vendredi 27 avril 2007
2600 tonnes de papier
Par Berlol, vendredi 27 avril 2007 à 11:25 :: General
C'est le poids de l'édition du Larousse 2008, actuellement en
phase de finalisation ! Se rend-on compte !? 2600
tonnes de papier ! 2.600.000 kilogrammes ! Alors
qu'il y a le TLF, le Littré et les dictionnaires de l'Académie
française en ligne, alors qu'il y a Wikipédia
et des centaines de sites plus ou moins encyclopédiques,
dont la fiabilité des informations est facilement
comparable !
Je ne comprends pas l'acharnement de cette époque à détruire la planète — pour ne prendre que ce sujet — en pensant que c'est toujours aux autres industries de changer leur fonctionnement. Ce que je comprends, c'est que Larousse veut faire son fric, et puis c'est tout !
Au centre de sport, je pédale à fond mais... ne me transforme pas en loup. Tant mieux, remarquez !
« Le temps que mes yeux se réhabituent au noir, il n'y avait plus de loup. Restait un Raoul sur sa mobylette.
— Tu as vu. Tu vois pourquoi je ne peux pas le faire tous les jours. C'est très désagréable. Maintenant, je ressens des picotements dans les jambes et dans les bras, comme des millions de fourmis.
Il n'a pas tenté de redémarrer la mobylette.
— Plus jeune, j'avais l'envie, j'avais le désir souvent de me transformer. Ce que je me dis. Je ne pouvais guère aller plus loin que maintenant mais j'y allais avec élan. J'installais la bécane en haut d'une pente et je dévalais la colline. En bas, j'étais un loup.
Sur le chemin de la cabane, il s'est arrêté, s'est tourné vers moi.
— Et puis, il n'y avait pas les picotements et les petites douleurs dans les membres. À présent (il s'est assis sur la selle), outre ces petites douleurs, je connais l'appréhension de n'y trouver aucun plaisir.» (Alain Sevestre, Chez moi, p. 120-121)
Déjeuner avec David et un jeune français, étudiants de japonais venu nous saluer en voisin. Il est beaucoup question des présidentielles, de notre crainte commune de la concentration des pouvoirs et de la versatilité d'un homme irascible (François Mitterrand l'était et il a largement trahi son mandat).
À propos de mandat, je paie à la poste pour le prochain congrès de la Société japonaise de Langue et Littérature françaises. Adhésion annuelle et frais de congrès, ça fait cher, près de 130 euros !
Puis je range mes affaires, au bureau, et m'en vais prendre le train. Shinkansen qui est aussi... machine à remonter le temps. En effet, avec un dévédé dans le portable, les écouteurs sur les oreilles, la vibration du train à grande vitesse, une sensation très étrange m'enveloppe, m'isole et je suis dans Les Choristes avec un intérêt plus pointu que si j'étais à la maison. C'est certes un film agréable mais bien moins intéressant que Vipère au poing (pour rester dans les thèmes des enfants et historique).
Dans
la soirée, livraison d'un paquet contenant notamment le
livre de Jacques Rancière, Politique de la
littérature, commandé samedi
dernier. Amazon a bien travaillé : 57 euros
d'articles et 24,55 euros de frais de port en express, total dans les
82 euros. Moins de 50 % de majoration pour 11.000 km en 7
jours.
Et comme il y a Spiderman à la télé, j'entame illico la lecture. Et ça ne tarde pas à être à la hauteur de l'attente. Même si ça ne fait pas avancer tout de suite mon cours de demain...
« Cela veut dire, plus radicalement, qu'il n'y a pas de sujet du tout, que la combinaison des actions et l'expression des pensées et sentiments, qui faisaient le cœur de la composition poétique, sont en elles-mêmes indifférentes. Ce qui fait la texture de l'œuvre, c'est le style, qui est « une manière absolue de voir les choses ». Les critiques de l'âge de Sartre ont voulu identifier cette « absolutisation du style » à un esthétisme aristocratique. Mais les contemporains de Flaubert ne se trompaient pas à cet « absolu » : il ne voulait pas dire élévation sublime mais dissolution de tout ordre. L'absoluité du style, c'était d'abord la ruine de toutes les hiérarchies qui avaient gouverné l'invention des sujets, la composition des actions et la convenance des expressions. Dans les déclarations mêmes de l'art pour l'art, il fallait lire la formule d'un égalitarisme radical. Cette formule ne renversait pas seulement les règles des arts poétiques mais tout un ordre du monde, tout un système de rapports entre des manières d'être, des manières de faire et des manières de dire. L'absolutisation du style était la formule littéraire du principe démocratique d'égalité. Elle s'accordait avec la destruction de la vieille supériorité de l'action sur la vie, avec la promotion sociale et politique des êtres quelconques, des êtres voués à la répétition et à la reproduction de la vie nue.» (Jacques Rancière, Politique de la littérature, Paris : Éd. Galilée, 2007, p. 19)
Je ne comprends pas l'acharnement de cette époque à détruire la planète — pour ne prendre que ce sujet — en pensant que c'est toujours aux autres industries de changer leur fonctionnement. Ce que je comprends, c'est que Larousse veut faire son fric, et puis c'est tout !
Au centre de sport, je pédale à fond mais... ne me transforme pas en loup. Tant mieux, remarquez !
« Le temps que mes yeux se réhabituent au noir, il n'y avait plus de loup. Restait un Raoul sur sa mobylette.
— Tu as vu. Tu vois pourquoi je ne peux pas le faire tous les jours. C'est très désagréable. Maintenant, je ressens des picotements dans les jambes et dans les bras, comme des millions de fourmis.
Il n'a pas tenté de redémarrer la mobylette.
— Plus jeune, j'avais l'envie, j'avais le désir souvent de me transformer. Ce que je me dis. Je ne pouvais guère aller plus loin que maintenant mais j'y allais avec élan. J'installais la bécane en haut d'une pente et je dévalais la colline. En bas, j'étais un loup.
Sur le chemin de la cabane, il s'est arrêté, s'est tourné vers moi.
— Et puis, il n'y avait pas les picotements et les petites douleurs dans les membres. À présent (il s'est assis sur la selle), outre ces petites douleurs, je connais l'appréhension de n'y trouver aucun plaisir.» (Alain Sevestre, Chez moi, p. 120-121)
Déjeuner avec David et un jeune français, étudiants de japonais venu nous saluer en voisin. Il est beaucoup question des présidentielles, de notre crainte commune de la concentration des pouvoirs et de la versatilité d'un homme irascible (François Mitterrand l'était et il a largement trahi son mandat).
À propos de mandat, je paie à la poste pour le prochain congrès de la Société japonaise de Langue et Littérature françaises. Adhésion annuelle et frais de congrès, ça fait cher, près de 130 euros !
Puis je range mes affaires, au bureau, et m'en vais prendre le train. Shinkansen qui est aussi... machine à remonter le temps. En effet, avec un dévédé dans le portable, les écouteurs sur les oreilles, la vibration du train à grande vitesse, une sensation très étrange m'enveloppe, m'isole et je suis dans Les Choristes avec un intérêt plus pointu que si j'étais à la maison. C'est certes un film agréable mais bien moins intéressant que Vipère au poing (pour rester dans les thèmes des enfants et historique).
Dans
la soirée, livraison d'un paquet contenant notamment le
livre de Jacques Rancière, Politique de la
littérature, commandé samedi
dernier. Amazon a bien travaillé : 57 euros
d'articles et 24,55 euros de frais de port en express, total dans les
82 euros. Moins de 50 % de majoration pour 11.000 km en 7
jours.Et comme il y a Spiderman à la télé, j'entame illico la lecture. Et ça ne tarde pas à être à la hauteur de l'attente. Même si ça ne fait pas avancer tout de suite mon cours de demain...
« Cela veut dire, plus radicalement, qu'il n'y a pas de sujet du tout, que la combinaison des actions et l'expression des pensées et sentiments, qui faisaient le cœur de la composition poétique, sont en elles-mêmes indifférentes. Ce qui fait la texture de l'œuvre, c'est le style, qui est « une manière absolue de voir les choses ». Les critiques de l'âge de Sartre ont voulu identifier cette « absolutisation du style » à un esthétisme aristocratique. Mais les contemporains de Flaubert ne se trompaient pas à cet « absolu » : il ne voulait pas dire élévation sublime mais dissolution de tout ordre. L'absoluité du style, c'était d'abord la ruine de toutes les hiérarchies qui avaient gouverné l'invention des sujets, la composition des actions et la convenance des expressions. Dans les déclarations mêmes de l'art pour l'art, il fallait lire la formule d'un égalitarisme radical. Cette formule ne renversait pas seulement les règles des arts poétiques mais tout un ordre du monde, tout un système de rapports entre des manières d'être, des manières de faire et des manières de dire. L'absolutisation du style était la formule littéraire du principe démocratique d'égalité. Elle s'accordait avec la destruction de la vieille supériorité de l'action sur la vie, avec la promotion sociale et politique des êtres quelconques, des êtres voués à la répétition et à la reproduction de la vie nue.» (Jacques Rancière, Politique de la littérature, Paris : Éd. Galilée, 2007, p. 19)