Son sourire insolent
Par Berlol, jeudi 31 mai 2007 à 07:18 :: General :: #655 :: rss
Sans Jean-Claude Brialy, la vie sera moins belle.
Pour moi, c'est sûr. Je l'ai toujours connu, je l'ai toujours
vu dans des films, il a toujours été
là, pas très loin, devant ou derrière
l'écran, avec son sourire insolent, pour me dire que tout
ça, c'était pas grave...
Au dernier de mes trois cours, le séminaire de cinéma, je propose aux étudiants de regarder en détail quelques séquences de La vie est un long fleuve tranquille (vu en entier les deux séances précédentes), quand l'infirmière Josette rabat son voile noir sur son visage, écrit nuitamment les trois lettres vengeresses — et comment ces lettres sont lues par leurs destinataires : le médecin (Daniel Gélin magistral dans le plan-culte de « la salope ! »), Madame Le Quesnoy (vomissant, défigurée devant ses enfants alignés dans l'ordre de grandeur (comme les Dalton)) et chez les Groseille (tour de table inquiétant avant que Maurice ne propose de se faire de l'argent avec ça). Ainsi voit-on l'usage de la voix off (ou voix hors-champ) et du flash-back, procédés déjà repérés dans Vipère au poing, mais utilisés autrement par Chatiliez, ainsi que la diversité de réception d'une même nouvelle selon le milieu. On remarque que les séquences sont plutôt faites de plans fixes montés ensembles que de mouvements de caméra. Les étudiants n'avaient apparemment jamais eu ce type de regard sur un film...
Après quoi, je file prendre un shinkansen — c'est ça qui est spécial, aujourd'hui...
Mais au bout d'une demi-heure, le train s'arrête en gare de Hamamatsucho, ce qui n'est pas prévu, et l'on annonce que de fortes pluies ont stoppé les trains devant nous. J'échange avec T., par téléphone portable, quelques messages, et j'appelle nos hôtes de ce soir pour prévenir de notre retard, qui sera d'une quarantaine de minutes (c'était la fin d'un gros orage, mais je crois que mon collègue Andreas, parti plus d'une heure avant moi est resté bloqué plus longtemps du côté de Mishima).
Je retrouve T. à la gare de Shinagawa, magnifique dans sa robe en soie. Montons dans un taxi qui fend les eaux...
En l'honneur de notre amie Marguerite,
revenue quelques jours à Tokyo avec son mari, l'ambassadeur
des Pays-Bas et son épouse nous ont
invités à dîner chez eux avec d'autres
amis, dont quelques-uns du groupe de l'Argo. L'ambassade se
situe près de la Tour de Tokyo,
précisément dans une des rues où je
suis passé quand j'étais en avance pour
déjeuner avec Manu il y a trois semaines —
j'avais même fait quelques photos depuis ce trottoir (sans
savoir, c'était avant l'invitation).
Dans le parc, c'est une maison assez européenne que l'on découvre, avec colonnades et boiseries, hauts plafonds à moulage et lustres en verrerie, une grande table avec des candélabres, autour de laquelle, selon ma recommandation téléphonique, on avait déjà — mais à peine — commencé de dîner. Tout sourire, on nous place ironiquement aux deux extrémités, comme si nous trônions. Rapidement, les présentations et la discussion générale nous intègrent...
Saumon fumé façon tartare, asperges sauvages || Langoustines poêlée au risotto croustillant, émulsion de carotte || Pièce de bœuf japonais rôti, marmelade d'oignons et légumes de saison || Mousse d'épices, figue pochée au Côtes du Ventoux || Chablis 1er Cru 2004 "Montmains" || St Émilion Grand Cru 2000 "Château du Basque" — tel est le menu imprimé près de mon assiette et que je glisse dans ma poche.
Cuisine légère et raffinée, conversations allant sans fards de Sarkozy à Bocuse et de l'Australie au Liban, café sous la véranda en écoutant — encore — la pluie tomber, promesses de revoirs et échanges de cartes de visites quand il se fait tard. Devoir de réserve sur l'identité des convives.
Au dernier de mes trois cours, le séminaire de cinéma, je propose aux étudiants de regarder en détail quelques séquences de La vie est un long fleuve tranquille (vu en entier les deux séances précédentes), quand l'infirmière Josette rabat son voile noir sur son visage, écrit nuitamment les trois lettres vengeresses — et comment ces lettres sont lues par leurs destinataires : le médecin (Daniel Gélin magistral dans le plan-culte de « la salope ! »), Madame Le Quesnoy (vomissant, défigurée devant ses enfants alignés dans l'ordre de grandeur (comme les Dalton)) et chez les Groseille (tour de table inquiétant avant que Maurice ne propose de se faire de l'argent avec ça). Ainsi voit-on l'usage de la voix off (ou voix hors-champ) et du flash-back, procédés déjà repérés dans Vipère au poing, mais utilisés autrement par Chatiliez, ainsi que la diversité de réception d'une même nouvelle selon le milieu. On remarque que les séquences sont plutôt faites de plans fixes montés ensembles que de mouvements de caméra. Les étudiants n'avaient apparemment jamais eu ce type de regard sur un film...
Après quoi, je file prendre un shinkansen — c'est ça qui est spécial, aujourd'hui...
Mais au bout d'une demi-heure, le train s'arrête en gare de Hamamatsucho, ce qui n'est pas prévu, et l'on annonce que de fortes pluies ont stoppé les trains devant nous. J'échange avec T., par téléphone portable, quelques messages, et j'appelle nos hôtes de ce soir pour prévenir de notre retard, qui sera d'une quarantaine de minutes (c'était la fin d'un gros orage, mais je crois que mon collègue Andreas, parti plus d'une heure avant moi est resté bloqué plus longtemps du côté de Mishima).
Je retrouve T. à la gare de Shinagawa, magnifique dans sa robe en soie. Montons dans un taxi qui fend les eaux...
En l'honneur de notre amie Marguerite,
revenue quelques jours à Tokyo avec son mari, l'ambassadeur
des Pays-Bas et son épouse nous ont
invités à dîner chez eux avec d'autres
amis, dont quelques-uns du groupe de l'Argo. L'ambassade se
situe près de la Tour de Tokyo,
précisément dans une des rues où je
suis passé quand j'étais en avance pour
déjeuner avec Manu il y a trois semaines —
j'avais même fait quelques photos depuis ce trottoir (sans
savoir, c'était avant l'invitation).Dans le parc, c'est une maison assez européenne que l'on découvre, avec colonnades et boiseries, hauts plafonds à moulage et lustres en verrerie, une grande table avec des candélabres, autour de laquelle, selon ma recommandation téléphonique, on avait déjà — mais à peine — commencé de dîner. Tout sourire, on nous place ironiquement aux deux extrémités, comme si nous trônions. Rapidement, les présentations et la discussion générale nous intègrent...
Saumon fumé façon tartare, asperges sauvages || Langoustines poêlée au risotto croustillant, émulsion de carotte || Pièce de bœuf japonais rôti, marmelade d'oignons et légumes de saison || Mousse d'épices, figue pochée au Côtes du Ventoux || Chablis 1er Cru 2004 "Montmains" || St Émilion Grand Cru 2000 "Château du Basque" — tel est le menu imprimé près de mon assiette et que je glisse dans ma poche.
Cuisine légère et raffinée, conversations allant sans fards de Sarkozy à Bocuse et de l'Australie au Liban, café sous la véranda en écoutant — encore — la pluie tomber, promesses de revoirs et échanges de cartes de visites quand il se fait tard. Devoir de réserve sur l'identité des convives.
Commentaires
1. Le mercredi 30 mai 2007 à 21:34, par m sonnet :
Zut alors, j'apprends ça ici : Claire, plus personne pour lui caresser le genou ? la journée va être dure
2. Le mercredi 30 mai 2007 à 22:20, par ck :
Plus personne non plus pour lui rendre hommage, à la radio. Il aurait pu dire : "je me suis vu encore hier, j'avais un talent fou, un homme exquis. Ma mort a surpris tout le monde."
Me rappelle la vieille dame qui lisait ses mémoires, au Poulguin. Je revois la maman de ma tante, dans sa chaise longue qui gitait, à cause de la cour en pente. Je trouvais ça bizarre de lire ça, mais au fond, il faisait rêver, le beau serge.
3. Le mercredi 30 mai 2007 à 23:52, par brigetoun :
si depuis ce matin j'ai entendu parler de lui lors de chaque journal de France Inter. Et suis navrée, pas tellement pour l'acteur et le directeur de théâtre, mais en tant qu'ancienne voisine, pour les relations simples et courtoises avec lui ou Reggiani. Anti Hallyday ou autres. Un ancien monde
4. Le mercredi 30 mai 2007 à 23:54, par brigetoun :
tiens je n'avais pas lu - salut le Poulguin - ai vu une habitante un peu cassée à Montélimar ces jours ci
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