Avec le David en voiture matinale jusqu'à la gare pour rejoindre l'Alex de Kyoto sur le quai et monter dans le premier train (9h21). La conversation semble accélérer encore notre bolide, si bien que nous sommes rendus à Tokyo comme si c'était la station de métro suivante. Divers sujets sérieux ont été épuisés et laissés pour morts dans le wagon (collègues, cours, postes, élections et MouDem) et on en est — hilares — au jeu des car... Des mots qui commencent par car... et qui donnent l'occasion de jeux vaseux et vulgaires, du type carpette, je te la carre et ça te la pète. Il y a beaucoup de possibilités : carrefour, Karpov, etc.

On se calme un peu pour déjeuner au Saint-Martin avec T. qui sort de chez le coiffeur — poulets-frites des voyageurs. Puis on se sépare, les deux compères vont au congrès de l'association de pédagogie (en laquelle je ne crois plus), à l'université Meiji, tandis que T. et moi rentrons chez nous pour chronométrer l'intervention de T. demain et fignoler les liens web qui l'accompagneront.

Comprenne qui pourra... [Canapé flaubertible]
1  I, 2| ne pas vouloir porter de flanelle !~
2 II, 5| sapin qu'une camisole de flanelle ! Il a fait tant de bamboches
3 II, 8| vieilles ganaches en gilet de flanelle, et de bigotes à chaufferette
4 II, 11| et je ne porte pas de flanelle, je n'attrape aucun rhume,
5 III, 11| il retirait son gilet de flanelle, madame Homais restait,
Il s'agit bien sûr d'un copier-coller de la concordance du mot « flanelle » dans Madame Bovary, telle que la restitue le site IntraText. Chaque lien mène directement à la page de texte, pour les références à gauche, ou à la concordance d'un autre terme, pour les mots hyperliés. Le choix de ce mot, s'il n'est pas en rapport direct avec le cours en préparation pour demain matin, n'est pas dû au hasard. À l'instar des chapeaux, dont il nous manque une liste d'hyponymes en situation, la flanelle est, en une vedette économique, un marqueur des ridicules bourgeois contre lesquels Flaubert vitupère dans les marges des brouillons, même quand il n'en reste rien ou presque à la version finale.

Je vois bien la composition du gouvernement et le piège séduisant de se dire que finalement ça n'est peut-être pas si mal, je vois bien les médias qui jouent de la flûte aux politiques qui jouent de la flûte aux médias qui etc., je vois bien le courage de ceux qui ont traversé en vedette la rivière séparant le PS du clos Fillon — et qui devront peut-être le retraverser à la nage un jour d'hiver et de congères. Mais ça ne m'impressionne pas. C'est un défilé de mode qui administre une camisole chimique à des téléphages. Je retourne à ma haine d'Yonville...