Canapé flaubertible, fin provisoire.
Pas résumable.


Après ces efforts démesurés (tenir les fils essentiels du roman, d'une part, résumer le propos de Jacques Rancière, d'autre part), je vais avec T. toucher ma récompense, au Saint-Martin, sous la forme d'un plat de merguez-frites que suit, pour une fois, une glace à deux boules. Yukie a eu le temps, depuis une ou deux semaines, d'y repenser et elle nous donne quelques conseils, quelques souvenirs personnels sur Bastia et Saint-Florent. La prochaine fois, je prends des notes.
Sieste et lecture de Quintreau. Fatigue. Ai oublié d'emporter un livre de Sylvie Germain. Elle sera à Tokyo dans moins d'un mois... Oublié aussi — acte manqué, sans doute — de dire qu'hier j'étais passé avec David au service médical pour y retirer les résultats de mon contrôle. Et qu'un docteur nous a commenté les résultats, soulignant une petite tendance au cholestérol... Mais c'était... en octobre (j'attendais qu'on m'envoie les résultats alors qu'il fallait passer les chercher...), avant que T. et moi faisions évoluer notre mode d'alimentation. Il faut également que j'aille passer une coloscopie.

« [...] le mois dernier, impossible de rejoindre Bart dans sa villa du Yucatán à cause d'un crise d'angoisse, obligé de rebrousser chemin à l'aéroport en prétextant une sciatique, visions d'horreur de serpents, d'araignées qui me rentraient par la bouche, le nez, les oreilles, sueurs froides, intestins en feu, peur panique de gober des bactéries mortelles dès ma sortie d'avion, pourvu que personne ne vienne jamais à l'apprendre, je vois d'ici le sourire narquois des salariés, des concurrents, de l'international, des actionnaires et les encadrés assassins dans la presse professionnelle, la vérité révélée sur la phobie de Jean-François Rorty, président de l'agence KLF, il n'a jamais mis les pieds sous les tropiques parce que la peur des serpents et des araignées lui donne la colique [...] » (Laurent Quintreau, Marge brute, p. 90)

Moi aussi, je vois des branches d'acacia pendant que j'écris. Et c'est amusant, quand il y a du vent. Elles se balancent et aucune feuille n'a exactement le même mouvement que ses voisines. L'une d'elles pointe vers notre fenêtre et les branchages adjacents offrent en rond un dégradé de verts, plus sombres dans la distance.
Bientôt deux ans...
T. ramène de notre balcon quelques petites tomates qui iront dans la salade du dîner. Elles nous regarderont les assaisonner, se diront que nous avons de grandes dents, puis disparaîtront.

À la radio, j'enregistre en série le feuilleton L'Étranger d'Albert Camus, cinq premiers épisodes de dix. Puis je programme l'enregistrement automatique, à partir de 21 heures, des quelques huit heures de lectures du Marathon des mots consacré cette année à Julien Gracq. J'écoute d'ailleurs en ce moment même, ce qui ne permet pas vraiment d'écrire...