Des horaires, des frais, du baratin
Par Berlol, dimanche 13 mai 2007 à 23:33 :: General :: #636 :: rss
Il fait gris. On décidé d'aller tôt au
centre de sport de Shibuya, histoire de se décharger de la
tension d'hier et de la surcharge pondérale. Car il s'agit
bien, oui, de modeler / travailler le corps, comme
l'écrivait Emmanuelle en commentaire
avant-hier. Vers la trentaine, suite à peu de sport et
à beaucoup de chaises et fauteuils en compagnie de livres,
j'avais quelques soucis de dos et le médecin qui voyait
à la radio scoliose et lordose n'envisageait
d'amélioration qu'avec des séances de
kiné. Ce qui ne m'arrangeait pas du tout :
ça fait des déplacements, des horaires, des
frais, du baratin, des relations de dépendance, etc. Et puis
une fois au Japon, comment trouver les soins
équivalents ? Je me suis timidement
tourné vers les salles de sport qui commençaient
à se populariser, c'est-à-dire à
offrir des tarifs raisonnables, sachant qu'avant c'était
pour les riches et que les seuls frais d'inscription étaient
rédhibitoires. Mais pas la piscine (trop toxique pour moi),
ni les cours de studio (trop formatant). Et puis dès le
début, avec un livre — ma sauvegarde, mon signe
d'appartenance à autre chose que cet univers de sueur et de
muscles... Je n'ai pas toujours été
régulier comme maintenant mais déjà
dans les années 90, j'avais constaté de
l'amélioration. Quant au mal de dos, il est
oublié depuis dix ans !
Après l'effort et la toilette, T. et moi déjeunons au restaurant du 9e étage du centre de sport, salade au thon et spaghettis carbonara. Nous constatons, comme on prend chaque fois la même chose, que la salade varie grandement en contenu et en volume selon la personne qui la prépare. Le signalons, puis à la réception en bas aussi, parce que le prix, lui, ne varie pas...
« Leur dispute de mâles matinale prend des prétextes d'adultes, des analyses géopolitiques. Ils défendent leur territoire. Les lacs sont artificiels, mais pas tous, les barrages étroits, les gorges verticales et les sucs ovales, le plateau si long, les éoliennes démesurées, mais combien de filles dans le périmètre.
Julien est en colère, sa glotte descend et remonte. Il est débout face à Joël. Leurs guerres me fatiguent, elles remontent à chaille, du temps des anciens, bien avant le barrage. Les filles ont toujours été habiles à renifler ailleurs, à s'inventer de nouvelles topographies.» (Emmanuelle Pagano, Les Adolescents troglodytes, p. 99)
Déjà que je ne suis pas arrivé à identifier (dans ma mémoire) le roman dont il est question à la page 78, voilà qu'il y a des mots inconnus ! Ceci dit, je suis d'accord, même si je ne crois pas que ce soit vrai...
En fin d'après-midi, après la sieste, je complète le billet resté en souffrance vendredi. Je prépare des billets pour le blog des cours, celui qui n'est pas public, dont je ne donne pas l'adresse, qui a des mots de passe à chaque catégorie et qui ne laisse commenter que les inscrits — tout le contraire d'ici, quoi ! (Et pédagogiquement, ça marche.)
Après l'effort et la toilette, T. et moi déjeunons au restaurant du 9e étage du centre de sport, salade au thon et spaghettis carbonara. Nous constatons, comme on prend chaque fois la même chose, que la salade varie grandement en contenu et en volume selon la personne qui la prépare. Le signalons, puis à la réception en bas aussi, parce que le prix, lui, ne varie pas...
« Leur dispute de mâles matinale prend des prétextes d'adultes, des analyses géopolitiques. Ils défendent leur territoire. Les lacs sont artificiels, mais pas tous, les barrages étroits, les gorges verticales et les sucs ovales, le plateau si long, les éoliennes démesurées, mais combien de filles dans le périmètre.
Julien est en colère, sa glotte descend et remonte. Il est débout face à Joël. Leurs guerres me fatiguent, elles remontent à chaille, du temps des anciens, bien avant le barrage. Les filles ont toujours été habiles à renifler ailleurs, à s'inventer de nouvelles topographies.» (Emmanuelle Pagano, Les Adolescents troglodytes, p. 99)
Déjà que je ne suis pas arrivé à identifier (dans ma mémoire) le roman dont il est question à la page 78, voilà qu'il y a des mots inconnus ! Ceci dit, je suis d'accord, même si je ne crois pas que ce soit vrai...
En fin d'après-midi, après la sieste, je complète le billet resté en souffrance vendredi. Je prépare des billets pour le blog des cours, celui qui n'est pas public, dont je ne donne pas l'adresse, qui a des mots de passe à chaque catégorie et qui ne laisse commenter que les inscrits — tout le contraire d'ici, quoi ! (Et pédagogiquement, ça marche.)
Commentaires
1. Le dimanche 13 mai 2007 à 08:07, par Em :
On peut comprendre ce dont il s'agit sans connaître ou reconnaître ce livre*, non ?
Quand au patois local : tout le monde n'a pas la chance de parler Japonais... Plus sérieusement, des mots me viennent et après je me rends compte que ce n'est pas "du français" (souvent au moment des épreuves, corrigées par un parisien) alors j'essaie de traduire, mais si la traduction française est moins "parlante", je me garde ma langue !
Moi non plus je ne crois pas que ce soit vrai, mais ces filles dans la navette, celles de ce paysage rêvent juste un peu "plus loin" que les garçons.
* "Batailles dans la montagne" de Giono (pp.328 à 331, chap. "un reproducteur de première catégorie", éd. de poche, Folio) et p.80 c'est une allusion à "Notre dame des fleurs" de Genet (p.59, éd. de poche, Folio).
Je comprends ton idée de lire "histoire de ne pas perdre de temps" au centre de sport, moi j'écoute les podcast des radios en faisant le ménage (c'est moins bon pour le dos, mais les centres de sport ou même le kiné sont à chaille...).
Bon, allez, maintenant je n'interviens plus jusqu'à ce que tu le finisses, le bouquin, ça fait bête (je t'aurais bien dit tout ça par mail mais je n'ai pas trouvé ton adresse mail moi non plus... et pourtant moi aussi je tenterai bien la villa Kujoyama, mais je ne crois pas qu'on puisse y aller avec les enfants et d'ailleurs je me demande comment font certains, qui y sont et dont je sais qu'ils ont des enfants en bas âge, 4 mois sans les voir ?!!)
Bonne fin de lecture (couvre toi bien).
2. Le dimanche 13 mai 2007 à 09:30, par christine :
j'aime beaucoup découvrir des mots dans les livres (peut-être parce que ça me rappelle quand j'étais petite et que je les notais soigneusement dans un petit carnet, les mots nouveaux)
moi je connaissais "à chaille" (mes origines dauphinoises!) mais j'avais découvert dans votre livre, Em, qu'un "fayard" n'était pas seulement un éditeur mais aussi un arbre ! ce n'est même pas du patois mais en bonne citadine, je suis nulle en noms d'arbres, ce dont mon papa (né dans la campagne dauphinoise, lui) me fait honte régulièrement !
en revanche, pour prolonger les commentaires d'hier sur le sport, bien que citadine, aller dans une salle de sport pour pédaler sur un vélo, ou pire marcher sur un trottoir roulant (!) m'a toujours semblé être une activité hautement étrange (je n'ose écrire ridicule pour ne pas me montrer vexante) ... même (surtout?) avec un livre
3. Le dimanche 13 mai 2007 à 11:04, par Em :
Oui le fayard est le hêtre. Je connais moi aussi assez mal les arbres, mais j'apprends : ce serait comme ne pas connaître le nom des rues où j'habite... Pour les régionalismes, je suis encore plutôt marquée par ceux du golfe du lion et ceux de l'Aveyron que ceux du Dauphiné et je mélange, je touille...
Il y a quelques jours, regard ahuri d'un élève à qui je demandais de "quicher" dans la poubelle où il jetait quelque chose de volumineux : "et ben appuie pour diminuer le volume !". Il y a quelques années, je disais à une copine que son mec était un "roumègaïre", elle me dit : tu veux dire un "rouscailleur"!?
Mais le plus beau reste cette révélation de ma mère il y a peu en réponse à ceux qui disaient qu'il y avait trop de nature dans mon dernier livre : le mot "nature" est utilisé dans le patois de Aveyron pour désigner le sexe d'une femme.
J'adore découvrir comme vous des mots dans les livres, mais aussi et surtout autour de moi.
Dans le Sud avoir honte c'est se prendre "la care" ("putain la care qu'il s'est prise !") alors que dans le Dauphiné c'est la "latche"... ce qui me fascine c'est que les jeunes les utilisent encore, en font leur propre usage.
Je me régale de les écouter quand ils ne font pas "semblant" (des fois ils copient le langage formaté jeune, et là bof).
4. Le dimanche 13 mai 2007 à 14:37, par Berlol :
C'est à Giono que j'avais pensé en premier ! Je le jure ! Mais je l'ai lu il y a tellement longtemps, mes souvenirs sont à chaille ! (bien sûr, j'adore découvrir des mots, et même en faire, j'ai aussi fait des listes de mots nouveaux, etc. Donc, ce n'était pas reproche... et en effet, le savoir n'est pas nécessaire, mais c'est vanité du lecteur obsessionnel, classification Barthes.)
5. Le dimanche 13 mai 2007 à 16:30, par christine :
ce n'était pas une critique, berlol, juste l'envie de mettre mon grain de sel ... et pour le sport pareil, pas pour critiquer mais juste pour dire que je n'aime pas le sport, et encore moins l'injonction sociale permanente à en faire, et que ça ne va pas s'arranger si dès que j'allume la télé je vois "notre" nouveau président faire du jogging devant les caméras !
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