Un temps à bloguer en caleçon de nuit.
Embellie paradisiaque dans les oreilles, aussi, avec ce matin, dans le train, les premiers épisodes du récent feuilleton radiophonique sur Victor Segalen (à Tahiti, la préparation des Immémoriaux, l'arrivée en Chine).
Suivie d'un autre exotisme, celui de réécouter Jean Baudrillard en 2000 et en 2004 chez Alain Veinstein...

Après ça, c'est vrai que les perspectives du paysage japonais, les petites rizières inondées, les buissons de théiers, le Mont Fuji dans la brume, les routes avec toutes ces minuscules voitures à la queue-leu-leu, arrêtées devant de minuscules feux rouges, les soudaines concentrations d'habitations enchevêtrées, avec des gens dedans qui bougent, la grande courbe de freinage pour l'arrêt en gare, tout a un aspect irréel, peu important, après tout, cela passera, comme les siècles.
Ce qui ne m'empêchera pas de changer mes habitudes en allant chercher un sandwich à la boulangerie Paul, plutôt que de prendre des onigiris au Seijo Ishii. Parce que je suis toujours en quête d'une meilleure solution pour le mardi.

Deux cours comme une lettre à la poste. Arrivée du programme et préparation de mon dossier pour Cerisy début septembre. Un thé de débriefing sur le week-end avec David et appel de Sophie pour demain.

J'ai regardé les deux derniers Ce soir ou Jamais, celui sur le sport (trop long) et celui avec Béatrice Dalle (assez court, mais ça suffisait largement). Ils m'ont presque déprimé, tous. Surtout sur le sport, tellement ils sont d'accord pour la compétition et le spectacle. Il y a même un martien qui n'a jamais vu de produits dopants (Bixente Lizarazu) et un enthousiaste que tout effort fait bander (Erwann Menthéour). Sauf deux. L'un, Marc Perelman, qui dit que le sport est devenu un fléau national (ça ne plaît pas du tout à Pascal Boniface, qui essaie les coups bas — on dirait qu'ils ont un contentieux, ces deux-là). L'autre, Denis Grozdanovitch, qui parle encore moins mais défend le sport amateur et les petits matchs entre copains — ouf !, il ne me déçoit pas...
Heureusement, après le naturel affligeant de Dalle, il y a le live de Gong Gong, tout à fait régénérant, une vraie découverte.

Si on veut se débarrasser un jour de cette société de la performance généralisée, en passe de devenir suicidairement inégalitariste, c'est bien le sport de haut niveau qu'il faudra mettre à la poubelle en premier. Car c'est lui qui propose structurellement un modèle d'inégalité absolue et de dévaluation automatique de tous ceux qui ne sont pas les champions ; modèle qui va détruire — et déjà ringardise — celui de l'égalitarisme citoyen et du respect de la diversité naturelle (la diversité non discriminante, non hiérarchisante). Les règlements et les arbitres, mis en avant comme garants de l'esprit sportif, ne sont en réalité que des garde-fous... déjà transformés en forces policières.