Elle écrirait ? Elle vengerait ? Elle sublimerait ?
Par Berlol, mercredi 4 avril 2007 à 23:23 :: General :: #597 :: rss
Journée sans nom. Je vois ce soir que c'est un mercredi... Rien fait que lire et
prendre des notes, réfléchir à ma vie
d'Emma. Je dis bien.
Si ! Vers 11h30, je suis sorti faire quelques courses pour le déjeuner. En passant par l'Institut où je suis allé voir si j'avais des inscrits. Or, déjà deux fois plus que d'habitude dans la semaine qui précède le premier cours (il y a généralement d'autres personnes qui viennent au premier cours et s'inscrivent après si ça leur convient).
Et puis vers midi et quart, les livreurs de nos chaises commandées il y a deux semaines sont arrivés. Ils ont monté les tissus sur les cadres et ont assemblé pieds, sièges et dossiers. Dix minutes chrono. Quand T. est rentrée, elle a pu déjeuner assise dessus.
Dans l'après-midi, il y a eu un gros orage, avec éclairs et fortes pluies pendant près de deux heures. Mais ça ne nous a pas détournés de notre travail. Au journal télé du soir, on a montré qu'il avait neigé dans Tokyo et que la température avait baissé de 10 degrés en moins d'une heure. Rien n'a paru de tout cela dans notre milieu tropical.
[Canapé flaubertible]
Le dernier personnage de Madame Bovary ? S'en soucie-t-on ? C'est Berthe, la fille d'Emma et de Charles. La seule qui reste du carnage, et qui n'a sans doute rien vu, rien su, rien compris. Elle est envoyée à l'usine, elle a 10 ans. Elle est polie et bien élevée. Elle ne criera pas contre les bourgeois. Et il n'est pas sûr qu'elle trouvera jamais, telle Cosette, un Jean Valjean pour la sortir de là... Quelqu'un a-t-il écrit une vie de Berthe ? Ce serait intéressant... Elle chercherait à savoir qui étaient ses parents... Elle découvrirait. Elle écrirait ? Elle vengerait ? Elle sublimerait ?
Une femme adultère, c'est terrible. On peut lui faire un procès, moral. C'est le côté mœurs de province. Mais une femme qui n'aime pas son enfant. N'est-ce pas pire ? Et plus ontologique que moral ?
Même si je ne suis pas une femme, l'une de mes raisons pour ne pas avoir d'enfants, c'est bien la crainte de ne pas les aimer. Pourquoi Madame Bovary n'aime pas sa fille ? Moi, ce soir, relisant, entre sa « haine nombreuse » et la « manière de brouillard qu'elle avait dans la tête » (II, 5), j'ai vu passer le spectre de... Lol V. Stein.
« Le jour blanchâtre des carreaux s'abaissait doucement avec des ondulations. Les meubles à leur place semblaient devenus plus immobiles et se perdre dans l'ombre comme dans un océan ténébreux. La cheminée était éteinte, la pendule battait toujours, et Emma vaguement s'ébahissait à ce calme des choses, tandis qu'il y avait en elle-même tant de bouleversements. Mais, entre la fenêtre et la table à ouvrage, la petite Berthe était là, qui chancelait sur ses bottines de tricot, et essayait de se rapprocher de sa mère, pour lui saisir, par le bout, les rubans de son tablier.
— Laisse-moi ! dit celle-ci en l'écartant avec la main. La petite fille bientôt revint plus près encore contre ses genoux ; et, s'y appuyant des bras, elle levait vers elle son gros œil bleu, pendant qu'un filet de salive pure découlait de sa lèvre sur la soie du tablier.
— Laisse-moi ! répéta la jeune femme tout irritée.
Sa figure épouvanta l'enfant, qui se mit à crier.
— Eh ! laisse-moi donc ! fit-elle en la repoussant du coude.
Berthe alla tomber au pied de la commode, contre la patère de cuivre ; elle s'y coupa la joue, le sang sortit. Madame Bovary se précipita pour la relever, cassa le cordon de la sonnette, appela la servante de toutes ses forces, et elle allait commencer à se maudire, lorsque Charles parut. C'était l'heure du dîner, il rentrait.
— Regarde donc, cher ami, lui dit Emma d'une voix tranquille : voilà la petite qui, en jouant, vient de se blesser par terre.
Charles la rassura, le cas n'était point grave, et il alla chercher du diachylum.
Madame Bovary ne descendit pas dans la salle ; elle voulut demeurer seule à garder son enfant. Alors, en la contemplant dormir, ce qu'elle conservait d'inquiétude se dissipa par degrés, et elle se parut à elle-même bien sotte et bien bonne de s'être troublée tout à l'heure pour si peu de chose. Berthe, en effet, ne sanglotait plus. Sa respiration, maintenant, soulevait insensiblement la couverture de coton. De grosses larmes s'arrêtaient au coin de ses paupières à demi closes, qui laissaient voir entre les cils deux prunelles pâles, enfoncées ; le sparadrap, collé sur sa joue, en tirait obliquement la peau tendue.
— C'est une chose étrange, pensait Emma, comme cette enfant est laide ! » (Madame Bovary, II, 6)
Si ! Vers 11h30, je suis sorti faire quelques courses pour le déjeuner. En passant par l'Institut où je suis allé voir si j'avais des inscrits. Or, déjà deux fois plus que d'habitude dans la semaine qui précède le premier cours (il y a généralement d'autres personnes qui viennent au premier cours et s'inscrivent après si ça leur convient).
Et puis vers midi et quart, les livreurs de nos chaises commandées il y a deux semaines sont arrivés. Ils ont monté les tissus sur les cadres et ont assemblé pieds, sièges et dossiers. Dix minutes chrono. Quand T. est rentrée, elle a pu déjeuner assise dessus.
Dans l'après-midi, il y a eu un gros orage, avec éclairs et fortes pluies pendant près de deux heures. Mais ça ne nous a pas détournés de notre travail. Au journal télé du soir, on a montré qu'il avait neigé dans Tokyo et que la température avait baissé de 10 degrés en moins d'une heure. Rien n'a paru de tout cela dans notre milieu tropical.
[Canapé flaubertible]
Le dernier personnage de Madame Bovary ? S'en soucie-t-on ? C'est Berthe, la fille d'Emma et de Charles. La seule qui reste du carnage, et qui n'a sans doute rien vu, rien su, rien compris. Elle est envoyée à l'usine, elle a 10 ans. Elle est polie et bien élevée. Elle ne criera pas contre les bourgeois. Et il n'est pas sûr qu'elle trouvera jamais, telle Cosette, un Jean Valjean pour la sortir de là... Quelqu'un a-t-il écrit une vie de Berthe ? Ce serait intéressant... Elle chercherait à savoir qui étaient ses parents... Elle découvrirait. Elle écrirait ? Elle vengerait ? Elle sublimerait ?
Une femme adultère, c'est terrible. On peut lui faire un procès, moral. C'est le côté mœurs de province. Mais une femme qui n'aime pas son enfant. N'est-ce pas pire ? Et plus ontologique que moral ?
Même si je ne suis pas une femme, l'une de mes raisons pour ne pas avoir d'enfants, c'est bien la crainte de ne pas les aimer. Pourquoi Madame Bovary n'aime pas sa fille ? Moi, ce soir, relisant, entre sa « haine nombreuse » et la « manière de brouillard qu'elle avait dans la tête » (II, 5), j'ai vu passer le spectre de... Lol V. Stein.
« Le jour blanchâtre des carreaux s'abaissait doucement avec des ondulations. Les meubles à leur place semblaient devenus plus immobiles et se perdre dans l'ombre comme dans un océan ténébreux. La cheminée était éteinte, la pendule battait toujours, et Emma vaguement s'ébahissait à ce calme des choses, tandis qu'il y avait en elle-même tant de bouleversements. Mais, entre la fenêtre et la table à ouvrage, la petite Berthe était là, qui chancelait sur ses bottines de tricot, et essayait de se rapprocher de sa mère, pour lui saisir, par le bout, les rubans de son tablier.
— Laisse-moi ! dit celle-ci en l'écartant avec la main. La petite fille bientôt revint plus près encore contre ses genoux ; et, s'y appuyant des bras, elle levait vers elle son gros œil bleu, pendant qu'un filet de salive pure découlait de sa lèvre sur la soie du tablier.
— Laisse-moi ! répéta la jeune femme tout irritée.
Sa figure épouvanta l'enfant, qui se mit à crier.
— Eh ! laisse-moi donc ! fit-elle en la repoussant du coude.
Berthe alla tomber au pied de la commode, contre la patère de cuivre ; elle s'y coupa la joue, le sang sortit. Madame Bovary se précipita pour la relever, cassa le cordon de la sonnette, appela la servante de toutes ses forces, et elle allait commencer à se maudire, lorsque Charles parut. C'était l'heure du dîner, il rentrait.
— Regarde donc, cher ami, lui dit Emma d'une voix tranquille : voilà la petite qui, en jouant, vient de se blesser par terre.
Charles la rassura, le cas n'était point grave, et il alla chercher du diachylum.
Madame Bovary ne descendit pas dans la salle ; elle voulut demeurer seule à garder son enfant. Alors, en la contemplant dormir, ce qu'elle conservait d'inquiétude se dissipa par degrés, et elle se parut à elle-même bien sotte et bien bonne de s'être troublée tout à l'heure pour si peu de chose. Berthe, en effet, ne sanglotait plus. Sa respiration, maintenant, soulevait insensiblement la couverture de coton. De grosses larmes s'arrêtaient au coin de ses paupières à demi closes, qui laissaient voir entre les cils deux prunelles pâles, enfoncées ; le sparadrap, collé sur sa joue, en tirait obliquement la peau tendue.
— C'est une chose étrange, pensait Emma, comme cette enfant est laide ! » (Madame Bovary, II, 6)
Commentaires
1. Le mercredi 4 avril 2007 à 08:13, par christine :
tout, hélas, a déjà été écrit ("tout est dit, et l'on vient trop tard" disait La Bruyère)
Claude-Henri Buffard a publié en 2001 chez Grasset "La fille d'Emma" :
www.edition-grasset.fr/ch...
auteurs.arald.org/pages/B...
2. Le mercredi 4 avril 2007 à 12:04, par christine :
tout de même, à la relecture, ta remarque sur Emma coupable surtout de ne pas aimer son enfant me dérange quelque peu : étrange et pas franchement féministe ton "même si je ne suis pas une femme" (je ne pense pas que la fibre maternelle soit davantage inscrite dans les gènes féminins!), très anachronique ton raisonnement (le culte de l'enfant est une invention assez récente et on ne choisissait pas alors d'en avoir), et, puisque tu parles de Duras, souviens-toi qu'elle avait trouvé "sublime, forcément sublime", la croyant infanticide, Christine Villemin (ce que notre époque politiquement correcte a illico mis sur le compte du gâtisme)
3. Le mercredi 4 avril 2007 à 16:53, par Berlol :
Merci, Christine, de ces références. Il me semblait bien qu'il y avait eu quelque chose... Je ne connais pas C.-H. Buffard, mais j'aime bien l'enjeu de la continuation et il a de la ressource, semble-t-il : "Tous les trembles avaient été arrachés. La maladie, lui dira quelqu'un plus tard. Il fallait dégager la perspective, dira un autre. Du coup, on voyait à perte de vue par-dessus les bâtisses de l'école. Ça ne formait pas un nouveau paysage, c'était simplement une mauvaise déchirure dans l'ancien."
En revanche, je ne comprends rien à ton second commentaire. Emma n'est pas "coupable surtout", elle est coupable "aussi". D'ailleurs, je ne dis pas qu'elle est coupable, c'est dans le texte qu'elle se sent coupable et qu'elle surjoue, un temps, la bonne mère (selon la doxa, pas selon moi, je précise). Et puis tu ne peux pas accuser les hommes de ne pas être des femmes, et par conséquent de fantasmer sur le lien particulier mère-enfant. Car jusqu'à preuve du contraire, encore aucun homme n'a porté d'enfant dans son ventre. De là à parler de "fibre féminine"... Non.
Après, je ne parle pas du culte de l'enfant, mais du texte de Flaubert, dans lequel est bien écrit le souci d'Emma de paraître "bonne mère" alors qu'elle ne le ressent pas : "Elle retira Berthe de nourrice. Félicité l'amenait quand il venait des visites, et madame Bovary la déshabillait afin de faire voir ses membres. Elle déclarait adorer les enfants ; c'était sa consolation, sa joie, sa folie, et elle accompagnait ses caresses d'expansions lyriques, qui, à d'autres qu'à des Yonvillais, eussent rappelé la Sachette de Notre-Dame de Paris." (II, 5) Où l'on comprend bien qu'elle joue, qu'elle se force (voir le reste du chapitre).
Enfin, pour le spectre de Lol V. Stein, merci de m'obliger à préciser :
"Emma maigrit, ses joues pâlirent, sa figure s'allongea. Avec ses bandeaux noirs, ses grands yeux, son nez droit, sa démarche d'oiseau, et toujours silencieuse, maintenant, ne semblait-elle pas traverser l'existence en y touchant à peine, et porter au front la vague empreinte de quelque prédestination sublime ? Elle était si triste et si calme, si douce à la fois et si réservée, que l'on se sentait près d'elle pris par un charme glacial, comme l'on frissonne dans les églises sous le parfum des fleurs mêlé au froid des marbres. Les autres même n'échappaient point à cette séduction." (II, 5)
4. Le mercredi 4 avril 2007 à 22:25, par brigetoun :
le culte de l'enfant ne date pas du 18ème siècle ? C'est bien parce qu'il existe qu'Emma se sent, un peu coupable, ou refuse de se sentir coupable - et quand elle dit qu'elle aime les enfants, je suis sure qu'elle est sincère à ce moment là mais que voulez-vous cette enfant n'est pas aimable, cependant bien sûr elle l'aime parce qu'elle le doit, parce que c'est féminin (pas mon opinion hein !). J'avais oublié. Parce que je le voulais ?
5. Le mercredi 4 avril 2007 à 23:05, par femmofoyère :
"Le Nouvel Observateur . - Quel choc a pu vous pousser à écrire, avec «Carnets d'un voyageur zoulou dans les banlieues en feu», un livre d'une telle violence?
Pierre Jourde. - Ce sont les faits qui sont violents. Le livre, lui, est ironique. L'effet de violence vient de ce que nous avons des tabous. Le choc, tout le monde l'a subi en novembre 2005. Le choc quotidien, c'est une femme insultée dans le métro parce qu'elle n'est pas voilée. En outre, l'été 2005, pendant que de bons paysans bien de chez nous lapidaient mes enfants très colorés, un ami musicien de rock se faisait caillasser dans une banlieue par des beurs devant lesquels il donnait un concert gratuit. Comme ça, pour rire. Zone et campagne, même combat, pour le refus de l'autre et l'auto-exclusion.
N. O .- A vous lire, la banlieue, c'est la barbarie plus le fascisme - juifs persécutés, filles violées, drapeau français brûlé. Mesurez-vous le danger d'un tel amalgame?
P. Jourde. - Ouh là ! Je crois que c'est cette proposition qui opère un amalgame. A plusieurs reprises, il est dit le contraire dans ce livre, et que ces problèmes concernent une frange de cette population. Disons en gros le lumpenproletariat. Au sein duquel les fascismes trouvent leurs hommes de main (excusez-moi, une poussée de marxisme.) « Les Arabes sont tous des voleurs » est une proposition raciste. Un amalgame odieux. Mais du coup toute critique adressée à des gens venus de l'immigration devient raciste, et on ne peut plus rien dire. Ça aussi, c'est un amalgame, non ? Prétendre qu'il n'y a aucune dimension culturelle dans le problème des banlieues, c'est refuser de l'envisager. On est tenu d'adhérer à la caricature mécaniste : je suis malheureux, donc je mets le feu. On avait difficilement réussi à marginaliser le sexisme, l'homophobie, l'antisémitisme, la bigoterie. Ils font leur grandretour, par certaines banlieues. Des banlieues moisies, comme dirait l'autre. Le fascisme contemporain, c'est autant la Tribu KA ou Dieudonné que certains supporters du PSG. Et tout ce beau monde finit par se retrouver chez Le Pen.
N. O.- Pourquoi avoir écrit une fable plutôt qu'un pamphlet? Pour rendre votre démonstration plus flagrante ou pour éviter de désigner les jeunes d'origine maghrébine?
P. Jourde. -Je m'amuse en effet à décrire les problèmes d'un pays de fantaisie, la Nubie, avec des jeunes issus de l'immigration belge. Mes « Belges », c'est, en général, toute population originaire du sud de la planète, marginalisée dans les cités du Nord, et que tente le refuge dans la religion, notamment l'islam. Renverser les choses permet de mieux en prendre la mesure. Cela lesrenforce plutôt que de les édulcorer. Les médias déréalisent le monde, le dissolvent dans des représentations toutes faites et des stéréotypes. La tâche de l'écrivain est de nous remettre le nez dans la violence du réel.
N. O.- Pour avoir écrit «Pays perdu», vous vous faites lyncher dans votre village natal. Avec «la Littérature sans estomac», vous vous mettez à dos les écrivains et, avec «Festins secrets», l'Education nationale. D'où vient, chez vous, ce goût de la castagne, ce besoin, en donnant des coups, d'en prendre, et de féroces?
P. Jourde.- Lynchage lamentablement raté, en l'occurrence. Dans ce vieux pays de révolutions, de polémiques et de persiflage, nous en sommes arrivés à un point où on ne peut plus rien dire. Moi, je dis ce que je pense, sur des sujets qui m'intéressent, compte tenu de ce que je fais, d'où je viens et du fait que je suis un citoyen. Etonnant, non ?
N. O. - Vous dirigez également un collectif, «Université : la grande illusion», sorte de livre noir de l'enseignement supérieur dont vous stigmatisez le naufrage et la ruine. Ne craignez-vous pas de passer pour un nouveau réac?
P. Jourde. - Je fais pleinement confiance aux soldeurs de pacotille idéologique pour me qualifier de raciste et de réactionnaire. Ils n'ont que ça en stock, en matière d'idée. C'est du déni de réel. Je suis un pragmatique. De l'intérieur, je constate que la machine universitaire a atteint un point délirant d'absurdité. Rien de réac là-dedans, au contraire. Sauf si vouloir que les enfants de pauvres sachent construire une phrase, eux aussi, est réac.
N. O. - Qui, parmi les candidats à la présidentielle, a votre préférence?
P. Jourde. - Question piège. Ne pas répondre, c'est être suspect. Répondre, c'est avoir l'air de donner des conseils, et de rouler pour untel. L'esprit du livre est laïque et républicain, donc compatible avec presque tout le monde. Sauf Le Pen, dont l'antisémitisme me semble viscéral, et les petits amis du Hezbollah, genre Besancenot.
N. O.- Votre éditeur, L'Esprit des Péninsules, vient de déposer son bilan...
P. Jourde. -C'est un véritable deuil. J'ai travaillé avec Eric Naulleau, un grand homme d'édition, et Sandrine Thévenet, dans la joie, l'amitié, la fierté de l'indépendance. Hélas, les machines à fabriquer du livre en gros écrasent ces artistes, avec la complicité du cirque médiatique de promotion."
«Carnets d'un voyageur zoulou dans les banlieues en feu», par Pierre Jourde, Gallimard, 112 p., 7 euros.
6. Le jeudi 5 avril 2007 à 00:47, par vinteix :
Toutes ces remarques très intéressantes me donnent l'envie brûlante de relire (car il y a bien longtemps) "Madame Bovary" !
Je ferais juste deux petites remarques référencées : quant aux femmes qui n'aiment pas les enfants ou plutôt refusent la maternité, quelques héroïnes de Sade sont presque des parangons en la matière.
Et grosso modo, pour l'amour maternel, tel qu'il est conçu encore actuellement, il est assez récent et date en gros du 18eme siècle - ce qui est en même temps, sous certains aspects, notamment celui de la "fibre maternelle" qui serait plus communément accordée aux femmes qu'aux hommes, alors que maternité comme paternité se construisent et sont en partage dès la grossesse, très rétrograde. Voir à ce sujet l'excellent livre d'E.BAdinter : "L'amour en plus - Histoire de l'amour maternel" (Flammarion).
7. Le jeudi 5 avril 2007 à 01:01, par Berlol :
Merci, "femmofoyère", qui que vous soyez (!) — sans doute quelqu'un, de toute façon —, pour cet envoi. Je ne doute pas que le livre de Jourde soit intéressant, et je le lirai probablement, comme j'ai lu deux de ces précédents. L'autre jour, à l'émission de F. Taddeï, il n'a pas trouvé les mots, le ton, le sourire, le bon rythme pour faire passer son message, il s'est même un peu braqué. Chacun a son caractère, hein ! Parfois, c'est le contraire, d'ailleurs : on passe à la télé, bonne prestation, et plein de gens achètent un livre qui ne leur plaît pas ou auquel ils ne comprennent rien. La télé tire groupé, côté plateau comme côté foyers.
Quant à l'enseignement supérieur français, je n'y suis pas entré parce que les conditions ne me paraissaient pas honnêtes (en 91-92). Maintenant, je suis ailleurs... Pardon, Emma m'appelle !
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