lundi 14 mai 2007
La constellation où je m'active s'enrichit
Par Berlol, lundi 14 mai 2007 à 23:59 :: General
Au menu du jour et tout en français, deux films, un
écrivain, un restaurant et une chanson.
Avions acheté il y a quelques semaines des billets pour Saint-Jacques... La Mecque (Coline Serreau, 2005) et nous décidons pour ce matin parce que ça va finir dans quelques jours. En route pour Ginza ! Ça me fait repenser à ma sœur qui vient de m'envoyer des photos de mon neveu de deux ans, elle qui a tant aimé Ginza !
Le film nous enchante littéralement. Non que ce soit un chef-d'œuvre mais une distraction pleine de profondeur et de justesse, où la diversité des personnages enfermés ensemble pour le pélerinage du Puy à Saint-Jacques produit de nombreuses péripéties sans tomber dans le grotesque. L'équilibre du vraisemblable tient aussi par des scènes oniriques qui ne font pas clip vidéo. Le thème de l'impossible réconciliation entre frères et sœurs ne laisse pas T. indifférente...
Filons vite (sans passer par la case Dalloyau) pour déjeuner au Saint-Martin, rejoints par un ami. Deux semaines sans mon poulet-frites, je commençais à paniquer. Après avoir raccompagné T. à la maison, je déplie mon vélo, coiffe mon casque et vais au Tower Records de Shinjuku (20 minutes) pour chercher, au 9e étage, des dévédés de films à projeter en cours.
Il y en a beaucoup (ça prend du temps), mais finalement pas tant que ça et pas ceux dont T. a besoin. Tant pis, j'en prends six tout de même, trois récents et trois fils des années 60, dont Cléo de 5 à 7 (A. Varda, 1961), que j'ai déjà en cassette vidéo mais sans les suppléments du dévédé ni les sous-titres en japonais.
De retour — heureusement que je suis assis ! — j'ai un courriel de Jean-Charles Massera qui, ayant remarqué mon intérêt pour ses œuvres, m'envoie quelques nouveautés. J'ignorais qu'il me lisait et j'en reste tout chose — la constellation où je m'active s'enrichit, et je me sens moins seul...
« Chaque jour, nous rencontrons dans ces p’tits magasins à chier ou ces rues où on ne peut même plus mettre un pied devant l’autre, des hommes et des femmes qui souffrent de leur différence économique et sociale. Chaque jour, des responsables politiques, des militants d'associations et d'Organisations Non Gouvernementales, nous disent leur inquiétude, leur désarroi. Celles et ceux qui affrontent ces gros bœufs qu’on trimballe dans des p’tits bus ne savent souvent plus quoi faire. Aujourd’hui, un écart grandit entre celles et ceux qui essayent de s'adapter à ces gros bœufs, de profiter des évolutions technologiques et de la croissance dont bénéficient les pays riches, et une part croissante de la population d’Europe du Nord qu'on trimballe dans des p'tits bus, une population dont la dignité sociale se défait, une population qui a perdu tout idéal. Cet écart nous inquiète. Cet écart nous inquiète parce qu’il interroge toute conscience soucieuse de la dimension humaine de la vie.» (Jean-Charles Massera, Another Way Now pourrait supprimer 2800 villages d'ici cinq ans, joué à Lille l'an dernier)
Dîner avec sashimi de yuba, salade chaude de chou et tofu — T. se surpasse — en regardant un des dévédés achetés tout à l'heure, Mon petit doigt m'a dit... (Pascal Thomas, 2005, d'après Agatha Christie). Excellent, d'humour fin et de références discrètes. Après, on recherche sur YouTube l'air Je crois entendre encore des Pêcheurs de perles de Bizet, qui a une grande importance dans le film, surtout quand Catherine Frot a déjanté, et, comme quelque chose me le disait sans que j'y croie, on trouve l'enregistrement de Caruso... avec une tension dans la voix, voix épaisse par ailleurs, bien meilleure que les autres versions disponibles.
(À compléter, car j'oublie que les mots sont importants et qu'Antoine Volodine est sur Radio Prague ...)
Avions acheté il y a quelques semaines des billets pour Saint-Jacques... La Mecque (Coline Serreau, 2005) et nous décidons pour ce matin parce que ça va finir dans quelques jours. En route pour Ginza ! Ça me fait repenser à ma sœur qui vient de m'envoyer des photos de mon neveu de deux ans, elle qui a tant aimé Ginza !
Le film nous enchante littéralement. Non que ce soit un chef-d'œuvre mais une distraction pleine de profondeur et de justesse, où la diversité des personnages enfermés ensemble pour le pélerinage du Puy à Saint-Jacques produit de nombreuses péripéties sans tomber dans le grotesque. L'équilibre du vraisemblable tient aussi par des scènes oniriques qui ne font pas clip vidéo. Le thème de l'impossible réconciliation entre frères et sœurs ne laisse pas T. indifférente...
Filons vite (sans passer par la case Dalloyau) pour déjeuner au Saint-Martin, rejoints par un ami. Deux semaines sans mon poulet-frites, je commençais à paniquer. Après avoir raccompagné T. à la maison, je déplie mon vélo, coiffe mon casque et vais au Tower Records de Shinjuku (20 minutes) pour chercher, au 9e étage, des dévédés de films à projeter en cours.
Il y en a beaucoup (ça prend du temps), mais finalement pas tant que ça et pas ceux dont T. a besoin. Tant pis, j'en prends six tout de même, trois récents et trois fils des années 60, dont Cléo de 5 à 7 (A. Varda, 1961), que j'ai déjà en cassette vidéo mais sans les suppléments du dévédé ni les sous-titres en japonais.
De retour — heureusement que je suis assis ! — j'ai un courriel de Jean-Charles Massera qui, ayant remarqué mon intérêt pour ses œuvres, m'envoie quelques nouveautés. J'ignorais qu'il me lisait et j'en reste tout chose — la constellation où je m'active s'enrichit, et je me sens moins seul...
« Chaque jour, nous rencontrons dans ces p’tits magasins à chier ou ces rues où on ne peut même plus mettre un pied devant l’autre, des hommes et des femmes qui souffrent de leur différence économique et sociale. Chaque jour, des responsables politiques, des militants d'associations et d'Organisations Non Gouvernementales, nous disent leur inquiétude, leur désarroi. Celles et ceux qui affrontent ces gros bœufs qu’on trimballe dans des p’tits bus ne savent souvent plus quoi faire. Aujourd’hui, un écart grandit entre celles et ceux qui essayent de s'adapter à ces gros bœufs, de profiter des évolutions technologiques et de la croissance dont bénéficient les pays riches, et une part croissante de la population d’Europe du Nord qu'on trimballe dans des p'tits bus, une population dont la dignité sociale se défait, une population qui a perdu tout idéal. Cet écart nous inquiète. Cet écart nous inquiète parce qu’il interroge toute conscience soucieuse de la dimension humaine de la vie.» (Jean-Charles Massera, Another Way Now pourrait supprimer 2800 villages d'ici cinq ans, joué à Lille l'an dernier)
Dîner avec sashimi de yuba, salade chaude de chou et tofu — T. se surpasse — en regardant un des dévédés achetés tout à l'heure, Mon petit doigt m'a dit... (Pascal Thomas, 2005, d'après Agatha Christie). Excellent, d'humour fin et de références discrètes. Après, on recherche sur YouTube l'air Je crois entendre encore des Pêcheurs de perles de Bizet, qui a une grande importance dans le film, surtout quand Catherine Frot a déjanté, et, comme quelque chose me le disait sans que j'y croie, on trouve l'enregistrement de Caruso... avec une tension dans la voix, voix épaisse par ailleurs, bien meilleure que les autres versions disponibles.
(À compléter, car j'oublie que les mots sont importants et qu'Antoine Volodine est sur Radio Prague ...)