Énervantes que rien les puisse dire
Par Berlol, mardi 15 mai 2007 à 23:59 :: General :: #638 :: rss
Finalement, je ne suis pas très content du billet d'hier. Je
n'ai pas réussi à rendre le plaisir de la moisson
de dévédés, ni la surprise de joie
simple et sans prétention de recevoir un courriel d'un
auteur, ni l'insertion de sa citation, qui, bien qu'elle me plaise dans
l'absolu, n'a pas d'échos dans le reste du billet, ni
surtout notre excitation à rechercher l'air de Bizet.
Écrit trop vite, le paragraphe laisse croire que nous
savions parfaitement que c'était de Bizet, et des Pêcheurs de perles,
alors qu'il n'en était rien. Nous avions juste
déjà entendu cet air, T. et moi dans des
contextes fort différents, nous en souvenant vaguement et en
discutant, ce qui occupa une bonne partie de la soirée.
C'est par la recherche des paroles retranscrites que nous en avons
trouvé l'origine, puis les interprétations,
Caruso me rappelant vaguement des disques de mon père tandis
que T. se souvenait de cet air dans le film The Man who Cried,
avec Johnny Depp dont elle est fan...
Mais bon, voilà, ça doit arriver de temps en temps, les aléas de la matière. Je me dois plus d'exigence, même si faut pas non plus en faire un fromage... (Là, au moins, j'ai des échos.)
Abymé à la mi-mai.
Le train, la vitesse dans le soleil, les copies corrigées, les deux cours, le ping-pong avec David — et fou-rire de 17h45. Et comme on ne rend pas dignement le flot d'une conversation avec Clotilde, je la passerai sous silence...
C'est d'une durée toute nuit dans l'encre
comme une vision future et des passés
flammèches sans durée ni saisie
énervantes que rien les puisse dire
et pourtant on attend — demain aux ornières
hier aux ravins
d'où de longues fougères qui ont tout leur temps
vous cherchent — des crosses
Mais bon, voilà, ça doit arriver de temps en temps, les aléas de la matière. Je me dois plus d'exigence, même si faut pas non plus en faire un fromage... (Là, au moins, j'ai des échos.)
Abymé à la mi-mai.
Le train, la vitesse dans le soleil, les copies corrigées, les deux cours, le ping-pong avec David — et fou-rire de 17h45. Et comme on ne rend pas dignement le flot d'une conversation avec Clotilde, je la passerai sous silence...
C'est d'une durée toute nuit dans l'encre
comme une vision future et des passés
flammèches sans durée ni saisie
énervantes que rien les puisse dire
et pourtant on attend — demain aux ornières
hier aux ravins
d'où de longues fougères qui ont tout leur temps
vous cherchent — des crosses
Commentaires
1. Le mercredi 16 mai 2007 à 00:39, par claudeb :
Et que fait-on quand on a lu le billet d'aujourd'hui? On relit celui d'hier, à la lumière des carences que tu as décrites. Genre: "Ah oui, c'est vrai, j'avais pas compris qu'ils savaient pas de qui était l'air de Bizet", mais aussi genre: "Il est sévère avec lui-même, on l'a sentie l'exaltation du choix des dvd." Jolie, la technique des aveux pour aiguiser les liens narratifs! En tant que lectrice récente - mais assidue - je tenais juste à ajouter que j'ai compris seulement aujourd'hui que l'illustration du journal littéréticulaire n'était pas une tomate farcie mais un papillon sur une fleur. Pardon. Pardon. Pardon.
2. Le mercredi 16 mai 2007 à 01:39, par brigetoun :
merci pour Jackson et Monks. Hier je suis restée bloquée sur le film, essayant de comprendre pourquoi vous l'aviez aimé
3. Le mercredi 16 mai 2007 à 05:51, par JFP :
dis-donc, c'est tout petit bout de lorgnette, mais je te vois, ens texte toujours impeccablement orthographié, écrire 'abîme' avec 'y', or cru un moment que c'était réputé faux, bien que vu dans maints dictionnaires dont Robert que non, alors quoi? 'y' ou pas 'y' ?
4. Le mercredi 16 mai 2007 à 06:11, par Berlol :
Ben, en fait "abîmé" a le sens de cassé, vieux, etc., tandis que "abymé" a le sens de "mise en abyme", relation spéculaire, miroir de soi ou d'autre chose... Et pis des fois, ça peut jouer sur les deux...
Merci, Claudeb, pour ces justes remarques de la situation aporétique dans laquelle je mets (intentionnellement ?) mes lecteurs. En même temps que je suis sincère sur ce mécontentement de ce que j'avais mal écrit, je vois que ça permet de pousser encore quelque chose de nouveau dans les relations déjà complexes entre l'auteur, le lecteur, le temps et l'interface. Mais il ne faut pas que ça devienne système, non plus. Merci en tout cas de m'avoir signalé votre présence.
Pour mon illustration, qui n'est il est vrai pas très réussie..., il y a une belle page de Jean-Claude Bourdais ici, vous verrez, ça vaut le détour !
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