Sur la diérèse du vi-olon
Par Berlol, mercredi 4 juillet 2007 à 23:31 :: General :: #689 :: rss
« On est dans une logique de la capture, de la prédation. Ceux qui en ont la possibilité s’approprient les richesses produites collectivement. Ils ne travaillent pas plus aujourd’hui qu’hier, ils ne prennent pas de meilleures décisions, ils ne contribuent pas plus à la croissance, mais ils sont mieux à même de s’enrichir. Et ils en profitent.» (Bernard Girard, La montée des inégalités salariales, chronique d'Aligre FM du 03/07/07)
Quand même, je n'en reviens pas qu'on soit déjà en juillet ! Pour moi, juillet, c'était les vacances, la plage, les camping, l'image de routes écrasées de soleil, de serviettes éponges, de donzelles huilées, et même de boules de pétanque. Et maintenant, nous voilà coincés dans cette fac avec encore plus de deux semaines de cours, des collègues pas drôles tous les jours et des étudiants qui stressent pour leurs partiels.
Je me répète, mais j'ai du mal à m'y faire. Alors je me lève tôt pour finir de me débarrasser des sujets d'examens, et j'y arrive avant le déjeuner.
Au cours de lecture, on corrige les tentatives d'écrire en français ce que j'avais donné la semaine dernière. Il y en avait trois ou quatre qui n'étaient pas loin de la vérité, mais sans avoir pu identifier le texte. C'était du Hugo, bien sûr. Avec deux verbes à découvrir, bons à apprendre ensemble parce que leur conjugaison se ressemble : éteindre et atteindre.
Nouvelle dictée phonétique (à écrire en alphabet phonétique seulement, interdit d'écrire en français), avec moins de difficultés : « Les sanglots longs / des violons / de l'automne / Blessent mon cœur / d'une langueur / monotone.» Les étudiants ne comprennent pas encore, il doivent essayer de trouver ce que ça donne en français pour la semaine prochaine (ils ne connaissent pas l'adresse de ce blog), mais ils sont déjà sensibles à la musicalité des an / on / o / eur. J'insiste bien sur la diérèse du vi-olon.
Une réunion (qui, entre autres sujets, entérine le principe de mon voyage en France). Lecture de Mérimée (Notes d'un voyage en Corse, 1840). Ses « naturels de l'île » m'amusent beaucoup...
Sortie à quatre dans un restaurant italien de Fushimi-sud, tout près d'Osu, en fait. J'y vais avec Andreas, professeur d'allemand et chercheur en anthropologie. Sophie et Benoît nous rejoignent. Au Da-Carlo, la cuisine est bonne, les pizzas énormes mais l'ambiance et le service sont nuls. La salle résonne et dès qu'il y a huit personnes réparties sur trois tables, on ne s'entend plus. Si de plus il y a parmi elles des américains, ça devient l'enfer. Et puis nous aussi, on doit souvent parler anglais parce qu'on ne parle pas allemand et Andreas pas français. Et puis une bouteille de Montepulciano par là-dessus, ça fait monter le volume...
Repus de sauce tomate et de quatre fromages, on s'expulse de la chambre d'échos vers 21h30.
Après
un petit quart d'heure de marche — il ne pleut pas
— pour aller de l'autre
côté d'Osu, on investit le Baka Uma, petit izakaya
de douze sièges
où Andreas
m'avait emmené l'an dernier.
Excellente ambiance, le patron, un jovial à la Carlos, sa
femme,
une petite riante un peu édentée,
reconnaissent Andreas et nous servent largement. Du
saké.
Et encore des petits trucs à manger. Et même
Sophie boit.
J'aurai des photos.
Après un retour en métro durant lequel Andreas et moi discutons des rapports étroits entre la police fraktur et le régime nazi, nous retrouvons nos vélos à la station Irinaka et prenons chacun notre chemin. Il ne pleut toujours pas (alors que c'était annoncé). Quand je pousse ma porte, il est minuit moins trois, ce n'est encore pas aujourd'hui que mon destrier à pneus sera changé en citrouille.
Quand même, je n'en reviens pas qu'on soit déjà en juillet ! Pour moi, juillet, c'était les vacances, la plage, les camping, l'image de routes écrasées de soleil, de serviettes éponges, de donzelles huilées, et même de boules de pétanque. Et maintenant, nous voilà coincés dans cette fac avec encore plus de deux semaines de cours, des collègues pas drôles tous les jours et des étudiants qui stressent pour leurs partiels.
Je me répète, mais j'ai du mal à m'y faire. Alors je me lève tôt pour finir de me débarrasser des sujets d'examens, et j'y arrive avant le déjeuner.
Au cours de lecture, on corrige les tentatives d'écrire en français ce que j'avais donné la semaine dernière. Il y en avait trois ou quatre qui n'étaient pas loin de la vérité, mais sans avoir pu identifier le texte. C'était du Hugo, bien sûr. Avec deux verbes à découvrir, bons à apprendre ensemble parce que leur conjugaison se ressemble : éteindre et atteindre.
Nouvelle dictée phonétique (à écrire en alphabet phonétique seulement, interdit d'écrire en français), avec moins de difficultés : « Les sanglots longs / des violons / de l'automne / Blessent mon cœur / d'une langueur / monotone.» Les étudiants ne comprennent pas encore, il doivent essayer de trouver ce que ça donne en français pour la semaine prochaine (ils ne connaissent pas l'adresse de ce blog), mais ils sont déjà sensibles à la musicalité des an / on / o / eur. J'insiste bien sur la diérèse du vi-olon.
Une réunion (qui, entre autres sujets, entérine le principe de mon voyage en France). Lecture de Mérimée (Notes d'un voyage en Corse, 1840). Ses « naturels de l'île » m'amusent beaucoup...
Sortie à quatre dans un restaurant italien de Fushimi-sud, tout près d'Osu, en fait. J'y vais avec Andreas, professeur d'allemand et chercheur en anthropologie. Sophie et Benoît nous rejoignent. Au Da-Carlo, la cuisine est bonne, les pizzas énormes mais l'ambiance et le service sont nuls. La salle résonne et dès qu'il y a huit personnes réparties sur trois tables, on ne s'entend plus. Si de plus il y a parmi elles des américains, ça devient l'enfer. Et puis nous aussi, on doit souvent parler anglais parce qu'on ne parle pas allemand et Andreas pas français. Et puis une bouteille de Montepulciano par là-dessus, ça fait monter le volume...
Repus de sauce tomate et de quatre fromages, on s'expulse de la chambre d'échos vers 21h30.
Après
un petit quart d'heure de marche — il ne pleut pas
— pour aller de l'autre
côté d'Osu, on investit le Baka Uma, petit izakaya
de douze sièges
où Andreas
m'avait emmené l'an dernier.
Excellente ambiance, le patron, un jovial à la Carlos, sa
femme,
une petite riante un peu édentée,
reconnaissent Andreas et nous servent largement. Du
saké.
Et encore des petits trucs à manger. Et même
Sophie boit.
J'aurai des photos.Après un retour en métro durant lequel Andreas et moi discutons des rapports étroits entre la police fraktur et le régime nazi, nous retrouvons nos vélos à la station Irinaka et prenons chacun notre chemin. Il ne pleut toujours pas (alors que c'était annoncé). Quand je pousse ma porte, il est minuit moins trois, ce n'est encore pas aujourd'hui que mon destrier à pneus sera changé en citrouille.
Commentaires
1. Le mercredi 4 juillet 2007 à 11:11, par brigetoun :
quand je ne suis pas un peu larguée, mes minutes intelligentes de la journée. Et je me suis fait une dégustation solitaire du son des sanglots longs
2. Le mercredi 4 juillet 2007 à 13:56, par Berlol :
Pris de boisson, j'ai mis d'abord "bercent" pour "blessent". C'est corrigé. Je cherchais consolation peut-être... D'ailleurs, ça ne changeait rien à la musique.
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