Agité, je me réveille à 4h58 et je regarde par la fenêtre. C'est l'aurore. J'en fais deux photos et je me recouche jusqu'à 7 heures.

Trois cours, plus un dossier de recherche à peaufiner. Pas vraiment le temps de déjeuner.
Quand la fac se vide, réunion informelle à trois, dont David, près du convenience store pour parler du voyage à Orléans en février-mars, quand j'irai de nouveau accompagner notre groupe d'étudiants. Ça devrait se passer un peu comme l'an dernier.

« La syllabe, c'est l'unité de mouvement de mon corps dans la parole.»
C'est la définition que je me suis entendu proposer tout à l'heure au cours de lecture & prononciation de 1ère année. On a revu quelques unités connues (lettre, mot, phrase), mais l'objectif était bien de cerner cette unité étrange qu'est la syllabe. Quans vous dites : « Charlotte invite ses amis », vous ne dites pas 4 mots (ça, c'est ce que vous écrivez), vous dites 7 syllabes, dont au moins 2 qui dérangent la sainte indépendance des mots : char-lo-tin-vit-sé-za-mi, voire char-lo-tin-vi-tsé-za-mi. Et le tin (et le tsé) et le za qui résultent respectivement de l'enchaînement et de la liaison, ça fait pousser des cris aux étudiants. Ils l'ont bien entendu déjà, depuis quatre mois qu'ils apprennent le français. Mais ça leur faisait l'effet d'une liberté individuelle, une sorte de velléité de tel ou tel prof, dont on peut s'abstenir, nous, Japonais, pour en rester à la sainte prononciation des mots bien séparés (oui, sainte est deux fois déjà parce que pour les étudiants, c'est clair que l'écrit est sain(t) et l'oral vulgaire...). Or, montré, là, en détail, avec exemples, exercices et répétition, avec courbes musicales et rythme martelé sur la table, et mouvement de tout mon corps, ça devient une réalité incontournable, la réalité incontournable de la parole, dans sa différence radicale d'avec l'écrit. Et si chacun se dit que c'est mon corps qui s'engage dans la parole, pour parler comme pour écouter, alors chacun comprend ce que parler une langue veut dire. Et qu'il y a dans ce vouloir dire de mon corps, assez de place pour toutes les différences individuelles, pour tous les usages qui s'écartent des saintes normes et règles (tout ce qu'une linguistique normative ne comprendra jamais, soit dit en passant).