Haletant de sueur et de neige
Par Berlol, jeudi 24 mai 2007 à 23:34 :: General :: #648 :: rss
Encore une journée merveilleuse
(météo). Malgré trois cours (qui se
passent bien, mais ça fatigue).
En lisant en pédalant.
Enfin au centre de sport ! Je pédale quarante minutes, haletant de sueur et de neige, puis sur la machine des marches, puis sur celle des abdominaux, forçant moi aussi la porte de la grotte...
« Je sais pas ce qui m'arrive, je me sens chargée de nostalgie, une nostalgie pas belle à voir, aigre, exiguë. Je me replie. Je me sens menacée, épiée, mise de côté. Je me sens aussi mal qu'avec mon ancien corps, comme si je pouvais être mal dans mon paysage. C'est n'importe quoi.
Mon frère m'a dit que les micro-minages créent des faiblesses dans la roche, que la travailler la rend instable, et que pourtant il faut le faire pour la consolider. Il m'a dit qu'en confortant les falaises on ne fait que retarder ou maîtriser à peu près l'effondrement, parce que tout surveiller prendrait trop de temps, ils s'acharnent des mois, un an, sur le même bloc, et à leur fatigue s'ajoute les limites du budget départemental.» (Emmanuelle Pagano, Les Adolescents troglodytes, p. 174)
Le malaise répété par le texte sur une vingtaine de pages était bien prémonitoire. Depuis « Je change de radio » (p. 152) et l'écoute d'une répétition d'orchestre qui ne peut pas ne pas être aussi la mise en abyme d'un collectif à gérer, je suis attentif à tous les processus narrés. Or celui des micro-minages est particulièrement intéressant lorsqu'on le considère en même temps comme une technique d'écriture. Le texte a des confortements, des encorbellements, mais qui vont tout de même vers un effondrement.
Superbe ! Félicitations ! Il me reste encore quelques pages pour tout à l'heure, et emporter la fin de l'histoire dans mon sommeil...
En dînant en écoutant.
Excellente édition de Ce soir ou Jamais ! Pas celle de mardi, tout juste moyenne, mais celle du 16 mai, que j'écoute presque deux fois tant il s'y dit de choses intéressantes sur le sarkozysme naissant, inspiré de Mazarin et plus encore de Nicolas Machiavel. Il a également été plusieurs fois question de Bernard Kouchner, accusé d'opportunisme.
« Madame Merkel, elle aurait été sur le yacht de M. Bolloré, elle aurait dû démissionner tout de suite ! » (Edwy Plenel)
« Droite décomplexée, c'est droite dominatrice et droite brutale.» (Alain de Benoist)
« On joue sur le vieillissement de la population. [...] Le cœur de son électorat, c'est plutôt la maison de retraite d'un gros bourg de province. Et c'est ni la Marseillaise ni le Chant des partisans, sa chanson ; l'hymne républicain de Sarkozy, c'est la Danse des canards.» (Philippe Corcuff)
« Ça nous promet une belle présidence de parvenus et de nouveaux riches. C'est le Second Empire. Relisons le 18 Brumaire de Louis-Napoléon Bonaparte, et puis tous ces gens autour de Louis-Napoléon qui vont faire la fête impériale, etc., etc. Ça nous promet de bons moments dans le genre de la France qui se couche tard, et qui va rencontrer la France qui se lève tôt, sans doute dans le métro le matin...» [...] « Je ne me repens de rien.» (Daniel Lindenberg)
« Médias partout, infos nulle part.» (récent slogan anti-Sarkozy rappelé par Edwy Plenel)
La victoire de Sarkozy est une chance pour la gauche... (dit à peu près en ces termes par Dominique Wolton et Edwy Plenel.)
En lisant en pédalant.
Enfin au centre de sport ! Je pédale quarante minutes, haletant de sueur et de neige, puis sur la machine des marches, puis sur celle des abdominaux, forçant moi aussi la porte de la grotte...
« Je sais pas ce qui m'arrive, je me sens chargée de nostalgie, une nostalgie pas belle à voir, aigre, exiguë. Je me replie. Je me sens menacée, épiée, mise de côté. Je me sens aussi mal qu'avec mon ancien corps, comme si je pouvais être mal dans mon paysage. C'est n'importe quoi.
Mon frère m'a dit que les micro-minages créent des faiblesses dans la roche, que la travailler la rend instable, et que pourtant il faut le faire pour la consolider. Il m'a dit qu'en confortant les falaises on ne fait que retarder ou maîtriser à peu près l'effondrement, parce que tout surveiller prendrait trop de temps, ils s'acharnent des mois, un an, sur le même bloc, et à leur fatigue s'ajoute les limites du budget départemental.» (Emmanuelle Pagano, Les Adolescents troglodytes, p. 174)
Le malaise répété par le texte sur une vingtaine de pages était bien prémonitoire. Depuis « Je change de radio » (p. 152) et l'écoute d'une répétition d'orchestre qui ne peut pas ne pas être aussi la mise en abyme d'un collectif à gérer, je suis attentif à tous les processus narrés. Or celui des micro-minages est particulièrement intéressant lorsqu'on le considère en même temps comme une technique d'écriture. Le texte a des confortements, des encorbellements, mais qui vont tout de même vers un effondrement.
Superbe ! Félicitations ! Il me reste encore quelques pages pour tout à l'heure, et emporter la fin de l'histoire dans mon sommeil...
En dînant en écoutant.
Excellente édition de Ce soir ou Jamais ! Pas celle de mardi, tout juste moyenne, mais celle du 16 mai, que j'écoute presque deux fois tant il s'y dit de choses intéressantes sur le sarkozysme naissant, inspiré de Mazarin et plus encore de Nicolas Machiavel. Il a également été plusieurs fois question de Bernard Kouchner, accusé d'opportunisme.
« Madame Merkel, elle aurait été sur le yacht de M. Bolloré, elle aurait dû démissionner tout de suite ! » (Edwy Plenel)
« Droite décomplexée, c'est droite dominatrice et droite brutale.» (Alain de Benoist)
« On joue sur le vieillissement de la population. [...] Le cœur de son électorat, c'est plutôt la maison de retraite d'un gros bourg de province. Et c'est ni la Marseillaise ni le Chant des partisans, sa chanson ; l'hymne républicain de Sarkozy, c'est la Danse des canards.» (Philippe Corcuff)
« Ça nous promet une belle présidence de parvenus et de nouveaux riches. C'est le Second Empire. Relisons le 18 Brumaire de Louis-Napoléon Bonaparte, et puis tous ces gens autour de Louis-Napoléon qui vont faire la fête impériale, etc., etc. Ça nous promet de bons moments dans le genre de la France qui se couche tard, et qui va rencontrer la France qui se lève tôt, sans doute dans le métro le matin...» [...] « Je ne me repens de rien.» (Daniel Lindenberg)
« Médias partout, infos nulle part.» (récent slogan anti-Sarkozy rappelé par Edwy Plenel)
La victoire de Sarkozy est une chance pour la gauche... (dit à peu près en ces termes par Dominique Wolton et Edwy Plenel.)
Commentaires
1. Le jeudi 24 mai 2007 à 11:47, par brigetoun :
et me voilà fulminante une fois de plus. Zut pour les retraités de province, et les jeunes loups aux dents longues alors ! Cette manie des journalistes de nous mettre tous dans des cases. Bon je sais c'est un détail sans importance mais ça m'agaaaaace
2. Le jeudi 24 mai 2007 à 12:37, par christine :
ne fulminez pas, brigetoun, cela veut dire que vous faites partie d'une minorité atypique (ce qui est plutôt flatteur) ... alors que moi dans ma tranche d'âge et d'activité fonctionnaire et culturelle j'ai voté de manière désespérément conforme (ce qui est vexant) mais tout même minoritaire au final (ce qui est navrant) !
3. Le jeudi 24 mai 2007 à 15:30, par Bikun :
Que le nouveau gouvernement donne l'image d'une France qui veut gagner certes, je crois que n'importe quel mortel ne souhaite qu'une chose c'est améliorer sa condition. Mon souci est plutôt que cette droite et ce qu'elle représente c'est l'argent pour l'argent, et basta du reste. Personnellement je trouve qu'on devrait maintenant dépasser le simple discours droite-gauche, on a surtout besoin de "spécialistes" pour régler les problèmes et que si nos "experts" politiques s'attaquaient aux projets plutôt qu'à leurs ambitions, on avancerait mieux. La gauche est autant pourrie que la droite, y'a qu'à voir le bouquin qui vient de sortir sur le couple Royal-Hollande...à moins que ce ne soit qu'un tissu de mensonges la encore. Mais a qui faire confiance maintenant?
4. Le jeudi 24 mai 2007 à 16:01, par Berlol :
"À qui faire confiance ?" est en effet la question de base en politique. Comme chacun des citoyens a des désirs et volontés différents de ceux de son voisin, l'homo politicus doit inspirer confiance à une majorité d'individus dont il prétend pouvoir satisfaire une majorité de désirs et de volontés... qu'il ne connaît que sommairement — quand il s'en enquiert, ce qui est rarement le cas : ce sont plutôt les gens qui adaptent leurs desideratas aux promesses d'un candidat en croyant — se faisant croire à eux-mêmes — que ça correspond, se leurrant donc eux-mêmes, la plupart du temps. De plus, dès qu'il est au pouvoir, les contraintes et les acteurs dominants de la vie économique et sociale ont tendance à prendre le dessus, quand ce ne sont pas les pulsions profondes que le pouvoir libère...
Que Brigetoun m'excuse, mais Philippe Corcuff n'est pas journaliste. C'est un sociologue de renom dont les travaux devraient inspirer confiance...
5. Le jeudi 24 mai 2007 à 16:39, par Bikun :
Belle réponse Berlol...me donne franchement l'impression de vivre dans une matrice! Alors, the blue pill or the red pill?!!
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