Quand arriveront les lois martiales
Par Berlol, vendredi 6 avril 2007 à 23:59 :: General :: #599 :: rss
Comme il y a pour nous, lundi, réception officielle, T. a
décrété qu'elle avait besoin d'une
robe. Me
prêtant au jeu, je l'accompagne avec plaisir à
Isetan,
dans le quartier de Shinjuku. J'ai toujours aimé ce
quartier, le
premier que j'aie vraiment connu, à Tokyo, quand je
travaillais
à l'université de Waseda et que j'y allais en
vélo, au lieu d'écrire ma thèse. Mon
dernier
passage du côté Est, celui des grands magasins et
donc
d'Isetan, date des premiers jours de
l'année, en voiture,
brièvement, de nuit, quand nous revenions de Kamakura avec
ma
sœur et son compagnon. J'avais ressenti un pincement comme
à Paris, celui du lieu familier. Je ne crois pas que Shibuya
ou
Akihabara me feraient cet effet-là.
La décoration intérieure d'Isetan a été complètement refaite, perspectives dégagées, éclairage uniformisé et adouci, moins d'étagères en hauteur, moins de couleurs, plus de boiseries dans les tons sombres. La classe, quoi. Bien sûr, T. sait qu'elle va trouver ce qu'elle cherche chez Max Mara. C'est ce qui arrive. Entre une veste et une robe, je conseille la robe, beige à motifs noirs. Avec le bronzage, c'est parfait. Les bretelles ont un ou deux centimètres de trop, on les reprendra à la maison.
Le journal Asahi nous arrive dans sa nouvelle formule d'avril et — parmi de nombreux changements — deux nouveaux chroniqueurs hebdomadaires, dans le supplément du soir : Dora Tauzin le jeudi (un pont entre France et Japon) et Étienne Barral le vendredi (ce qu'il y a de cool au Japon). Nous verrons sur la durée les styles et intérêts de chacun mais ce qui étonne, pour aujourd'hui, c'est le choix de deux collaborateurs français alors qu'il y a tant d'étrangers de talent (je suppose) disponibles dans la capitale japonaise...
En attendant de demander leur avis aux intéressés, je leur adresse mes félicitations — et tous mes encouragements pour essayer de ne pas donner dans les stéréotypes de la chronique de l'étranger.
Étienne, qui va bientôt fêter ses vingt ans au Japon, fait sa première chronique sur des chemises traditionnelles dont il affectionne le tissu de soie grossière, le tsumugi (紬).
Courriers électoraux. On ne sait jamais comment nos adresses parviennent aux partis politiques. Quelles collusions deviner. En deux semaines, j'ai reçu par courriel deux appels à voter, vaguement professions de foi, l'un de François Bayrou et l'autre de Nicolas Sarkozy, ce dernier faisant suivre son envoi électronique quelques jours plus tard par un courrier postal en quadrichromie cartonné. Deux insipides textes en langue de bois où il serait bien difficile d'entrevoir un quelconque programme.
On en apprendra beaucoup plus sur Sarkozy dans Philosophie Magazine, ou directement avec le blog de Michel Onfray. Quand arriveront les lois martiales et les mesures d'exception, il sera bon d'en revenir à ces pages pour se dire qu'on aurait pu le savoir.
Finalement, un spectacle (pas un film), Carmen, d'Antonio Gades, sur NHK 3, de très loin ce qu'il y a eu de mieux à la télévision japonaise depuis des semaines ! Du flamenco, les rythmes et les voix rauques entrent dans mes doigts au clavier, et mettent du Mérimée dans le Flaubert... Je ne sais pas ce que ça va donner demain matin, quand je commenterai l'entrée en classe de Charboravi...
La décoration intérieure d'Isetan a été complètement refaite, perspectives dégagées, éclairage uniformisé et adouci, moins d'étagères en hauteur, moins de couleurs, plus de boiseries dans les tons sombres. La classe, quoi. Bien sûr, T. sait qu'elle va trouver ce qu'elle cherche chez Max Mara. C'est ce qui arrive. Entre une veste et une robe, je conseille la robe, beige à motifs noirs. Avec le bronzage, c'est parfait. Les bretelles ont un ou deux centimètres de trop, on les reprendra à la maison.
Le journal Asahi nous arrive dans sa nouvelle formule d'avril et — parmi de nombreux changements — deux nouveaux chroniqueurs hebdomadaires, dans le supplément du soir : Dora Tauzin le jeudi (un pont entre France et Japon) et Étienne Barral le vendredi (ce qu'il y a de cool au Japon). Nous verrons sur la durée les styles et intérêts de chacun mais ce qui étonne, pour aujourd'hui, c'est le choix de deux collaborateurs français alors qu'il y a tant d'étrangers de talent (je suppose) disponibles dans la capitale japonaise...
En attendant de demander leur avis aux intéressés, je leur adresse mes félicitations — et tous mes encouragements pour essayer de ne pas donner dans les stéréotypes de la chronique de l'étranger.
Étienne, qui va bientôt fêter ses vingt ans au Japon, fait sa première chronique sur des chemises traditionnelles dont il affectionne le tissu de soie grossière, le tsumugi (紬).
Courriers électoraux. On ne sait jamais comment nos adresses parviennent aux partis politiques. Quelles collusions deviner. En deux semaines, j'ai reçu par courriel deux appels à voter, vaguement professions de foi, l'un de François Bayrou et l'autre de Nicolas Sarkozy, ce dernier faisant suivre son envoi électronique quelques jours plus tard par un courrier postal en quadrichromie cartonné. Deux insipides textes en langue de bois où il serait bien difficile d'entrevoir un quelconque programme.
On en apprendra beaucoup plus sur Sarkozy dans Philosophie Magazine, ou directement avec le blog de Michel Onfray. Quand arriveront les lois martiales et les mesures d'exception, il sera bon d'en revenir à ces pages pour se dire qu'on aurait pu le savoir.
Finalement, un spectacle (pas un film), Carmen, d'Antonio Gades, sur NHK 3, de très loin ce qu'il y a eu de mieux à la télévision japonaise depuis des semaines ! Du flamenco, les rythmes et les voix rauques entrent dans mes doigts au clavier, et mettent du Mérimée dans le Flaubert... Je ne sais pas ce que ça va donner demain matin, quand je commenterai l'entrée en classe de Charboravi...
Commentaires
1. Le vendredi 6 avril 2007 à 16:07, par patapon :
Effectivement, ce texte d’Onfray est fort intéressant (bien qu’il tienne souvent ailleurs des propos de “beauf de gauche” qui m’insupportent…). Cela dit, les socialistes se sont tiré une belle balle dans le pied en choisissant d’oppposer Bécassine à Sarko. Puisque le grand méchant Nicolas menace, et que toi et moi, nous ne voulons certainement pas d'un "Patriot Act" version Sarko, je te conseille vivement le vrai “vote utile” : faire par tactique ce que je ferai personnellement par conviction: voter pour le seul candidat qui, au second tour, soit en mesure de l’emporter sur Sarko (suivez mon regard… ).
2. Le samedi 7 avril 2007 à 00:48, par brigetoun :
pour la balle merci, j'avais déjà mal à mes pieds et ça n'a pas amélioré les choses, et le pire était que je le savais mais j'ai été batue.
pour les courriels considérez que c'est la gloire, signe de notoriété. J'ai lu cela sur plusieurs blogs d'expatriés. Dans un cas ça a été nettement contreproductif.
et bon ce n'est pas un lieu de polémique politique mais la différence entre son vote utile et Sarkozy me semble être uniquement de nous éviter un Richard III
3. Le samedi 7 avril 2007 à 00:49, par brigetoun :
pardon, le "son" désignait Patapon
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