Finalement, je ne suis pas très content du billet d'hier. Je n'ai pas réussi à rendre le plaisir de la moisson de dévédés, ni la surprise de joie simple et sans prétention de recevoir un courriel d'un auteur, ni l'insertion de sa citation, qui, bien qu'elle me plaise dans l'absolu, n'a pas d'échos dans le reste du billet, ni surtout notre excitation à rechercher l'air de Bizet. Écrit trop vite, le paragraphe laisse croire que nous savions parfaitement que c'était de Bizet, et des Pêcheurs de perles, alors qu'il n'en était rien. Nous avions juste déjà entendu cet air, T. et moi dans des contextes fort différents, nous en souvenant vaguement et en discutant, ce qui occupa une bonne partie de la soirée. C'est par la recherche des paroles retranscrites que nous en avons trouvé l'origine, puis les interprétations, Caruso me rappelant vaguement des disques de mon père tandis que T. se souvenait de cet air dans le film The Man who Cried, avec Johnny Depp dont elle est fan...
Mais bon, voilà, ça doit arriver de temps en temps, les aléas de la matière. Je me dois plus d'exigence, même si faut pas non plus en faire un fromage... (Là, au moins, j'ai des échos.)

Abymé à la mi-mai.
Le train, la vitesse dans le soleil, les copies corrigées, les deux cours, le ping-pong avec David — et fou-rire de 17h45. Et comme on ne rend pas dignement le flot d'une conversation avec Clotilde, je la passerai sous silence...

C'est d'une durée toute nuit dans l'encre
comme une vision future et des passés
flammèches sans durée ni saisie
énervantes que rien les puisse dire
et pourtant on attend — demain aux ornières
hier aux ravins
d'où de longues fougères qui ont tout leur temps
vous cherchent — des crosses