« Twunt est un néologisme argotique, composé d'un mélange de deux mots grossiers, twat et cunt, qui désignent tous deux l'organe sexuel féminin. Dès lors, le traduire par "enculé" démontre une méconnaissance de l'anglais, de l'anatomie, et de la grammaire, car ils traduisent un génitif par un participe passé.» (Extrait savoureux du Journal d'un avocat de ce matin, il faudra sans doute que je ferme les commentaires, sans quoi toute la boue angloïde et spamique du web va venir s'y agglutiner...)

Le ministre Xavier Darcos, futur fossoyeur de l'éducation nationale, est aussi l'auteur d'une bien belle conférence sur Prosper Mérimée (17 janvier 2005) et même d'une biographie.
Pour l'heure, je retrouve des amies dans le dernier numéro de Florilettres, précisément consacré à Mérimée, dans la perspective du colloque de Cerisy en septembre.
Je finis de rassembler tous les documents du web consacrés à Mérimée, le gros étant constitué, comme de juste, par le fonds Gallica.

J'arrose, sur le balcon, et découvre qu'un des boutons du citronnier a fleuri et qu'il y a maintenant quatorze autres boutons. Je suis comblé. Il a pris son temps mais il a fini par répondre positivement au changement de pot et de terre. Nous ne savons pas grand chose de ce qu'est le temps pour un citronnier. Moi, en tout cas.
Moyennement motivés, on se force tout de même à sortir les vélos pour ne pas rester enfermés toute la journée. Modeste objectif : aller à l'Office Depot d'Ichigaya pour y récupérer un article commandé il y a deux semaines et savoir si je peux commander l'appui-tête qui va avec mon fauteuil de bureau. Avec le nombre d'heures que j'y passe, il vaut mieux ne pas rechigner sur le matériel. Une fois ces courses faites, mis en jambes, on a plutôt envie de continuer. Montée de Yotsuya, avenue vers le Palais impérial (Porte Ouest), descente le long des douves jusqu'au parc Hibiya. On y entre en tenant nos vélos à la main. Changement de rythme et de dimension. T. s'y retrouve comme dans son enfance, c'était son premier parc. À l'autre bout du monde, ma mère me menait au Parc Monceau...
L'image me vient de ce parallèle d'enfants qui jouent plus ou moins au même moment dans deux parcs similaires, fruits d'un même processus de domestication du végétal en gazons, allées, fleurs, bancs, fontaines et kiosques — et qui se rencontreront quelques dizaines d'années après.

Sur TV5 Monde, La Fleur du mal (Chabrol, 2003), film que je n'avais pas encore vu et que je trouve bien mièvre. Le monde féroce qu'est la bourgeoisie de province n'est l'objet, cette fois, d'une peinture féroce que si l'on fait un gros effort intellectuel pour se figurer tout ce qui est suggéré, raconté mais pas montré. Chabrol nous avait habitués à mieux, c'est-à-dire à plus mis en scène, plus pourri, plus grinçant, et parsemé de belles répliques. Mais ici, beaucoup de dialogues tombent plat, convenus, le retour du fils après trois ans d'États-Unis ne sert à rien dans l'intrigue principale, la candidate Nathalie Baye n'a aucun charisme et son co-listier est lui aussi totalement inutile, même pour faire vrai ou couleur locale. Le pire est quand même ce terrible manque de moyen ou d'inspiration, vaguement transformé en parti pris stylistique : les flash-backs de la grand-mère, censés expliquer le marigot collabo-résistant d'il y a cinquante ans, ne sont composés que de quelques voix off, bribes de souvenirs d'une Suzanne Flon quasi inexpressive à ces moments-là.