Sans aménité sur la fausse bonté
Par Berlol, lundi 16 avril 2007 à 23:37 :: General :: #610 :: rss
Les saisons se déconstruisent : hier
c'était juin, aujourd'hui, c'est novembre (et demain sera
pire, décembre, avec 15 ° de variation en
deux jours...). Qu'à cela ne tienne, on va au centre de
sport, derrière Shibuya. T. essaie la cabine de bronzage,
pour entretenir son teint de Balinaise. Moi je vais directement lire et
suer pendant qu'un loup devient une vache, développant mon
intuition sur le rapport habitus / habitat...« Un soir, brusquement vidée de toute volonté, la vache mourut et il lâcha son étreinte. Il commença par le ventre, plus tendre, entra, se fit un chemin, fouilla les viscères, mangea, mangea. La vache était copieuse. Il mangeait, engloutissait mais il y en avait encore tant que, assommé par son plantureux repas, il s'endormit entre les estomacs.
Il habita tout de suite dans les chairs. Parfois un bourrelet d'organe lui tombait sur le râble qu'il repoussait du museau ou mangeait, s'endormait encore sans finir sa bouchée, gueule ouverte sur une grappe de tripes qui partait je ne sais où, dans le tréfonds mouillé du ventre. Après quelques jours, il s'installa plus à son aise dans sa carcasse tendue de peau coriace. Sous le soleil, seule s'allongeait sur le pré, l'ombre de la vache où il résidait. Il était en elle, ses côtes et sa peau lui faisaient comme un abri, une tente, le protégeait de la pluie et du soleil, et ni lui ni les ombres n'apparaissaient plus.» (Alain Sevestre, Chez moi, p. 44-45)
Après avoir essayé depuis des semaines de trouer des mocassins solides pour remplacer ceux qui commencent à se trouver de la semelle, j'arrive à mes fins au grand magasin Tokyu Honten, très calme un lundi après-midi. J'opte pour un modèle hybride de la nouvelle collection Cole Haan, dessus cuir, ligne chic, avec semelles sport, moins cher et plus confortable que les modèles classiques.
Film du soir, dévédé prêté par un collègue pour éventuellement illustrer le thème de l'enfance difficile dans le séminaire de cinéma : La Fracture du myocarde (Jacques Fansten, 1990). On rechigne un peu sur le pas à franchir au début (attitude d'enfants vis-à-vis d'un cadavre) mais on entre ensuite complètement dans la logique du groupe d'enfants, du secret, de la lutte contre le monde des adultes (plutôt évitement du monde des adultes, d'ailleurs, que lutte à proprement parler). Nombre de micro-situations offrent un regard sans aménité sur la fausse bonté et la fausse honnêteté de ceux qui s'érigent en modèles pour leur progéniture...
Commentaires
1. Le mardi 17 avril 2007 à 02:36, par christine :
l'inversion de mots, c'est :
1. pour faire parler les commentateurs
2. pour introduire un peu de distance comique dans la séquence "berlol fait du shopping"
3. une double coquille ?
(coïncidence : je parle de soulier moi aussi aujourd'hui !)
2. Le mardi 17 avril 2007 à 03:23, par Berlol :
1 & 2... Quel œil persan ! Euh... non, perçant !
3. Le mardi 17 avril 2007 à 03:49, par christine :
ou encore 4. pour vérifier que nous te lisons attentivement ?!
(j'aime bien avoir l'œil persan comme dans comment peut-on l'être)
4. Le mardi 17 avril 2007 à 04:20, par Berlol :
Y'a de ça, mais 1 et 4 confinent au même danger : le silence ! 99,9 % de mes lecteurs restent désespérément silencieux ! C'est un échec absolu de mon projet de si tous les gars et toutes les filles du monde se donnaient la main que j'avais quand j'étais petit ! Et c'est un échec total de l'internet comme média de connivence. Et donc, donc, je te remercie, ainsi que le tout petit mais costaud noyau de personnes qui daignent encore m'adresser la parole !
5. Le mardi 17 avril 2007 à 05:44, par jenbamin :
Je déchire le silence : je t'adresse la parole, ainsi qu'à christine... que je remercie pour sa remarque : moi qui ne lisais pas attentivement, mon œil avait corrigé de lui-même le second mot en le premier, mais avait laissé le premier en l'état. Et du coup je n'y comprenais fichtre rien ! ouf, tout est bien qui finit bien...
6. Le mardi 17 avril 2007 à 06:10, par Berlol :
Merci, c'est bon quand ça déchire !
Dans tout ça, vous ne me dites pas comment vous trouvez mes nouvelles chaussures... Faut dire que la page en lien n'a pas mon coloris. C'est marron plus foncé, tirant sur le brun. Très chic...
7. Le mardi 17 avril 2007 à 06:28, par Manu :
Une photo, une photo !
8. Le mardi 17 avril 2007 à 09:03, par m sonnet :
chères, je les trouve chères, ces chaussures, chics mais chères
9. Le mardi 17 avril 2007 à 13:43, par christine :
4 personnes, ça ne doit même pas faire 1% des passants du jour, non !?...
allez, encore un effort, les 99% de silencieux, écoutez le cri de détresse de berlol, déchirez le silence, criez votre connivence : dites lui que ses nouveaux mocassins sont très jolis et vont plaire à la princesse charmante s'il en laisse tomber un au moment de remonter dans sa citrouille quand minuit sonnera
(tout de même, je trouve les messieurs un peu futiles, heureusement que nous autres femmes avons des sujets de réflexion plus élevés ... et peut-être bientôt une présidente!)
10. Le mardi 17 avril 2007 à 14:26, par Berlol :
Bahhh, disons qu'il y avait d'autres sujets dans mes billets mais c'est celui-là qui a pris...
Pour le prix, justement, c'était quand même la moitié des autres qui me plaisaient. Et puis j'espère bien faire trois ou cinq ans avec.
11. Le mardi 17 avril 2007 à 14:47, par christine :
je sais bien ... c'était juste pour taquiner (tout de même, ne t'identifie pas à Emma jusque dans les dépenses vestimentaires inconsidérées !)
c'est peut-être jenbamin qui a raison (bravo pour votre très beau site, au passage) : ne pas autoriser les commentaires évite d'être déçu lorsqu'on n'en a pas
12. Le mardi 17 avril 2007 à 15:37, par jenbamin :
j'espérais que l'absence de commentaires publics génèrerait des couriels avec une vraie possibilité d'échange : pour l'instant c'est calme ! mais on verra bien, avec le temps...
(pas impossible que j'ouvre les commentaires, un jour, pour voir)
pour les chaussures : pas vraiment dans mes prix... dommage, moi aussi j'en suis bientôt aux trous.
13. Le mardi 17 avril 2007 à 15:41, par Berlol :
Par bonheur, il y a (encore) des commentaires ouverts chez quelques autres... Et si ça nous permet de connaître des sites comme celui de Jenbamin, en effet, je maintiendrai que c'est préférable de laisser ouvert.
Ceci dit, je m'occupe d'un blog de mes cours, pour les étudiants, et là, tout est sécurisé (mot de passe, code d'accès et tout l'arsenal). Tout dépend des objectifs à atteindre. Juste s'exprimer, rencontrer, travailler, etc.
14. Le mardi 17 avril 2007 à 16:21, par jenbamin :
Il y a deux billets que je n'aurais pas pu publier il y a une dizaine de jours si les commentaires avaient été ouverts : là j'ai eu un seul mail d'insulte, et encore pas bien méchant (mais provenant d'une adresse fictive of course, faut pas rêver...). Mais c'est vrai qu'à 99 %, le risque principal que l'on prend en laissant les commentaires ouverts c'est, comme le dit Christine, d'être déçu de leur absence ! Il n'en reste pas moins que les engueulades qu'il y avait eu ici-même il y a quelques mois (quand tu t'étais fait injurier à cause de ton soutien à la micro-librairie de FB, si mes souvenirs sont bons) n'ont pas été forcément neutres dans mon choix (peut-être provisoire) de ne pas mettre de commentaires sur mon site.
15. Le mardi 17 avril 2007 à 17:05, par Berlol :
Je comprends tout à fait. C'est ce que j'appellerai les risques du métier. Si on ne prend pas le risque de se faire insulter, on ne peut pas avoir aussi la possibilité de faire de belles rencontres...
16. Le mercredi 18 avril 2007 à 13:02, par christine :
c'est étrange comme les commentaires m'ont fait perdre le réflexe mail : mes boîtes mail (spam, pub, spam, nouvelles de ma famille pour la perso, boulot à faire pour la professionnelle) sont devenues aussi sinistres que ma boîte aux lettres (pubs, factures, pubs et cartes postales de mes vieilles tantes) ... alors que les commentaires des blogs (le mien ou ceux des autres) sont encore (parfois, pas toujours) le lieu de surprises, sans doute car ils permettent des échanges complexes entre plusieurs points de vue et pas seulement des champ-contrechamp entre deux point de vue
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