Hier en déjeunant (je m'en suis rappelé ce matin), je regardais Ce soir ou Jamais du 28, sur comment peut-on encore être chrétien — question de peu d'intérêt pour moi, sinon pour voir de mes yeux ce que c'est qu'un catholique borné et réactionnaire, en la personne de Christophe Geffroy. Allez-y, vous verrez, quand il mélange subtilement, croit-il, l'appel aux citoyens qui seraient libres de leurs pratiques et de leur corps, libres d'avorter, par exemple... après, toutefois, qu'on en aurait décrété l'interdiction absolue ! J'avais réécouté deux fois le passage pour me vacciner, sans besoin réel.
Ce matin, je me suis aperçu que j'avais raté quelques émissions encore disponibles. J'ai donc commencé par la plus ancienne, celle du 25 avril, avec des commentaires d'étrangers au sujet des élections (entre les deux tours). Très intéressant, avec le recul !
Et cette perle, d'un journaliste américain, Peter Gumbel : « Est-ce que c'est Blanche-Neige contre Napoléon en miniature, ou est-ce que c'est plutôt un commissaire de police contre une directrice d'école primaire.»
Puis attendre Tahar Ben Jelloun sur la misérable politique culturelle de la France à l'étranger, puis Zoé Valdès sur ce que c'est qu'être communiste... Oui, de beaux moments que je ne suis pas mécontent de récupérer.
Edgar Morin ayant été cité comme participant de la veille, le 24 avril, je change le numéro qui termine l'adresse web de l'émission du 25 et réussis en effet à avoir celle du 24, bien qu'elle ne soit plus dans la liste des émissions disponibles. Avec un autre Edgar, au moins aussi important à écouter : Pisani. Et c'est reparti pour un tour ! — Alors que j'ai d'autres choses à faire, notamment préparer le cours sur Flaubert... M'étant ainsi rappelé à l'ordre, je ne finis pas l'émission, je déjeune puis me remets à lire et annoter...
[Canapé flaubertible]
  • Voici la concordance d'un mot dont l'emploi dans Madame Bovary résume à la fois la structuration interne du roman et une grande partie des jugements portés sur l'œuvre, dès sa genèse. Mon préféré est le 3 du singulier :
1  II, 10| ayant réussi à conduire l'adultère selon sa fantaisie ; et,
2 II, 11| les ironies mauvaises de l'adultère triomphant. Le souvenir
3 II, 12| et selon les hasards de l'adultère, qui les dénouait tous les
4 II, 14| dans les épanchements de l'adultère. C'était pour faire venir
5 II, 15| mariage et la désillusion de l'adultère, elle avait pu placer sa
6 III, 2| la fois et la rançon de l'adultère.~
7 III, 6| cette flamme intime que l'adultère avivait, haletante, émue,
8 III, 6| Emma retrouvait dans l'adultère toutes les platitudes du
1 II, 5| matrimoniale en des désirs adultères. Elle aurait voulu que Charles
2 II, 9| légion lyrique de ces femmes adultères se mit à chanter dans sa
3 III, 8| dans le souvenir de ses adultères et de ses calamités, madame
  • La Fiancée de Lammermoor de Walter Scott, roman (1819) duquel est tiré l'opéra de Gaetano Donizetti, Lucia di Lammermoor, en 1835, figure en quelque sorte le noyau dur du romantisme d'Emma. À ce titre, il est ambivalent : grande œuvre par sa qualité littéraire intrinsèque mais aussi succès populaire qui donne des illusions et fait tourner les têtes... Flaubert dénonce ainsi le différentiel existant souvent entre une œuvre dans l'absolu (jugée par une instance supérieure et comme indépendante de tout lectorat) et la même œuvre dans la réalité (livrée à diverses catégories de lecteurs, qui en font souvent un usage détourné).
À minuit et demi, je m'arrête pour (re)voir le Beau Serge (Chabrol, 1958), sur TV5 Monde / Japon (abonnement payant à partir d'aujourd'hui, après 2 mois de gratuité et de tests).

D'une incursion dans la presse du jour.
— Quelle belle réussite ! quel beau parcours ! courbe parfaite !
(Je n'ai jamais apprécié l'individu et ce n'est pas demain que ça va commencer.)
(Si tous les jeunes de gauche finissent vieux de droite, je crois que je vais m'éclipser un peu tôt...)

« L'historien et écrivain Max Gallo a été élu à l'Académie française, jeudi 31 mai, où il occupera le fauteuil du philosophe Jean-François Revel. M. Gallo, âgé de 75 ans, a été élu au premier tour, obtenant 15 suffrages parmi les 28 votants, a annoncé la secrétaire perpétuelle de l'Académie, Hélène Carrère d'Encausse.
L'autre candidat était le journaliste Claude Imbert, qui a obtenu cinq voix. Le reste des suffrages s'est réparti en 3 bulletins blancs, 4 bulletins blancs marqués d'une croix (refus des deux candidats) et une voix pour un non-candidat.
Cette élection est la première d'une série qui devrait s'étaler sur environ un an pour reconstituer les rangs des académiciens. Le nombre de fauteuils vacants n'a jamais été aussi important depuis une vingtaine d'années, avec six décès — sur 40 membres — enregistrés depuis le printemps 2006 : Jean-François Revel, Bertrand Poirot-Delpech, Jean-François Deniau, Henri Troyat, Pierre Moinot et René Rémond.
Historien et romancier prolifique, Max Gallo est l'auteur d'une centaine de romans, biographies et études historiques. Il avait déjà présenté sa candidature à l'Académie en juin 2000, n'obtenant alors que six voix.
Né à Nice en 1932, dans une famille d'immigrés italiens, le nouvel académicien a la fibre patriotique et la passion de la République. Il s'est d'abord fait connaître comme historien, avant de toucher le grand public avec des sagas romanesques (La Baie des anges, Les Patriotes...) et des biographies historiques à succès, de Jaurès, de Gaulle ou Napoléon.
Ancien militant communiste, Max Gallo a également mené une carrière politique dans les années 1980-1990. Député (1981-1983), puis porte-parole du gouvernement socialiste (1983-1984), il a depuis pris ses distances avec la gauche et rallié récemment Nicolas Sarkozy.» (Dans Le Monde du 31 mai 2007)