vendredi 13 juillet 2007
Passage, tissage, glanage, etc.
Par Berlol, vendredi 13 juillet 2007 à 23:59 :: General
Curieux de savoir combien de personnes avaient
écouté
Durutti Column
depuis la mise en ligne (moins de 24 heures), je suis allé
consulter
les statistiques de mon domaine (ce que je fais peu parce que plus
compliqué que
les statistiques du blog). Là, surprise, ça m'a
d'abord
sauté aux yeux, j'ai
constaté que, rien que pour ces 13 premiers jours de
juillet,
les trois requêtes
les plus fréquentes sur le blog sont : Volodine
(294 pages
vues), Duras
(180) et Molloy (159) — alors qu'il n'est question d'aucun
des
trois ce mois-ci. Là, tout de suite, un grand rayon de
plaisir,
comme du soleil (il
pleut, un typhon arrive...).
Rayon audio, justement, le mp3 le plus écouté de ma toute petite série est l'extrait des Pêcheurs de perles version supermarché japonais (227), suivi du cours sur Flaubert du 12 mai (56) et, plus loin, enfin, les Durutti Column : 54 pour l'un et 52 l'autre, soit plus de deux fois par heure.
On voit bien que le silence des commentateurs, qu'il nous faut sagement envisager de concevoir comme une forme de sagesse, n'empêche pas une grande activité de passage, tissage, glanage, etc. Exactement ce que je fais moi-même par ailleurs...
En revanche, la requête du mot flaubertible n'a eu que 15 occurrences. À y réfléchir, c'est sans doute normal puisque le mot n'existe pas (ou pas depuis plus de quelques semaines). Or les gens cherchent à partir de termes qu'ils connaissent déjà (on ne peut chercher à partir d'un mot qu'on ne connaît pas...). Actuellement, cette recherche ne peut s'effectuer qu'à partir du blog, en voyant le mot dans la colonne de droite, ou après une requête flaubertienne classique qui aura fait connaître ce terme, ou suite à réception du dernier Bulletin Flaubert, par exemple, parce qu'il le mentionnait.
Centre de sport en matinée, avec lecture de Bergounioux à vélo. J'aime son écriture, son style, sa fermeté, ses idées, alors que je ne peux partager ces dernières — du fait même de l'endroit où je suis, suis-je tenté de dire. En effet, un tel centre de sport représente parfaitement les changements sociaux que Bergounioux regrette...
J'ai d'ailleurs tiqué dès le début car je ne puis appartenir au nous qu'il emploie (c'est le premier mot). Implicitement nous collectif humain, ce n'est qu'après plusieurs pages que l'on comprend que son nous représente un petit nombre de personnes, éduquées, voire intellectuelles, nées vers le milieu du XXe siècle et toutes issues du centre de la France. Ce qui ne le prive cependant pas, et souvent, d'une certaine valeur universelle...
« Notre heure ne vaut sans doute pas mieux ni moins qu'aucune autre. La masse des injustices et des cruautés, le volume des souffrances que le genre humain s'inflige à lui-même n'ont pas dû varier beaucoup depuis l'époque de Kant. Ce qui a changé, c'est que nous savons. Et nous savons parce que nous sommes, réellement, partie prenante. Nous tenons par mille attaches solides, réciproques, agissantes, à l'ensemble de nos semblables. Ce qui les atteint se répercute promptement jusqu'à nous et nos gestes les touchent en plein. La première condition de notre bonheur, c'est leur bonheur, car ils ne font plus qu'une seule et même chose. L'universel concret est devenu la cause efficiente de nos actions. Il reste à en faire la cause finale ou, mieux encore, la raison.
Il n'est pas vrai que nous nous enfoncions dans la désolation ni, pour paraphraser Saint-Just en le contredisant, que le bonheur soit une vieillerie en Europe, et ailleurs. Nous venons de loin.» (Pierre Bergounioux, La Fin du monde en avançant, Fata Morgana, 2006, p. 14)
Dans la pluie qui nimbe la journée et avec des téléviseurs qui, ici ou là, nous montrent la progression du typhon, actuellement du côté d'Okinawa, David et moi allons déjeuner en ville. Au Tiger Cafe de Sakae, précisément. Et d'abord parce que c'est à côté d'une grande agence de voyage H.I.S. où nous devons aller demander un devis pour notre groupe orléanais de 32 personnes en février prochain.. Nous allons ensuite dans une autre agence, pour demander la même chose, le but étant de mettre les agences en concurrence — même si l'on est déjà sûr, en fait, d'avoir le devis le moins cher...
Dans la même journée, je reçois l'annonce de parution du numéro 10 de la revue Glottopol, dans laquelle j'ai un article, et l'annonce d'un futur colloque sur Claude Simon auquel je vais de ce pas candidater.
En soirée, je reçois un nouveau commentaire de Bob, en réponse à Dom, et toujours sur le sujet du racisme (billet du 1er juillet). Mais je ne peux le laisser en ligne pour les raisons que l'on va lire dans le courrier que je lui envoie, grâce à l'adresse qu'il a donnée en postant son commentaire... et qui me revient peu après avec la mention Adresse invalide.
En voici donc la teneur, comme à chaque fois qu'un différend de ce type est apparu dans le JLR. Les crochets "[...]" sont de moi, afin de publier ici sans les mots indésirables.
En fait, si on lisait bien Bergounioux, il avait déjà répondu ce matin...
« Bonjour,
Vous avez posté ce commentaire :
> a dom,
> Je n'ai jamais cru à la réalité formelle, légale, abstraite...Je crois
> au contraire en la réalité concréte, pratique, vécue...Les bi[...], les
> cr[...], les ra[...], les bou[...], le nia[...], les racailles, les
> weshs...lorsqu'ils s'organisent sont percus comme des mouvements
> dangereusement "communautaristes", qu'on a vite fait de releguer comme
> supplétifs d'Al caida S.A. Car ces barbares sempiternels, comme tout le
> monde sait, veulent détruire la "civilisation occidentale", rien de
> moins... Cessez l'hypocrisie, la dénégation, le déni le racisme français
> est structurel, il est issu d'un vieil héritage qu'il convient
> d'explorer! Vous êtes dans un pays qui a un ministère de l'identité
> nationnale (et de l'immigration), surtout ne l'oublier pas... Sachez
> aussi qu'un lumpen "blanc" d'Outreau, un peu dégrossi, deviendrait un
> bon cadre dans les Dom Tom!
> www.montraykreyol.org/spi...
Je ne suis pas en désaccord avec vos propos mais, à cause des termes insultants qu'ils contiennent, je ne peux les mettre en ligne pour deux raisons : la première, c'est que je serais légalement responsable en cas de plainte pour insulte ou diffamation de la part de toute personne se sentant insultée ou diffamée par ces termes (je vous cite : "Les bi[...], les cr[...], les ra[...], les bou[...], le nia[...], les racailles, les weshs"), la seconde c'est que je ne me suis moi-même jamais autorisé à employer l'un de ces termes pour désigner qui que ce soit, et que je n'ai pas l'intention de commencer aujourd'hui (sauf "racaille" qui n'a pas de contenu ethnique ou racial). Il y en aurait même une troisième qui serait que la présence de ces mots attirerait, via les moteurs de recherche, d'autres personnes qui, sans s'occuper de qui ou quoi, renchériraient dans un sens ou dans l'autre. Ce qui ne constitue en aucun cas une discussion.
En conclusion, je peux valider un commentaire qui véhicule correctement vos idées, mais sans aucun mot qui présente un risque d'insulte ou de diffamation.
Si je puis me permettre, je pense que dans votre colère légitime vous faites une erreur de stratégie (outre ce que j'ai déjà dit dans mon commentaire après vôtre premier) : il n'y a pas de règlement d'un problème tant qu'on maintient une attitude agressive et des termes insultants. Et si l'on ne peut s'en empêcher, il faut savoir que la réponse adverse sera TOUJOURS proportionnée, ce qui signifie précisément : l'escalade de la guerre. Or cette escalade peut être un souhait caché, éventuellement au fond de vous-même, même si vous vous en défendez. Si l'on veut discuter, et discuter POUR résoudre des problèmes aggravés par des siècles de comportements qui font honte à des Français d'aujourd'hui, dont je suis, il faut commencer par retirer certains mots de sa propre bouche. Ça peut paraître bizarre, mais pour discuter, il faut retirer des mots.
J'attends, si vous le voulez bien, votre commentaire modifié. Sinon, je le publierai de toute façon, sans les mots indésirables, et avec le contenu de ce courrier en explication.
Nous menons peut-être le même combat, mais à défaut des bons mots, nous ne pouvons pas encore le savoir.
Cordialement.»
Rayon audio, justement, le mp3 le plus écouté de ma toute petite série est l'extrait des Pêcheurs de perles version supermarché japonais (227), suivi du cours sur Flaubert du 12 mai (56) et, plus loin, enfin, les Durutti Column : 54 pour l'un et 52 l'autre, soit plus de deux fois par heure.
On voit bien que le silence des commentateurs, qu'il nous faut sagement envisager de concevoir comme une forme de sagesse, n'empêche pas une grande activité de passage, tissage, glanage, etc. Exactement ce que je fais moi-même par ailleurs...
En revanche, la requête du mot flaubertible n'a eu que 15 occurrences. À y réfléchir, c'est sans doute normal puisque le mot n'existe pas (ou pas depuis plus de quelques semaines). Or les gens cherchent à partir de termes qu'ils connaissent déjà (on ne peut chercher à partir d'un mot qu'on ne connaît pas...). Actuellement, cette recherche ne peut s'effectuer qu'à partir du blog, en voyant le mot dans la colonne de droite, ou après une requête flaubertienne classique qui aura fait connaître ce terme, ou suite à réception du dernier Bulletin Flaubert, par exemple, parce qu'il le mentionnait.
Centre de sport en matinée, avec lecture de Bergounioux à vélo. J'aime son écriture, son style, sa fermeté, ses idées, alors que je ne peux partager ces dernières — du fait même de l'endroit où je suis, suis-je tenté de dire. En effet, un tel centre de sport représente parfaitement les changements sociaux que Bergounioux regrette...
J'ai d'ailleurs tiqué dès le début car je ne puis appartenir au nous qu'il emploie (c'est le premier mot). Implicitement nous collectif humain, ce n'est qu'après plusieurs pages que l'on comprend que son nous représente un petit nombre de personnes, éduquées, voire intellectuelles, nées vers le milieu du XXe siècle et toutes issues du centre de la France. Ce qui ne le prive cependant pas, et souvent, d'une certaine valeur universelle...
« Notre heure ne vaut sans doute pas mieux ni moins qu'aucune autre. La masse des injustices et des cruautés, le volume des souffrances que le genre humain s'inflige à lui-même n'ont pas dû varier beaucoup depuis l'époque de Kant. Ce qui a changé, c'est que nous savons. Et nous savons parce que nous sommes, réellement, partie prenante. Nous tenons par mille attaches solides, réciproques, agissantes, à l'ensemble de nos semblables. Ce qui les atteint se répercute promptement jusqu'à nous et nos gestes les touchent en plein. La première condition de notre bonheur, c'est leur bonheur, car ils ne font plus qu'une seule et même chose. L'universel concret est devenu la cause efficiente de nos actions. Il reste à en faire la cause finale ou, mieux encore, la raison.
Il n'est pas vrai que nous nous enfoncions dans la désolation ni, pour paraphraser Saint-Just en le contredisant, que le bonheur soit une vieillerie en Europe, et ailleurs. Nous venons de loin.» (Pierre Bergounioux, La Fin du monde en avançant, Fata Morgana, 2006, p. 14)
Dans la pluie qui nimbe la journée et avec des téléviseurs qui, ici ou là, nous montrent la progression du typhon, actuellement du côté d'Okinawa, David et moi allons déjeuner en ville. Au Tiger Cafe de Sakae, précisément. Et d'abord parce que c'est à côté d'une grande agence de voyage H.I.S. où nous devons aller demander un devis pour notre groupe orléanais de 32 personnes en février prochain.. Nous allons ensuite dans une autre agence, pour demander la même chose, le but étant de mettre les agences en concurrence — même si l'on est déjà sûr, en fait, d'avoir le devis le moins cher...
Dans la même journée, je reçois l'annonce de parution du numéro 10 de la revue Glottopol, dans laquelle j'ai un article, et l'annonce d'un futur colloque sur Claude Simon auquel je vais de ce pas candidater.
En soirée, je reçois un nouveau commentaire de Bob, en réponse à Dom, et toujours sur le sujet du racisme (billet du 1er juillet). Mais je ne peux le laisser en ligne pour les raisons que l'on va lire dans le courrier que je lui envoie, grâce à l'adresse qu'il a donnée en postant son commentaire... et qui me revient peu après avec la mention Adresse invalide.
En voici donc la teneur, comme à chaque fois qu'un différend de ce type est apparu dans le JLR. Les crochets "[...]" sont de moi, afin de publier ici sans les mots indésirables.
En fait, si on lisait bien Bergounioux, il avait déjà répondu ce matin...
« Bonjour,
Vous avez posté ce commentaire :
> a dom,
> Je n'ai jamais cru à la réalité formelle, légale, abstraite...Je crois
> au contraire en la réalité concréte, pratique, vécue...Les bi[...], les
> cr[...], les ra[...], les bou[...], le nia[...], les racailles, les
> weshs...lorsqu'ils s'organisent sont percus comme des mouvements
> dangereusement "communautaristes", qu'on a vite fait de releguer comme
> supplétifs d'Al caida S.A. Car ces barbares sempiternels, comme tout le
> monde sait, veulent détruire la "civilisation occidentale", rien de
> moins... Cessez l'hypocrisie, la dénégation, le déni le racisme français
> est structurel, il est issu d'un vieil héritage qu'il convient
> d'explorer! Vous êtes dans un pays qui a un ministère de l'identité
> nationnale (et de l'immigration), surtout ne l'oublier pas... Sachez
> aussi qu'un lumpen "blanc" d'Outreau, un peu dégrossi, deviendrait un
> bon cadre dans les Dom Tom!
> www.montraykreyol.org/spi...
Je ne suis pas en désaccord avec vos propos mais, à cause des termes insultants qu'ils contiennent, je ne peux les mettre en ligne pour deux raisons : la première, c'est que je serais légalement responsable en cas de plainte pour insulte ou diffamation de la part de toute personne se sentant insultée ou diffamée par ces termes (je vous cite : "Les bi[...], les cr[...], les ra[...], les bou[...], le nia[...], les racailles, les weshs"), la seconde c'est que je ne me suis moi-même jamais autorisé à employer l'un de ces termes pour désigner qui que ce soit, et que je n'ai pas l'intention de commencer aujourd'hui (sauf "racaille" qui n'a pas de contenu ethnique ou racial). Il y en aurait même une troisième qui serait que la présence de ces mots attirerait, via les moteurs de recherche, d'autres personnes qui, sans s'occuper de qui ou quoi, renchériraient dans un sens ou dans l'autre. Ce qui ne constitue en aucun cas une discussion.
En conclusion, je peux valider un commentaire qui véhicule correctement vos idées, mais sans aucun mot qui présente un risque d'insulte ou de diffamation.
Si je puis me permettre, je pense que dans votre colère légitime vous faites une erreur de stratégie (outre ce que j'ai déjà dit dans mon commentaire après vôtre premier) : il n'y a pas de règlement d'un problème tant qu'on maintient une attitude agressive et des termes insultants. Et si l'on ne peut s'en empêcher, il faut savoir que la réponse adverse sera TOUJOURS proportionnée, ce qui signifie précisément : l'escalade de la guerre. Or cette escalade peut être un souhait caché, éventuellement au fond de vous-même, même si vous vous en défendez. Si l'on veut discuter, et discuter POUR résoudre des problèmes aggravés par des siècles de comportements qui font honte à des Français d'aujourd'hui, dont je suis, il faut commencer par retirer certains mots de sa propre bouche. Ça peut paraître bizarre, mais pour discuter, il faut retirer des mots.
J'attends, si vous le voulez bien, votre commentaire modifié. Sinon, je le publierai de toute façon, sans les mots indésirables, et avec le contenu de ce courrier en explication.
Nous menons peut-être le même combat, mais à défaut des bons mots, nous ne pouvons pas encore le savoir.
Cordialement.»