Avez-vous vu Maryse Burgot faire du vélo à Londres ? C'est exceptionnel. Et c'était dans le 20-Heures de France 2 d'hier.
Première surprise du 7.7.7...

Bizarrement, d'assez bonnes images du Japon au travers du voyage d'Alizée...
« C'est pas l'histoire d'amour / Qui coule comme l'Adour...»

La double poursuite de Mérimée et de la Corse continue. Dans l'après-midi, je rassemblerai tout ce que le web compte de textes de lui. Mais avant, c'est le déjeuner au Saint-Martin avec T. et Laurent, que nous n'avions pas vu depuis plusieurs mois. Et qui n'est pas allé lui non plus écouter Sylvie Germain parce qu'il s'était fêlé deux côtes en traversant le plancher vermoulu d'une maison abandonnée (qu'est-ce qu'il ne faut pas inventer, de nos jours, comme excuse !...).
Il a beaucoup de photos de la restauration d'une maison dont il s'occupe depuis plusieurs années, dans les montagnes de Gifu. Dans cet endroit éloigné de tout, où la terre n'a pas de valeur, un ami japonais de longue date et communes beuveries estudiantines, patron d'un ryokan, hôtel traditionnel, lui a donné, oui donné, une maison abandonnée. La restauration en est presque achevée, maintenant. On ira peut-être bientôt. Ce n'est pas là qu'il a traversé le plancher, mais dans un autre bâtiment désaffecté des environs, où il espérait récupérer quelques planches, poteries, tuiles, je ne sais, moi qui ne bricole pas.

Dans l'après-midi, deux heures à la médiathèque de l'Institut pour observer en détail des incipits de romans et nouvelles de la première moitié du XIXe siècle. Je série les attaques, les surplombs narratifs, les angles d'ouverture. Je ne peux pas en dire plus parce que je ne sais pas encore ce que je vais en faire.
Au passage, je retombe là-dessus, pas lu depuis des dizaines d'années, et d'une même puissance... Et de qui, ce joyau ?

« Car la société n'est qu'un marais fétide
Dont le fond sans nul doute, est seul pur et limpide
Mais où ce qui se voit de plus sale, de plus
Vénéneux et puant, vient toujours par-dessus !
Et c'est une pitié ! C'est un vrai fouillis d'herbes
Jaunes, de roseaux secs épanouis en gerbes,
Troncs pourris, champignons fendus et verdissants,
Arbustes épineux croisés dans tous les sens,
Fange verte, écumeuse et grouillante d'insectes,
De crapauds et de vers, qui de rides infectes
La sillonnent, le tout parsemé d'animaux
Noyés, et dont le ventre apparaît noir et gros.»

Tiens ! Google a ajouté un bloc-notes ! (Pour ceux qui ont un compte Google.) J'adopte. Du fait de travailler régulièrement sur plusieurs ordinateurs, ça fait des années que j'ai besoin de ça — et que je dois faire autrement.
Enregistrement d'un colloque sur l'imaginaire du corps (a l'air intéressant, écouté juste dix minutes, sera pour un prochain voyage en train...). Pour les amateurs de Flaubert, encore deux passages d'une compilation d'anciennes émissions de l'INA, demain à 13 heures et lundi à 1 heure du matin (moi, je les ai déjà). Prévoir d'enregistrer sur Mohammed Dib, aussi.

Dîner chez J. et H., un couple franco-japonais, avec aussi M. et une autre amie de J. Je connais M. et J. depuis plus de dix ans. J'ai eu J. dans une formation de profs à l'informatique à l'Institut au milieu des années 90, ça l'a beaucoup marquée, et M., plus flegmatique ou plus réservé, comme collègue à Waseda encore un peu avant. Pour T., ces relations sont beaucoup plus récentes mais ça ne lui pose pas de problèmes, elle s'entend bien avec eux, ce qui n'est pas le cas le plus courant.
J. et H. habitent une belle maison japonaise, pas très loin de chez nous (7 ou 8 minutes à pied). Ils nous racontent par quel hasard J. l'a trouvée, il y a quatre ans, en passant à vélo dans ces ruelles. Et à quelle vitesse ils l'ont achetée, ayant pris conscience tout de suite de la bonne affaire que c'était. On les envie un peu. Nous, on n'a que notre histoire de mur en fer. Mais qui fait tout de même de l'effet parce que chacun voit où c'est — et la vilénie des motivations, photos à l'appui, qui sont derrière ces incohérences architecturales (T. a passé l'après-midi a écrire une mazarinade sur ce sujet, à distribuer à nos copropriétaires).
On rentre un peu tard et ce qui m'étonne le plus, le lendemain en finissant cette rédaction, c'est que ni le chablis ni le cognac ne m'ont affecté ou empêché de dormir. Mon corps a enfin consenti à devenir adulte, dirait-on.