Encore une journée merveilleuse (météo). Malgré trois cours (qui se passent bien, mais ça fatigue).

En lisant en pédalant.
Enfin au centre de sport ! Je pédale quarante minutes, haletant de sueur et de neige, puis sur la machine des marches, puis sur celle des abdominaux, forçant moi aussi la porte de la grotte...
« Je sais pas ce qui m'arrive, je me sens chargée de nostalgie, une nostalgie pas belle à voir, aigre, exiguë. Je me replie. Je me sens menacée, épiée, mise de côté. Je me sens aussi mal qu'avec mon ancien corps, comme si je pouvais être mal dans mon paysage. C'est n'importe quoi.
Mon frère m'a dit que les micro-minages créent des faiblesses dans la roche, que la travailler la rend instable, et que pourtant il faut le faire pour la consolider. Il m'a dit qu'en confortant les falaises on ne fait que retarder ou maîtriser à peu près l'effondrement, parce que tout surveiller prendrait trop de temps, ils s'acharnent des mois, un an, sur le même bloc, et à leur fatigue s'ajoute les limites du budget départemental.» (Emmanuelle Pagano, Les Adolescents troglodytes, p. 174)
Le malaise répété par le texte sur une vingtaine de pages était bien prémonitoire. Depuis « Je change de radio » (p. 152) et l'écoute d'une répétition d'orchestre qui ne peut pas ne pas être aussi la mise en abyme d'un collectif à gérer, je suis attentif à tous les processus narrés. Or celui des micro-minages est particulièrement intéressant lorsqu'on le considère en même temps comme une technique d'écriture. Le texte a des confortements, des encorbellements, mais qui vont tout de même vers un effondrement.
Superbe ! Félicitations ! Il me reste encore quelques pages pour tout à l'heure, et emporter la fin de l'histoire dans mon sommeil...

En dînant en écoutant.
Excellente édition de Ce soir ou Jamais ! Pas celle de mardi, tout juste moyenne, mais celle du 16 mai, que j'écoute presque deux fois tant il s'y dit de choses intéressantes sur le sarkozysme naissant, inspiré de Mazarin et plus encore de Nicolas Machiavel. Il a également été plusieurs fois question de Bernard Kouchner, accusé d'opportunisme.

« Madame Merkel, elle aurait été sur le yacht de M. Bolloré, elle aurait dû démissionner tout de suite ! » (Edwy Plenel)
« Droite décomplexée, c'est droite dominatrice et droite brutale.» (Alain de Benoist)
« On joue sur le vieillissement de la population. [...] Le cœur de son électorat, c'est plutôt la maison de retraite d'un gros bourg de province. Et c'est ni la Marseillaise ni le Chant des partisans, sa chanson ; l'hymne républicain de Sarkozy, c'est la Danse des canards (Philippe Corcuff)
« Ça nous promet une belle présidence de parvenus et de nouveaux riches. C'est le Second Empire. Relisons le 18 Brumaire de Louis-Napoléon Bonaparte, et puis tous ces gens autour de Louis-Napoléon qui vont faire la fête impériale, etc., etc. Ça nous promet de bons moments dans le genre de la France qui se couche tard, et qui va rencontrer la France qui se lève tôt, sans doute dans le métro le matin...» [...] « Je ne me repens de rien.» (Daniel Lindenberg)
« Médias partout, infos nulle part.» (récent slogan anti-Sarkozy rappelé par Edwy Plenel)
La victoire de Sarkozy est une chance pour la gauche... (dit à peu près en ces termes par Dominique Wolton et Edwy Plenel.)