L'été en plans devant nous attablés
on y œuvre, rêve, atermoie
selon des routes et à se lancer des dates
deux grands massifs sont déjà posés
Corse et Normandie
entre des limites aéroplanes
on se demande si on aura plus ou moins de courage
pour aller jusqu'au viaduc de Millau
et si la banque suivra

En attendant, je copie-colle tous les commentaires d'avril à juin dans le JLR mensuel. Ça me fait de la relecture. Finalement, je n'ai pas trop à me plaindre, la plupart de mes commentateurs & commentatrices sont pertinents. Peu bavards mais pertinents. Ce qui est toujours plus reposant que des dizaines d'arsouilles et de m'as-tu-vu que je ne pourrais pas, me connaissant, ne pas mépriser.
La fluidité des informations étant ce qu'elle est est, je me demande pourquoi les choses ne se passent pas mieux. Mais cela pourrait aussi être pire.
Ce faisant, j'écoute et enregistre une émission avec Alain Rey et trois Du jour au lendemain de la semaine, dont celle avec Bernard Teyssèdre, sur le Roman de l'origine [du monde], qui me plaît bien. En attendant celle de ce soir avec Fred Deux (je l'écouterai demain).
Et puis je lis Mérimée.

Sinon, c'est repos pour tous les deux. D'autant que ça doit être le premier lundi depuis plus d'un an qu'il n'y a pas de bruits de chantier. Et pour cause, le bâtiment devant chez nous est achevé. Bizarrement, ce bloc d'appartements n'a de grandes baies et fenêtres vitrées qu'au Nord, c'est-à-dire en face de chez nous... Nous nous demandons quels ploucs vont pouvoir louer ça au prix qui va leur être demandé avec des fenêtres donnant plein Nord et sur les fenêtres d'un autre immeuble, vieux de près de quarante ans.
De l'autre côté, du côté Sud de ce bâtiment flambant neuf, il y a un autre immeuble, très rupin et appartenant à la même famille. C'est sans doute la raison pour laquelle ils n'ont pas souhaité que le nouveau bâtiment ait de grandes fenêtres côté Sud.
Et puis de notre côté, Nord, un mur de fer de trois mètres a été monté, tandis que côté rue, à l'Est, un beau mur de béton bicolore de deux mètres a été construit, et que du côté Sud, il y a juste un petit muret d'un mètre cinquante.
T. s'est mise à la tête de la contestation de notre copropriété depuis quelques semaines. Elle a fait venir le chef de chantier chez nous cet après-midi, qui n'a pas vu le petit i-river branché sur enregistrement. Il a apporté un vague accord photocopié d'il y a deux ans qui ne précisait ni la matière ni la durée du mur, de sorte qu'on avait cru que c'était une palissade de chantier. T. a laissé entendre que nous pourrions aussi faire voir ce qu'on ne veut pas voir, il doit y avoir une formule spéciale en japonais : pour protester contre ce mur dont nous ne voulons pas en l'état (on se croirait en prison), nous pourrions montrer, sur nos murs, quelques bannières explicites aux nouveaux habitants d'en face, écrites assez gros pour qu'ils en soient incommodés plus que nous qui ne les verrions pas...
Bien protégé, le fou blanc menace la reine noire. C'est à eux de jouer.

Sinon, la bonne nouvelle, découverte au retour du Meidi-Ya de Nihombashi où nous sommes allés pour des primeurs de confitures de fraise, c'est que le citronnier a fait trois boutons. Je l'ai arrosé avant-hier et ils n'y étaient pas. Alors que nous n'avions aucun signe de vie depuis le rempotage. Toutes les feuilles étaient tombées dans les deux semaines qui avaient suivi l'opération. Nous arrosions, maudissant au passage, avec cette belle mauvaise foi que nous savons nous aussi posséder, le chantier dont les poussières pouvaient l'avoir occis.