En septembre dernier, j'avais écrit au nouveau musée du Quai Branly, au sujet des conférences prévues, cycles de l'université populaire en ligne, dont le programme me paraissait très intéressant. On m'avait répondu qu'une mise en ligne, au moins partielle, était à l'étude. Le temps a passé et je ne suis revenu que ce matin sur le site du musée, pour voir ce qu'il en était.
Et quelle n'est pas ma surprise, de constater que toutes les conférences sont disponibles à l'écoute ! Depuis Abdou Diouf le 12 septembre, jusqu'à Stéphane Hessel le 7 avril, en alternant trois cycles : grands témoins, histoire mondiale de la colonisation, artistes et leur rapport au corps. Avec, pour ce dernier, Hélène Cixous le 23 janvier ou Patrice Chéreau le 30. Pour ce matin, j'écoute la conférence du 5 avril sur l'histoire de la colonisation japonaise, par Pierre Souyri (que j'ai connu lorsqu'il était directeur de la Maison franco-japonaise).

Nouveau terminal à l'aéroport de Roissy, « grand comme 40 terrains de football », dit-on au journal télé. Mais cette comparaison, à moi comme à beaucoup de gens, sans doute, ne dit rien de précis. À moins que l'on considère que les gens qui prennent l'avion comprendront. Ou alors, ce sont ceux qui écoutent le journal télévisé, et qui ne prennent pas nécessairement l'avion, qui doivent comprendre. Oui, ça doit être ça, plutôt. Parce que ceux qui prennent l'avion n'en ont rien à faire des 40 terrains de football, ils savent qu'à l'intérieur, on ne doit sans doute pas pouvoir profiter de cet espace footballistique. Ça doit être compartimenté à mort, là-dedans, cloisons, portes, barrières, couloirs, zones de sécurité, bureaux, salles d'attente, etc.

En fin de matinée, Franck Michelin vient de Tokyo nous parler des études en France. Amphi d'une centaine d'étudiants, bonne ambiance.
Déjeuner à 5 dans un petit restaurant du quartier. Ça cause études en France, réseau instituts et alliances, conjoncture pour le Français langue étrangère (FLE). Franck souffle tout de même avant de repartir pour une autre université et une autre présentation. On se retrouvera le soir...
En attendant, je travaille à un nouveau projet de recherches (HRLDP).

À 19 heures, je retrouve Franck et Benoît à la sortie 8 du métro Fushimi pour aller dans un restaurant de spécialités de Nagoya (porc cuit ou frit au miso, gyozas, ailes de poulet régional, etc.)

Pendant l'aller et retour en métro, je m'approche de la fin de Magnus, avec le même mélange d'intérêt pour l'histoire et de désintérêt pour l'écriture, que transperce parfois de belles et poétiques formulations sans emphase, un propos que je trouve juste et profond.

« Dans une petite alcôve baignée d'une lumière blême et protégée par une grille, une cinquantaine d'urnes en argent ciselé, de tailles diverses, est alignée en deux demi-cercles superposés. Des cœurs qui furent vivants, qui ont battu avec orgueil dans des seins d'impératrices et des torses d'empereurs tout-puissants. Qui ont battu avec ardeur, avec aussi des peurs et des colères, des jalousies, des rêves et des chagrins, des hontes et des espoirs. De ces cœurs seigneuriaux qui tour à tour ont sonné, dans l'or, l'acier, la splendeur et le sang, les heures du Saint Empire romain germanique, il reste désormais une cohorte de vieux muscles ratatinés dans du formol, montant la garde autour du vide. Les vivants aussi recèlent dans un recoin de leur mémoire des reliquaires d'amours, de rancunes, de joies et de douleurs plus ou moins révolues.» (Sylvie Germain, Magnus, p. 202-203)