Quand c'est tard, c'est plus difficile. Et là, il est tard (minuit). Parce que si c'est tard que je m'y mets, c'est qu'il s'est passé pas mal de choses, surtout en soirée. Et donc qu'il y aurait à dire. Mais comme c'est tard, justement, ça laisse peu de temps pour écrire. Surtout quand le lendemain est un jeudi, avec trois cours, et encore plus spécial demain. Mais on verra ça demain.
Pour aujourd'hui, il y avait un cours ce matin, avec de la phonétique dedans, comme « ça m'est égal mais c'est pas légal » en phonétique et les étudiants doivent découvrir ce que c'est en français, un quart seulement faisant bien la différence entre égal et légal, mais aucun ne connaissant l'expression être égal : ça m'est égal, ça vous est égal ?... Suivi d'un texte dans lequel il faut mettre les pauses de lecture avant de choisir les liaisons et les enchaînements à faire. Près d'un mois qu'on répète ce genre de choses tous les mercredis et ça commence à rentrer, de même que l'alphabet phonétique.

Après, je n'ai pas déjeuné (gros petit déjeuner), j'ai fait du courrier, une demi-heure de sieste puis suis parti au centre de sport pour transpirer (beaucoup, aujourd'hui, je ne sais pas pourquoi) et lire Riz noir, quelques dizaines de pages sur les événements de 1968 au Vietnam.

Jour de lilas. On voit de loin des nuages de points blancs et leur parfum suit. C'est la semaine. Ça me renvoie très loin en arrière, cette odeur ; je ne sais pas où, mais je sens le mouvement vers un tout petit garçon... J'en ai piqué une branche en revenant avec Andreas récupérer nos vélos.
— Et d'où revenait-on ?
— Eh bien, de dîner !
Au Tiger Café, à Sakae, avec Sophie et Benoît. Andreas et moi avions quitté la fac avant 7 heures, rejoint Benoît à l'Alliance française où l'on a pu saluer la représentante de TV5 Monde pour le Japon (audible à la fin de l'atelier du congrès, le 19 mai), puis rallié le restaurant après avoir traversé l'Oasis...
Sophie est arrivée vers 8 heures, venant d'un autre coin de la ville, souriante et franche comme la première fois que je l'ai vue, il y a plus d'un an. La conversation était principalement en anglais, ce qui n'est fatigant qu'avant le deuxième verre. Mais de quoi a-t-on parlé ? Je me souviens qu'il a été question des accents en France et en Allemagne, de l'importance qu'ils avaient en Allemagne plus qu'en France. Je me souviens qu'on a parlé de la chaleur d'été et du fait qu'on semblait l'apprécier plus que les Japonais eux-mêmes. Un peu de nos étudiants et de nos établissements, mais pas tellement, en fait. Je me souviens aussi qu'on a commenté les plats et les desserts, qui étaient tous très bien (salade niçoise et agneau, suivis d'un gâteau au fromage, pour moi). Et puis des choses plus personnelles qui n'ont pas leur place ici, oui, je m'en souviens.
Maintenant, j'ai devant moi un vase d'ikebana dans lequel j'ai mis ma branche de lilas. Et sa présence et son parfum sont sans doute en train de fixer ensemble dans ma mémoire les souvenirs de ce soir. Un 30 mai. Ils n'ont pas tous été aussi agréables que celui-ci, les 30 mai...