Camisole de flanelle
Par Berlol, vendredi 18 mai 2007 à 23:25 :: General :: #642 :: rss
Avec le David en voiture matinale jusqu'à la gare pour
rejoindre l'Alex de Kyoto sur le quai et monter dans le premier train
(9h21). La conversation semble accélérer encore
notre bolide, si bien que nous sommes rendus à Tokyo comme
si c'était la station de métro suivante. Divers
sujets sérieux ont été
épuisés et laissés pour morts dans le
wagon (collègues, cours, postes, élections et MouDem)
et on en est — hilares — au jeu des car...
Des mots qui commencent par car... et qui donnent
l'occasion de jeux vaseux et vulgaires, du type carpette, je
te la carre et ça te la pète. Il y a
beaucoup de possibilités : carrefour, Karpov, etc.
On se calme un peu pour déjeuner au Saint-Martin avec T. qui sort de chez le coiffeur — poulets-frites des voyageurs. Puis on se sépare, les deux compères vont au congrès de l'association de pédagogie (en laquelle je ne crois plus), à l'université Meiji, tandis que T. et moi rentrons chez nous pour chronométrer l'intervention de T. demain et fignoler les liens web qui l'accompagneront.
Comprenne qui pourra... [Canapé flaubertible]
Je vois bien la composition du gouvernement et le piège séduisant de se dire que finalement ça n'est peut-être pas si mal, je vois bien les médias qui jouent de la flûte aux politiques qui jouent de la flûte aux médias qui etc., je vois bien le courage de ceux qui ont traversé en vedette la rivière séparant le PS du clos Fillon — et qui devront peut-être le retraverser à la nage un jour d'hiver et de congères. Mais ça ne m'impressionne pas. C'est un défilé de mode qui administre une camisole chimique à des téléphages. Je retourne à ma haine d'Yonville...
On se calme un peu pour déjeuner au Saint-Martin avec T. qui sort de chez le coiffeur — poulets-frites des voyageurs. Puis on se sépare, les deux compères vont au congrès de l'association de pédagogie (en laquelle je ne crois plus), à l'université Meiji, tandis que T. et moi rentrons chez nous pour chronométrer l'intervention de T. demain et fignoler les liens web qui l'accompagneront.
Comprenne qui pourra... [Canapé flaubertible]
1 I, 2| ne pas vouloir porter de flanelle !~Il s'agit bien sûr d'un copier-coller de la concordance du mot « flanelle » dans Madame Bovary, telle que la restitue le site IntraText. Chaque lien mène directement à la page de texte, pour les références à gauche, ou à la concordance d'un autre terme, pour les mots hyperliés. Le choix de ce mot, s'il n'est pas en rapport direct avec le cours en préparation pour demain matin, n'est pas dû au hasard. À l'instar des chapeaux, dont il nous manque une liste d'hyponymes en situation, la flanelle est, en une vedette économique, un marqueur des ridicules bourgeois contre lesquels Flaubert vitupère dans les marges des brouillons, même quand il n'en reste rien ou presque à la version finale.
2 II, 5| sapin qu'une camisole de flanelle ! Il a fait tant de bamboches
3 II, 8| vieilles ganaches en gilet de flanelle, et de bigotes à chaufferette
4 II, 11| et je ne porte pas de flanelle, je n'attrape aucun rhume,
5 III, 11| il retirait son gilet de flanelle, madame Homais restait,
Je vois bien la composition du gouvernement et le piège séduisant de se dire que finalement ça n'est peut-être pas si mal, je vois bien les médias qui jouent de la flûte aux politiques qui jouent de la flûte aux médias qui etc., je vois bien le courage de ceux qui ont traversé en vedette la rivière séparant le PS du clos Fillon — et qui devront peut-être le retraverser à la nage un jour d'hiver et de congères. Mais ça ne m'impressionne pas. C'est un défilé de mode qui administre une camisole chimique à des téléphages. Je retourne à ma haine d'Yonville...
Commentaires
1. Le vendredi 18 mai 2007 à 13:39, par jcb :
Flaubert, toujours Flaubert...
N'oublie pas pas Léo ferré ( "La vie est là, avec ses poumons de flanelle..."
2. Le vendredi 18 mai 2007 à 15:12, par Berlol :
Ah, c'est beau, ce mot de Ferré ! En fait, la flanelle court dans tout Flaubert, jusqu'à Bouvard et Pécuchet... ce dernier criant comme une victoire le fait d'avoir ôté la sienne sur le conseil de son nouvel ami (alors qu'il fait plus de 30 degrés dans Paris — c'est dire le carcan des usages et de la morale bourgeois d'alors contre le corps).
3. Le vendredi 18 mai 2007 à 20:04, par alain :
"...ah ! à propos si vous allez à Londres, est-ce que vous ne pourriez pas choisir une flanelle pour moi. J'en voudrais une... euh... marron ou bleue, avec des rayures blanches. Je crois qu'il n'y a pas de secrets en flanelle, c'est purement une question de prix. Est-ce que vous pouvez m'avancer l'argent ? Je vous rembourserai dès que je pourrai. Je voudrais un costume comme ça, ce genre de costume qui fait croire à la plupart des gens qui n'y connaissent rien que ceux qui les portent ont une élégance naturelle... Ils attribuent à la personne l'élégance qui appartient au costume. Alors tout se confond... Mike Jagger, René Biaggi..." dit Alexandre, dans La Maman et la Putain.
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