Soi si on ne l'était pas
Par Berlol, mardi 17 avril 2007 à 23:35 :: General :: #611 :: rss
Non
seulement les saisons se déconstruisent, mais en plus elles
se chevauchent. Ainsi ce matin, c'était décembre
à Tokyo mais mai à Nagoya ! J'en
bafouille...Dans le train, j'écoutais mon cours de samedi pour savoir comment améliorer mon élocution. Il y a beaucoup trop de euh... à la fin des groupes de mots, de toussotements en partie nerveux, d'emplois de mots impropres, comme classique pour dire conventionnel. Ce qui me fait penser que je tiquerais, si j'étais étudiant dans mon cours...
Qu'est-ce qu'on penserait de soi si on ne l'était pas ?
Pour expliquer aux débutants de français pourquoi il faut virer le e et mettre une apostrophe entre je et aime, dans j'aime, il faut essayer de faire admettre la convention issue d'un processus euphonique, reposant lui-même sur une faible compatibilité entre voyelle finale et voyelle initiale de deux mots qui se suivent — vous suivez ? —, surtout quand la voyelle finale est ce minable petit e. En gros, que je aime est moins facile à prononcer que j'aime.
Mais face à des étudiants de 18 ans qui ont fait 6 ans d'anglais et qui ne savent pas qu'il y a des consonnes et des voyelles, force est de s'avouer qu'il faut reprendre de plus loin... (Et de se poser des questions sur les cours d'anglais qu'ils ont reçus...)
L'avantage, c'est qu'à cet âge-là et avec leur intelligence, ils comprennent très vite (ou alors, j'explique bien).
Le piège, c'est qu'il y en a toujours deux ou trois (sur 20) qui font semblant d'avoir compris...
Au bureau, dépouillant le courriel puis dans le canapé, j'écoute Masse critique de samedi sur Google, avec Mats Carduner. Eh bien, finalement, je me suis... endormi. J'aurai une bonne demie-heure à réécouter mais c'est fou ce que c'est soporifique, la langue de bois ! Ça fait plusieurs fois que j'écoute Masse critique et que je me fais la même réflexion : à quoi sert d'inviter des gens si on les laisse débiter leur salade sans jamais leur casser les pattes. Je suis sûr que ces gens rentrent chez eux contents, après l'émission, en se disant qu'ils nous ont bien roulés dans la farine — et qu'ils vont pouvoir se targuer de transparence et d'ouverture. À part ça, il y a de bonnes chroniques, dans l'émission. C'est juste qu'il faudrait interroger les invités sérieusement.
Demain, je vais commencer la série d'À Voix nue avec Zoé Valdès ; j'aurai peut-être droit à plus de franchise.
Dînant et après...
Arrêt sur Images de dimanche avec ce déprimant constat : non seulement on peut traverser le Golfe d'Aden de Somalie au Yémen dans une barque de réfugiés, comme Daniel Grandclément, et survivre pour montrer ces horreurs mais 1. tout le monde est trop occupé par la présidentielle pour en parler ; 2. les téléspectateurs consternés ne peuvent qu'écrire à d'improbables administrations de l'ONU ou de l'UE pour demander que ça cesse alors que c'est déjà interdit ; 3. personne ne voit (ou ne veut) d'issue politique dans aucun de ces pays sinistrés (et dont le sinistre remonte principalement aux brillants calculs géostratégiques des grandes puissances au XXe siècle).
Si informer n'aboutit qu'à plus d'impuissance, je me demande si c'est bien utile qu'on sache. Ou bien faut-il sacrifier consacrer sa vie à une cause pendant que les marchands d'armes et les politiciens véreux se gobergent ?
Commentaires
1. Le mardi 17 avril 2007 à 08:05, par brigetoun :
le fait est que, comme on sait depuis longtemps que essayer de faire péter les choses n'amène à rien, connaître et savoir ne permets que de se ronger de colère, ce qui peut satisfaire notre ego mais ne règle rien. Et tenter de corriger à la marge en s'interdisant d'en éprouver du soulagement et une bonne conscience.
Et puis on change de vitesse et on revient à sa vie
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