Dans le train, après mes corrections de copies, je méditais sur la fin d'Arrêt sur images (avant de regarder la dernière, le soir). On peut certes croire à l'argument invoqué d'une formule usée, ou inversement à celui d'un coup d'arrêt de tout en haut, mais j'incline plutôt à penser que c'est la personnalité de Daniel Schneidermann, indépendamment de l'émission, qui pose problème, et peut-être pas qu'à moi. J'ai souvent apprécié (et recommandé) l'émission, ses sujets, ses traitements de l'actualité médiatique, ses chroniques. Et presque aussi souvent, dans le même temps, je ressentais un inexprimable désagrément, une sorte de désapprobation, même, à cause de l'attitude doucereusement arrogante de DS. Le tournant — ma prise de conscience de cela — a dû être l'émission avec Denis Robert, en mai 2006. Cela s'est confirmé par la suite en lisant son blog, avec l'impression d'avoir affaire à un mégalomane frustré dont le comique tombe souvent à plat, parce qu'il vient d'abord d'une aigreur rentrée. Du coup, je ne le lis pas souvent. Toutefois, c'est quand même mieux écrit que Vive le Feu, que j'ai arrêté tout à fait, et depuis pas mal de temps. (Il doit y avoir un point où l'on passe de la critique raisonnée et efficace — et forcément mesurée — à un tout crin échevelé qui ne peut être qu'explosion de frustration ou mégalomanie — tiens, ça me rappelle des propos de... Denis Grozdanovitch...)
Malgré cela, je le dis sincèrement : je regretterai beaucoup Arrêt sur images, pour ses contenus et ses chroniques. Le tour de table avait quelque chose de l'Assiette anglaise, qui fut, dans ma jeunesse, une des émissions qui me marqua le plus, par sa pertinence, son élégance et sa décontraction.

Cherchant Grozdanovitch dans mes pages, j'ai vu aussi qu'il y était question de Modiano. Ça m'a fait souvenir que j'ai reçu il y a quelques jours des infos du Réseau Modiano sur son prochain livre, qui sortira en octobre et s'appellera debordesquement Dans le café de la jeunesse perdue.

Au cours de conversation, dans une salle de cours où chaque étudiant peut disposer d'un ordinateur, j'en arrive enfin à des activités d'auto-apprentissage. Il a fallu des semaines pour leur faire acquérir interactivement quelque méthodologie de recherche sur le web, mettre en place quelques automatismes et trucs à ne pas oublier (la recherche avec guillemets, l'ouverture de résultats dans d'autres fenêtres, les passages du clavier japonais au clavier français, les limites de Google ou de Wikipédia, etc.). Aujourd'hui, chaque groupe de trois a choisi une région à présenter. Les régions choisies sont : PACA, Normandie (les deux), Limousin et Pays-de-la-Loire. La semaine prochaine, chaque groupe présentera à tour de rôle et sur grand écran, l'histoire et la géographie de sa région. Dix minutes de présentation, dix minutes de questions. La semaine suivante, économie et industrie. Puis, tourisme et spécialités régionales. On finira avec la culture et les célébrités régionales.
Le plus difficile, pour un cours animé (comme pour un plateau de télé), ce n'est pas le thème, c'est le dispositif (et j'en ai foiré, des cours, depuis quinze ans, avant de savoir un peu y faire...).

Ce soir ou Jamais de jeudi dernier au dîner. Propos mesurés et intelligents sur le G8 et les puissances émergentes, notamment d'Hubert Védrine. Content aussi de voir Robin Renucci ! Mais pour l'entendre, il faut attendre la fin — c'est un peu dommage. Je crois que je verrai la Corse avant son film...