Comme je sais qu'il y a des amateurs, il vaut mieux que je le dise tout de suite : il y a un live de Coco Rosie dans le Ce soir ou Jamais du 23 mai ! Encore une émission qui m'avait échappé... Peut-être parce que j'avais vu le nom de Seguela — et que je n'avais pas eu le temps de voir celui de Marc Ferro. Et c'est vrai que Seguela est pénible en loukoum sarkozyen qui colle à tous les doigts sales, à tous les micros — et qui s'est toujours cru de gauche, c'est risible, non ? —, alors que Marc Ferro, François Rollin et Radu Mihaileanu essaient chacun à sa façon de sortir du sirop de la doxa — quand ils arrivent à en placer une.
« Quelqu'un est exemplaire, jusqu'au moment où il ne l'est plus.» (F. Rollin, au sujet de Bernard Kouchner.)

Quant à Coco Rosie, il y en a aussi pas mal sur YouTube.

Bon, mais tout ça, c'est le soir. Quand la journée commence, juste tiède, c'est pour finir le Riz noir d'Anna Moï dans le train, reprendre quelques pages de Madame Bovary, somnoler sans ouvrir la bouche, déjeuner d'un petit sandwich et d'un onigiri avant de vaquer à mes deux cours — l'un pour débutants qui découvrent émerveillés la différence entre les questions est-ce que...? et qu'est-ce que...? (je les adore, quelle candeur, tout de même !), l'autre pour avancées qui surfent sur le web et auxquelles je demande de comparer les prix des camemberts ou de me trouver l'histoire du Boul'Mich.
On va d'ailleurs bientôt devoir se fritter, avec un ou deux t, David et moi, contre quelques autres, parce que ça fait déjà un moment qu'on dit qu'il faut aussi faire des cours avec l'internet (ce que nous faisons, lui et moi — on en discute, justement, cet après-midi), former nos étudiants à la recherche sélective et pertinente des informations, en réinjectant dans ces activités les objectifs du français langue étrangère, et qu'on voit bien qu'ils ne le font pas et qu'ils sont seuls, ces collègues, à ne pas voir qu'ils se dévaluent eux-mêmes aux yeux de leurs étudiants en contournant la chose qui leur fait peur, le risque à prendre, celui d'un cours qui part souvent dans un sens imprévu et qu'il faut ressaisir pour en faire quelque chose de collectivement unique et motivant... (J'ai l'impression de répéter l'intervention de T. au congrès...)
Quand tout ça a passé comme une comète, je me fais un thé en laissant mes yeux rêvasser sur le parc. Benoît m'écrit pour demain au sujet d'un izakaya sympa, Andreas veut finir son article quand j'entame la révision d'un des miens. Tout à l'heure, Marguerite m'appellera pour hier et Sophie pour demain. Et ça sent toujours le lilas. C'est un tel tourbillon de vie, partout, j'imagine. Je ne comprends pas que les choses n'aillent pas partout aussi simplement. Plus tard, on parlera avec Clotilde de nos (petits) placements en France, du fait que les PEL sont maintenant imposables, que le yen est devenu si cher — moi qui économisais sous à sou pour m'acheter un jour quelque chose en France, je vais devoir dépenser l'argent qui s'y trouve plutôt que de changer des yens en euros (le change coûte 25 % de plus que l'an dernier !). Mais passer des heures et des jours à boursicoter en ligne, ça, non, moi vivant, jamais, plutôt crever pauvre, j'ai trop à lire et à écrire.