Honneur à Makoto ! (T. appelle affectueusement son père par son prénom — ce qui me fait encore ressouvenir de paroles de Pierre Pachet hier...)

Très beau temps — trop beau pour aller au Congrès (dernier jour). Trop beau même pour le centre de sport. Idée lumineuse : sortir les vélos ! Et enfiler les costumes spéciaux (avec casque, pour moi). Comme toujours le dimanche, la circulation dans le centre est digne d'une lointaine province (alors que les habitants s'entassent sur les autoroutes extérieures). Parcours classique au début, de Kudanshita à Hibiya, par les avenues réservées aux vélos, puis jusqu'à Shimbashi, mais au lieu de revenir sur Ginza, nous obliquons vers Shiodome, faire découvrir à T. les nouvelles tours du front de mer, que j'avais vues avec nos invités de l'hiver, puis au marché au poisson de Tsukiji, fermé le dimanche comme il l'était déjà le 2 janvier, Tsukishima où nous déjeunons de monja-yaki (une première pour moi qui apprécie peu l'apparence de ces préparations mais finalement, ce n'est pas si mal) et où T. m'offre un T-shirt on ne peut plus local.
Retour par Nihombashi — arrêt au Mandarin Oriental pour quelques gâteaux à la très belle boutique et s'offrir le luxe de traverser un des hôtels 6 étoiles les plus chers du Japon (devant les voitures en attente, T. demande au groom où l'on rangerait les vélos — eh bien, ils seront considérés comme des bagages, répond-il très gentiment).

Thé, un gâteau, du repos et un bain. Nous nous préparons pour sortir bien habillés. À l'Ambassade de France, invitation des participants aux deux congrès. C'est la reprise d'une tradition, semble-t-il, qui avait cessé il y a quelques années (5 ou 6 ?). Notre ambassadeur, Gildas Le Lidec, est motivé et motivant, il accueille chaleureusement la soixantaine de personnes qui ont répondu à son invitation (sur plusieurs centaines qui étaient aux congrès ces trois derniers jours) et prononce un discours engagé, presque militant pour un rapprochement franco-japonais dans lequel l'enseignement n'est pas oublié — ce qui nous change agréablement du précédent ambassadeur, qui nous tenait pour epsilon et ne frayait qu'avec les milieux d'affaires (je ne trahis rien, c'est connu).
T. et moi sommes heureux de voir Laurence et Christian ensemble, Sophie me donne un disque d'Errances, groupe de rock qu'elle invite à l'automne, Bernard Cerquiglini me prie de donner le bonjour à Henri Béhar, et d'autres collègues avec lesquels j'ai plaisir à discuter entre deux bouchées soustraites aux plateaux qui passent et repassent, comme avec cet éminent proustien que j'interroge pour savoir s'il existera un jour pour Proust quelque chose comme le site des manuscrits de Madame Bovary à l'Université de Rouen — et qui me promet qu'un projet est en route.