Dol de la tare
Par Berlol, mercredi 11 avril 2007 à 23:41 :: General :: #604 :: rss
Ça y est, Ségolène m'a
écrit !
En fait, c'est un message destiné à tous les Français résidant hors de France. J'ai déjà signalé que j'avais reçu ceux de Sarkozy dol de la tare et de Bayrou le centre vide, mais celui d'aujourd'hui commence par une démarche honnête qui manquait aux deux premiers, je ne l'invente pas :
« C’est pourquoi j’ai décidé de m’adresser à vous, grâce aux adresses électroniques que vous avez communiquées lors de vos démarches consulaires récentes. Elles ont été transmises, avec la liste des électeurs, à tous les candidats. Je ne le ferai qu’une fois avant le premier tour, et une fois entre les deux tours. Ensuite je demanderai à mon équipe de campagne la destruction de cette base de données. [...] »
Un cours, un déjeuner et deux réunions. Sans bavure. Au restaurant des profs, pas mieux pas pire. En revanche, après les réunions, David et moi nous rendons au convenience store qui se trouve sur le campus, où il y avait auparavant une boutique gérée par l'université, plus ou moins bien achalandée. Il y a maintenant un choix plus large et l'ouverture jusqu'à 20 heures — de quoi se sustenter quand on est charrette...
Et retour au centre de sport, après cinq semaines d'absence. Pour le vélo, pas de problème, ça pédale et ça sue. Mais pour les steps, là, le souffle a comme du mal à venir. Après 500 marches, l'énergie semble s'être régulée, le souffle et le cœur reviennent à des rythmes raisonnables. Je peux continuer.
Pédalant, qu'ai-je pris à lire ? Chez moi, bien sûr !
Merveilleuse souplesse de la langue. Comme de la dentelle, mais nerveuse, tendue. Un sujet en apparence loufoque pour la première nouvelle intitulée comme le recueil. Et puis l'idée vient au lecteur qu'éviter chaque jour le même crocodile, c'est un peu comme le mythe de Sisyphe, ce qui nous pèse et qu'on recommence quand même. Pas sans rapport avec des fabulistes classiques (Ésope, La Fontaine) ou des prestidigitateurs littéraires contemporains (Chevillard, ou le Volodine de Nos animaux préférés, alors que la nouvelle de Sevestre date de 1994).
Et ce thème récurrent, du Double Suicide Villa Godin (1987), aux Tristes (2005), en passant par Entrées en matière (1999), qui est de questionner l'habitus en déconstruisant l'habitat.
« Une fois chez moi, pour passer d'une maison à l'autre, je suis condamné à emprunter des passerelles, qu'il hante par-dessous sans en tirer aucun profit, et que je renforce chaque jour et sans cesse. J'y apporte tant de soin qu'elles semblent plus solides que les maisons qu'elles relient, et qu'il m'a fallu renforcer chaque palier des escaliers détruits, d'où s'élancent maintenant les passerelles. Les premières (je n'étais pas naïf, je croyais la situation provisoire) posées simplement, étayées par en dessous de tréteaux, le crocodile les dégommait d'une pichenette ; il attendait que je passe, masqué parmi la végétation, balançait sa queue et le tréteau valdinguait.» (Alain Sevestre, Chez moi, Éd. Gallimard, 2007, p. 16)
En fait, c'est un message destiné à tous les Français résidant hors de France. J'ai déjà signalé que j'avais reçu ceux de Sarkozy dol de la tare et de Bayrou le centre vide, mais celui d'aujourd'hui commence par une démarche honnête qui manquait aux deux premiers, je ne l'invente pas :
« C’est pourquoi j’ai décidé de m’adresser à vous, grâce aux adresses électroniques que vous avez communiquées lors de vos démarches consulaires récentes. Elles ont été transmises, avec la liste des électeurs, à tous les candidats. Je ne le ferai qu’une fois avant le premier tour, et une fois entre les deux tours. Ensuite je demanderai à mon équipe de campagne la destruction de cette base de données. [...] »
Un cours, un déjeuner et deux réunions. Sans bavure. Au restaurant des profs, pas mieux pas pire. En revanche, après les réunions, David et moi nous rendons au convenience store qui se trouve sur le campus, où il y avait auparavant une boutique gérée par l'université, plus ou moins bien achalandée. Il y a maintenant un choix plus large et l'ouverture jusqu'à 20 heures — de quoi se sustenter quand on est charrette...
Et retour au centre de sport, après cinq semaines d'absence. Pour le vélo, pas de problème, ça pédale et ça sue. Mais pour les steps, là, le souffle a comme du mal à venir. Après 500 marches, l'énergie semble s'être régulée, le souffle et le cœur reviennent à des rythmes raisonnables. Je peux continuer.
Pédalant, qu'ai-je pris à lire ? Chez moi, bien sûr !
Merveilleuse souplesse de la langue. Comme de la dentelle, mais nerveuse, tendue. Un sujet en apparence loufoque pour la première nouvelle intitulée comme le recueil. Et puis l'idée vient au lecteur qu'éviter chaque jour le même crocodile, c'est un peu comme le mythe de Sisyphe, ce qui nous pèse et qu'on recommence quand même. Pas sans rapport avec des fabulistes classiques (Ésope, La Fontaine) ou des prestidigitateurs littéraires contemporains (Chevillard, ou le Volodine de Nos animaux préférés, alors que la nouvelle de Sevestre date de 1994).
Et ce thème récurrent, du Double Suicide Villa Godin (1987), aux Tristes (2005), en passant par Entrées en matière (1999), qui est de questionner l'habitus en déconstruisant l'habitat.
« Une fois chez moi, pour passer d'une maison à l'autre, je suis condamné à emprunter des passerelles, qu'il hante par-dessous sans en tirer aucun profit, et que je renforce chaque jour et sans cesse. J'y apporte tant de soin qu'elles semblent plus solides que les maisons qu'elles relient, et qu'il m'a fallu renforcer chaque palier des escaliers détruits, d'où s'élancent maintenant les passerelles. Les premières (je n'étais pas naïf, je croyais la situation provisoire) posées simplement, étayées par en dessous de tréteaux, le crocodile les dégommait d'une pichenette ; il attendait que je passe, masqué parmi la végétation, balançait sa queue et le tréteau valdinguait.» (Alain Sevestre, Chez moi, Éd. Gallimard, 2007, p. 16)
Commentaires
1. Le samedi 14 avril 2007 à 17:11, par Lionel Dersot :
Visiblement, la transmission des coordonnées ne se limite pas à l'adresse électronique vu le courrier papier dans la boîte aux lettres. Mais bon, on est une petite famille soudée hein.
2. Le dimanche 15 avril 2007 à 00:47, par dominique :
Oeuvrons pour la reconnaissance d'Alain Sevestre ! (voir blog.lignesdefuite.fr/pos...
3. Le dimanche 15 avril 2007 à 03:57, par Berlol :
Je dirais même mieux : œuvrons pour la connaissance d'Alain Sevestre !
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