Sonnent creux d'artifice
Par Berlol, jeudi 28 juin 2007 à 23:59 :: General :: #683 :: rss
Après avoir fini Magnus
au lit, j'ai mal dormi, de mauvaise humeur. J'étais
très
déçu de cette eau de boudin mystico-gnan-gnan. Je
le
sentais venir après le dernier accident du hasard, quand le
Magnus adulte et heureux bousille sa vie en croyant faire peur
à
un ancien nazi. Je le sentais venir mais je ne le croyais pas. Et cette
écriture qui garde toujours ses distances de
sécurité, qu'est-ce que ça
m'énerve !
Pas une fois elle n'arrive à atteindre la mosaïque
de
discours indirects libres de quoi sont faits les romans que j'aime.
Même quand il y a des bouts de dialogue, ils sonnent creux
d'artifice. Faut dire aussi que lire ça juste
après Flaubert,
c'était un peu casse-gueule...Au réveil, c'est oublié. D'ailleurs, je n'ai pas vraiment le temps de m'attarder : trois cours m'attendent, et non des moindres. Comme on approche des examens, les étudiants sont fébriles et réclament de savoir comment ça va se passer, un programme de révision. Je leur mets le holà, que je leur donnerai ça la dernière semaine.
Côté profs, on l'a mauvaise. Dans le programme d'il y a encore deux ans, c'était déjà les révisions, justement. Mais comme on nous a rallongé de deux semaines la durée des cours, on entre dans la période des chaleurs moites en plein passé composé, futur proche, possessifs et démonstratifs, etc.
Médiologiquement parlant, c'est l'installation de la climatisation qui ouvre la possibilité de l'allongement des sessions. Hélas !
Ayant vu la Fracture du myocarde, les étudiants (3e et 4e année) posent des questions sur l'amant de la mère décédée, l'absence du père, la DDASS et les orphelins, l'âge de la majorité. On revient aussi sur ce que c'est que la confiance (faire confiance qui diffère d'avoir confiance ou d'inspirer confiance), sur ce qu'on confie dans la confiance, par exemple un secret, puis jusqu'à sa vie — et comment les adultes balaient tout ça au prétexte que la société est responsable des mineurs...
Tellement cassé après ça que je m'endors un quart d'heure. Puis j'appelle David et on va se manger une glace. Trois minutes de grosses gouttes quand on revient à nos bureaux mais ça ne démarre pas, la pluie. Demain, peut-être...
*
Nico Shark tire sa révérence par une pirouette, "sans censure"
Un
émoi a saisi, mardi 19 avril, les lecteurs de
Nico Shark, quand ils ont découvert une page presque
blanche, en lieu
et place du blog
qu'ils aimaient. Ce
jour-là, pas de nouvel épisode narrant en bande
dessinée la vie de ce chef du personnel très "requin",
et clairement
inspiré de Nicolas Sarkozy. Au lieu de cela, un message
énigmatique "error/gouv/rg/halt.htm".
Un œil de fan — ou de paranoïaque
— pouvait y lire des
références au
gouvernement et aux renseignements généraux,
voire la signature d'un piratage informatique.
La rumeur sur
l'arrêt troublant de la série satirique
lancée le 6 mai par le blogueur
Frantico a vite gonflé. D'autant plus que Kek,
hébergeur et complice, a raconté dans
l'après-midi que ses serveurs avaient connu "plusieurs
attaques" informatiques, "apparues après
l'ouverture du blog de Nico Shark". "D'ailleurs, le
blog est terminé. (...) Je vais pas trop
m'étendre sur le sujet mais [l'auteur]
aurait reçu des menaces, et donc
préfère arrêter tout ça",
ajoutait-il.
Las !
Contacté en fin de journée, Frantico a mis fin
aux spéculations qu'il avait lui-même
suscitées : "J'aurais
pu continuer pendant cinq ou dix ans. Mais à un moment,
c'est
décourageant de remettre le couvert sur ces types
intouchables",
justifie-t-il. Frantico, derrière lequel se trouve le
dessinateur Lewis
Trondheim, estime avoir rempli deux de ses objectifs dans l'aventure
Nico Shark : "Tenter d'exorciser mon rejet de
Sarkozy sans
cramer des poubelles" et "voir si
j'étais capable de faire dessinateur politique".
L'auteur de la série "Lapinot" reconnaît par
contre son échec, au moins provisoire, dans sa tentative de "créer
un gigantesque mouvement pour déstabiliser le gouvernement".
L'arrêt
"brusque" de la carrière de Nico
Shark visait à éviter une "routine",
même agréable, analyse Frantico. "Ça
me semblait logique, donc, de couper la chique à cette
histoire, par
une mise en abyme entre l'univers de Shark et celui de Sarkozy",
dit-il.
"Quant
à l'histoire de la censure, il n'y en a, bien sûr,
pas eu", précise, à bon entendeur,
Frantico. En revanche, il "jure" qu'il y a bien eu
deux attaques inexpliquées sur les serveurs de son
hébergeur. Cela
n'a pas empêché Nico Shark de faire un retour
mardi soir, dans un petit
jeu potache que certains internautes connaissaient
déjà : Nicoprout. Le
chef du personnel pète en courant dans ses bureaux, quand
l'internaute
tape sur son clavier.
Au bout du compte, les déçus de
Nico Shark pourront méditer cette maxime de
Frantico : "Le
blog est un matériau agréable,
malléable, ouvert. Il faut savoir jouer avec."
(Alexandre Piquard, Le Monde, du
20/06/2007)
Commentaires
1. Le jeudi 28 juin 2007 à 15:54, par christine :
moi je l'avais bien dit, que c'était une facétie pour tirer sa révérence et pas les rg ... n'empêche que Nico Shark me manque !
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