse de mon blog dans ta blogoliste, stp?
Et peut-être ajouter la FAQ sur la vie au Japon? (L'adresse de mon nom...)
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