jeudi 12 juillet 2007
Au-dessus d'un vide effrayant et beau
Par Berlol, jeudi 12 juillet 2007 à 23:57 :: General
Tombé dessus puis retombé dedans. Près
de quinze
ans que je l'avais soigneusement évité,
rangé,
classé, déminé par son confinement
dans le
silence. C'est qu'il avait pris une telle importance, dans ce
temps-là ! D'autres de la même
époque, et qui
m'avaient été plus chers encore, ne
présentaient
plus le même danger, récemment. L'histoire avait
avancé, des souvenirs fanés, et je m'en repassais
de
temps en temps. Dans ce journal, même, je m'étais
ouvert
des veines de ces
temps, disant mon étonnement à pouvoir voir, avec You
Tube, ce qui n'était autrefois que musique dans sa toute
puissance. Car voir,
vingt ans après, de la perte et du gain
conjugués, me
rendait, me rend perplexe, comme un que le vertige figerait au-dessus
d'un vide effrayant et beau.
Mais pendant plus de deux ans, je n'avais plus vraiment écouté de musique. Ce que j'appelle écouter.
Depuis que j'ai réinstallé un service musical minimum — ampli, platine CD portable et enceintes à deux voies —, je sors des disques. Qui me déçoivent, ou qui ne me déçoivent pas trop. Mais rien d'extravagant. Hier, pendant l'entrain un peu retrouvé avec le Junk Collector
de Tommy Guerrero, un toucher de guitare a brillé, fugace et
suffisant à raviver le souvenir. Enfin, ce matin,
somnambulesque
résolution, j'ai sorti l'album Vini Reilly
de Durutti Column (1989) et je l'ai mis dans l'appareil.
Pendant cette extraordinaire période de déracinement, d'angoisse et d'émerveillement mêlés que furent mes premières semaines au Japon, ce disque a été tous les matins celui qui démarrait à l'heure du réveil. Deux mois environ. Il a ainsi ouvert, coloré, déteint, s'est profondément enfoncé dans les souvenirs de cette arrivée, des premières images, rencontres, odeurs, et le réécouter peut me nuire grave — parce que c'était encore la jeunesse, parce que je vivais avec quelqu'un d'autre et parce que ces courants musicaux étaient ce qui me tenaient le plus arrimé à ma vie en France, choses diverses dont le souvenir me coûte. Finalement, ça s'est plutôt bien passé ; les sentiments musicaux n'étaient pas plombés par les tonnes de Berlol morts.
En voici le premier et le dernier morceaux.
Je n'ai heureusement pas eu (le loisir de pousser trop loin dans) le passé. Il a plu très fort, plusieurs fois. Vers midi, c'était la nuit. Mais pas dans mon cœur. Trois cours m'attendaient et je m'y suis bien donné. Puis David et moi avons fait passer un oral blanc pour quelques étudiantes qui passent un examen dimanche. Les deux tiers l'auront haut la main, pour les autres ça dépendra des questions posées et des examinateurs.
Crevé par tout ça, j'ai dîné en regardant Danny the Dog (Louis Leterrier, 2005), histoire d'un homme — instrumentalisé pour tuer et — sauvé par la musique...
Mais pendant plus de deux ans, je n'avais plus vraiment écouté de musique. Ce que j'appelle écouter.
Depuis que j'ai réinstallé un service musical minimum — ampli, platine CD portable et enceintes à deux voies —, je sors des disques. Qui me déçoivent, ou qui ne me déçoivent pas trop. Mais rien d'extravagant. Hier, pendant l'entrain un peu retrouvé avec le Junk Collector
Pendant cette extraordinaire période de déracinement, d'angoisse et d'émerveillement mêlés que furent mes premières semaines au Japon, ce disque a été tous les matins celui qui démarrait à l'heure du réveil. Deux mois environ. Il a ainsi ouvert, coloré, déteint, s'est profondément enfoncé dans les souvenirs de cette arrivée, des premières images, rencontres, odeurs, et le réécouter peut me nuire grave — parce que c'était encore la jeunesse, parce que je vivais avec quelqu'un d'autre et parce que ces courants musicaux étaient ce qui me tenaient le plus arrimé à ma vie en France, choses diverses dont le souvenir me coûte. Finalement, ça s'est plutôt bien passé ; les sentiments musicaux n'étaient pas plombés par les tonnes de Berlol morts.
En voici le premier et le dernier morceaux.
Je n'ai heureusement pas eu (le loisir de pousser trop loin dans) le passé. Il a plu très fort, plusieurs fois. Vers midi, c'était la nuit. Mais pas dans mon cœur. Trois cours m'attendaient et je m'y suis bien donné. Puis David et moi avons fait passer un oral blanc pour quelques étudiantes qui passent un examen dimanche. Les deux tiers l'auront haut la main, pour les autres ça dépendra des questions posées et des examinateurs.
Crevé par tout ça, j'ai dîné en regardant Danny the Dog (Louis Leterrier, 2005), histoire d'un homme — instrumentalisé pour tuer et — sauvé par la musique...