vendredi 11 mai 2007
Pour cause de soirée à la Vaubyessard
Par Berlol, vendredi 11 mai 2007 à 10:58 :: General
Que telle
nageuse veuille vivre sa vie, quoi de plus
naturel !
M'inquiète bien plus, cette idéologie du travail
forcené que scande son entraineur, et qui est tellement dans
le
vent politique. On croit savoir ce qu'il a voté,
celui-là. Elle a déjà
accumulé plus de
médailles qu'il ne sait en compter, cet esclavagiste malotru.
Au-delà, c'est cet esprit pernicieux de la compétition sportive qui me paraît contraire à l'éthique et à l'hygiène du sport amateur... Le sport de haut niveau et sa médiatisation sont des auxiliaires du libéralisme et du nationalisme. (À développer.)
Centre de sport, lecture d'Emmanuelle Pagano, m'y absorbe, en perds ma clé de vestiaire — à moins qu'elle ne soit tombée dans les interstices d'une machine à pectoraux...
Déjeuner avec David, deux étudiants français qui ont fini chez nous leur programme de japonais, et le directeur de l'Alliance, qui nous emmène au Paragon, nouveau restaurant plutôt thaïlandais de Motoyama. Très bon, très agréable. On y reviendra.
Sur le quai du shinkansen, rencontre d'un Français qui me dit quelque chose... En effet, c'est une personne que l'on voit, T. et moi, de temps en temps au Saint-Martin ! Superbe coïncidence. D'ailleurs, dans le train, on s'assoit juste derrière... un jeune couple de Français (que j'identifierai à leur livre, mais on ne les connaît pas ni ne leur parle). Alors que ça fait plus de sept ans que je fais ce trajet sans avoir jamais rencontré personne...
Une fois la glace brisée (métaphore, on n'endommage pas le train), nous conversons tous les deux sans relâche : quartier de Kagurazaka et quartiers voisins, connaissances communes, activités professionnelles (échange rituel de cartes de visite), études, impression de vie au Japon, etc. Arrivés à Tokyo, je suis tout essoufflé. Nous nous quittons entre Chuo et Yamanote, on se reverra de toute façon dans notre restaurant préféré...
Pendant
la soirée, je reprends le site Nico Shark,
entraperçu ce matin — la résistance
s'organise —, puis écoute et
enregistrement des Vendredis
de la philosophie sur — sujet
décidément récurrent — les femmes en tous genres,
avec Anne Dufourmantelle, Marie-Hélène Bourcier
(qui était mardi sur le plateau de Ce
soir ou Jamais mercredi) et Catherine Vidal.
Tout ça me fait souvenir qu'adolescent on s'est souvent moqué de mon côté efféminé, les cils, des gestes et des façons de parler, moins visible maintenant que l'âge et la barbe m'ont fixé du côté de mes organes. Mais à la différence du personnage d'Emmanuelle Pagano ou de personnes dont il est question dans ces récentes émissions, il n'a jamais été question pour moi de près ou de loin ni de devenir ni de souhaiter être femme. Je n'ai pas eu de désir dans ce sens pour moi-même et j'en ai toujours eu pour des femmes, que j'ai désirées en tant qu'homme — sans pour autant vouloir toutes les posséder. Mais cela m'a rendu compréhensif, tolérant, peu enclin à la violence — c'est peut-être ce qu'il en reste.
Ce style télégraphique pour cause de soirée à la Vaubyessard — forcément à compléter.
Au-delà, c'est cet esprit pernicieux de la compétition sportive qui me paraît contraire à l'éthique et à l'hygiène du sport amateur... Le sport de haut niveau et sa médiatisation sont des auxiliaires du libéralisme et du nationalisme. (À développer.)
Je
développe en alignant à droite (c'est
à la mode).
Centre de sport, lecture d'Emmanuelle Pagano, m'y absorbe, en perds ma clé de vestiaire — à moins qu'elle ne soit tombée dans les interstices d'une machine à pectoraux...
(La clé,
pas Emmanuelle.)
« Un jour je me suis débattue comme si le type me violait. Il s'est arrêté tout de suite, incrédule mais tendre. Il essayait de me rassurer mais je ne savais pas de quoi j'avais peur, de quoi j'avais mal, de quoi j'avais si froid. Je me sentais inexplicablement cogné, brutalisée. Je me sentais à la fois esseulé et soumise à une impudique proximité. J'avais aussi une drôle d'inquiétude. J'avais l'angoisse de rester collée à ce mec comme un frère, une sœur siamoise. C'était ridicule, exagéré, et cette fois vraiment monstrueux, pourtant ça levait mon sexe, je bandais, dégoûtée de mon corps de garçon.
Je m'étais rhabillé et assise, pour raconter cette histoire à ce type, une histoire entendue à la radio. C'était l'histoire de deux sœurs siamoises, un seul corps et deux têtes. L'une d'elles s'est mariée, et l'autre a porté plainte pour viol, attentat à la pudeur, séquestration, proxénétisme aggravé. Il s'est énervé. N'importe quoi, ça n'a rien à voir. Je me suis fait traiter de folle, malade, handicapée du cul.» (Emmanuelle Pagano, Les Adolescents troglodytes, p. 68-69)
« Un jour je me suis débattue comme si le type me violait. Il s'est arrêté tout de suite, incrédule mais tendre. Il essayait de me rassurer mais je ne savais pas de quoi j'avais peur, de quoi j'avais mal, de quoi j'avais si froid. Je me sentais inexplicablement cogné, brutalisée. Je me sentais à la fois esseulé et soumise à une impudique proximité. J'avais aussi une drôle d'inquiétude. J'avais l'angoisse de rester collée à ce mec comme un frère, une sœur siamoise. C'était ridicule, exagéré, et cette fois vraiment monstrueux, pourtant ça levait mon sexe, je bandais, dégoûtée de mon corps de garçon.
Je m'étais rhabillé et assise, pour raconter cette histoire à ce type, une histoire entendue à la radio. C'était l'histoire de deux sœurs siamoises, un seul corps et deux têtes. L'une d'elles s'est mariée, et l'autre a porté plainte pour viol, attentat à la pudeur, séquestration, proxénétisme aggravé. Il s'est énervé. N'importe quoi, ça n'a rien à voir. Je me suis fait traiter de folle, malade, handicapée du cul.» (Emmanuelle Pagano, Les Adolescents troglodytes, p. 68-69)
Déjeuner avec David, deux étudiants français qui ont fini chez nous leur programme de japonais, et le directeur de l'Alliance, qui nous emmène au Paragon, nouveau restaurant plutôt thaïlandais de Motoyama. Très bon, très agréable. On y reviendra.
Sur le quai du shinkansen, rencontre d'un Français qui me dit quelque chose... En effet, c'est une personne que l'on voit, T. et moi, de temps en temps au Saint-Martin ! Superbe coïncidence. D'ailleurs, dans le train, on s'assoit juste derrière... un jeune couple de Français (que j'identifierai à leur livre, mais on ne les connaît pas ni ne leur parle). Alors que ça fait plus de sept ans que je fais ce trajet sans avoir jamais rencontré personne...
Une fois la glace brisée (métaphore, on n'endommage pas le train), nous conversons tous les deux sans relâche : quartier de Kagurazaka et quartiers voisins, connaissances communes, activités professionnelles (échange rituel de cartes de visite), études, impression de vie au Japon, etc. Arrivés à Tokyo, je suis tout essoufflé. Nous nous quittons entre Chuo et Yamanote, on se reverra de toute façon dans notre restaurant préféré...
Pendant
la soirée, je reprends le site Nico Shark,
entraperçu ce matin — la résistance
s'organise —, puis écoute et
enregistrement des Vendredis
de la philosophie sur — sujet
décidément récurrent — les femmes en tous genres,
avec Anne Dufourmantelle, Marie-Hélène Bourcier
(qui était mardi sur le plateau de Ce
soir ou Jamais mercredi) et Catherine Vidal.Tout ça me fait souvenir qu'adolescent on s'est souvent moqué de mon côté efféminé, les cils, des gestes et des façons de parler, moins visible maintenant que l'âge et la barbe m'ont fixé du côté de mes organes. Mais à la différence du personnage d'Emmanuelle Pagano ou de personnes dont il est question dans ces récentes émissions, il n'a jamais été question pour moi de près ou de loin ni de devenir ni de souhaiter être femme. Je n'ai pas eu de désir dans ce sens pour moi-même et j'en ai toujours eu pour des femmes, que j'ai désirées en tant qu'homme — sans pour autant vouloir toutes les posséder. Mais cela m'a rendu compréhensif, tolérant, peu enclin à la violence — c'est peut-être ce qu'il en reste.
Ce style télégraphique pour cause de soirée à la Vaubyessard — forcément à compléter.