L'une d'elles pointe vers notre fenêtre
Par Berlol, samedi 16 juin 2007 à 23:59 :: General :: #669 :: rss
Canapé
flaubertible, fin provisoire.
Pas résumable.
Après ces efforts démesurés (tenir les fils essentiels du roman, d'une part, résumer le propos de Jacques Rancière, d'autre part), je vais avec T. toucher ma récompense, au Saint-Martin, sous la forme d'un plat de merguez-frites que suit, pour une fois, une glace à deux boules. Yukie a eu le temps, depuis une ou deux semaines, d'y repenser et elle nous donne quelques conseils, quelques souvenirs personnels sur Bastia et Saint-Florent. La prochaine fois, je prends des notes.
Sieste et lecture de Quintreau. Fatigue. Ai oublié d'emporter un livre de Sylvie Germain. Elle sera à Tokyo dans moins d'un mois... Oublié aussi — acte manqué, sans doute — de dire qu'hier j'étais passé avec David au service médical pour y retirer les résultats de mon contrôle. Et qu'un docteur nous a commenté les résultats, soulignant une petite tendance au cholestérol... Mais c'était... en octobre (j'attendais qu'on m'envoie les résultats alors qu'il fallait passer les chercher...), avant que T. et moi faisions évoluer notre mode d'alimentation. Il faut également que j'aille passer une coloscopie.
« [...] le mois dernier, impossible de rejoindre Bart dans sa villa du Yucatán à cause d'un crise d'angoisse, obligé de rebrousser chemin à l'aéroport en prétextant une sciatique, visions d'horreur de serpents, d'araignées qui me rentraient par la bouche, le nez, les oreilles, sueurs froides, intestins en feu, peur panique de gober des bactéries mortelles dès ma sortie d'avion, pourvu que personne ne vienne jamais à l'apprendre, je vois d'ici le sourire narquois des salariés, des concurrents, de l'international, des actionnaires et les encadrés assassins dans la presse professionnelle, la vérité révélée sur la phobie de Jean-François Rorty, président de l'agence KLF, il n'a jamais mis les pieds sous les tropiques parce que la peur des serpents et des araignées lui donne la colique [...] » (Laurent Quintreau, Marge brute
,
p. 90)
Moi aussi, je vois des branches
d'acacia pendant que j'écris. Et c'est amusant, quand il y a
du vent. Elles se balancent et aucune feuille n'a exactement le
même mouvement que ses voisines. L'une d'elles pointe vers
notre fenêtre et les branchages adjacents offrent en rond un
dégradé de verts, plus sombres dans la distance.
Bientôt deux ans...
T. ramène de notre balcon quelques petites tomates qui iront dans la salade du dîner. Elles nous regarderont les assaisonner, se diront que nous avons de grandes dents, puis disparaîtront.
À la radio, j'enregistre en série le feuilleton L'Étranger d'Albert Camus, cinq premiers épisodes de dix. Puis je programme l'enregistrement automatique, à partir de 21 heures, des quelques huit heures de lectures du Marathon des mots consacré cette année à Julien Gracq. J'écoute d'ailleurs en ce moment même, ce qui ne permet pas vraiment d'écrire...
Pas résumable.
Après ces efforts démesurés (tenir les fils essentiels du roman, d'une part, résumer le propos de Jacques Rancière, d'autre part), je vais avec T. toucher ma récompense, au Saint-Martin, sous la forme d'un plat de merguez-frites que suit, pour une fois, une glace à deux boules. Yukie a eu le temps, depuis une ou deux semaines, d'y repenser et elle nous donne quelques conseils, quelques souvenirs personnels sur Bastia et Saint-Florent. La prochaine fois, je prends des notes.
Sieste et lecture de Quintreau. Fatigue. Ai oublié d'emporter un livre de Sylvie Germain. Elle sera à Tokyo dans moins d'un mois... Oublié aussi — acte manqué, sans doute — de dire qu'hier j'étais passé avec David au service médical pour y retirer les résultats de mon contrôle. Et qu'un docteur nous a commenté les résultats, soulignant une petite tendance au cholestérol... Mais c'était... en octobre (j'attendais qu'on m'envoie les résultats alors qu'il fallait passer les chercher...), avant que T. et moi faisions évoluer notre mode d'alimentation. Il faut également que j'aille passer une coloscopie.
« [...] le mois dernier, impossible de rejoindre Bart dans sa villa du Yucatán à cause d'un crise d'angoisse, obligé de rebrousser chemin à l'aéroport en prétextant une sciatique, visions d'horreur de serpents, d'araignées qui me rentraient par la bouche, le nez, les oreilles, sueurs froides, intestins en feu, peur panique de gober des bactéries mortelles dès ma sortie d'avion, pourvu que personne ne vienne jamais à l'apprendre, je vois d'ici le sourire narquois des salariés, des concurrents, de l'international, des actionnaires et les encadrés assassins dans la presse professionnelle, la vérité révélée sur la phobie de Jean-François Rorty, président de l'agence KLF, il n'a jamais mis les pieds sous les tropiques parce que la peur des serpents et des araignées lui donne la colique [...] » (Laurent Quintreau, Marge brute
Moi aussi, je vois des branches
d'acacia pendant que j'écris. Et c'est amusant, quand il y a
du vent. Elles se balancent et aucune feuille n'a exactement le
même mouvement que ses voisines. L'une d'elles pointe vers
notre fenêtre et les branchages adjacents offrent en rond un
dégradé de verts, plus sombres dans la distance.Bientôt deux ans...
T. ramène de notre balcon quelques petites tomates qui iront dans la salade du dîner. Elles nous regarderont les assaisonner, se diront que nous avons de grandes dents, puis disparaîtront.
À la radio, j'enregistre en série le feuilleton L'Étranger d'Albert Camus, cinq premiers épisodes de dix. Puis je programme l'enregistrement automatique, à partir de 21 heures, des quelques huit heures de lectures du Marathon des mots consacré cette année à Julien Gracq. J'écoute d'ailleurs en ce moment même, ce qui ne permet pas vraiment d'écrire...
Commentaires
1. Le samedi 16 juin 2007 à 14:16, par christine :
merguez-frites !
pas bon pour le taux de cholestérol du tout du tout, ça !
2. Le samedi 16 juin 2007 à 23:31, par Manu :
Tu devrais essayer la cuisine japonaise...
3. Le samedi 16 juin 2007 à 23:47, par Berlol :
Très drôles, tous les deux ! Merci, tout de même.
Et à part ça, des commentaires sur le dernier cours Flaubert ?...
4. Le mardi 19 juin 2007 à 14:03, par jenbamin :
Pas eu le temps d'écouter le flaubertible en entier, je me le garde précieusement pour un peu plus tard... En tout cas expérience tout à fait inouïe (au sens plein du terme) : entendre la voix de quelqu'un qu'on lit (presque) tous les jours. Étonnant !
Et rétrospectivement, je me dis que je devrais moi aussi enregistrer des cours, interventions, etc. J'ai fait hier une intervention de 2h sur la musique chez Proust : c'est parti rejoindre 40 et quelques paires d'oreilles, mais pour le reste, évanoui. Oui, dommage un peu, quand même.
Heureusement, c'est l'été : « je vais enfin pouvoir » prendre le temps de mettre noir sur blanc deux ou trois choses sur Proust, et puis surtout, « je vais enfin pouvoir » relire Bovary... Tu m'as bien donné envie de m'y replonger : thanks a lot !
5. Le mardi 19 juin 2007 à 15:02, par Berlol :
You're welcome !
Donc, on prend date, pour Proust (sans te mettre la pression).
A l'occasion, développer tes impressions sur l'aspect expérimental d'"entendre la voix de quelqu'un qu'on lit" dans un blog. Sans référence à moi précisément, ou en référence à d'autres, aussi, mais d'un point de vue phénoménologique, ou psycho-médiologique...
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