La tête dans les failles terrestres
Par Berlol, mercredi 18 juillet 2007 à 23:42 :: General :: #703 :: rss
Pfffuuuuu ! C'est la dernière semaine de
cours ! L'avant-dernier jour ! On en a marre, et les
étudiants aussi. On fait des dictées de
numéros de téléphone, et puis des jeux
à base d'étymologie et de morphologie.
Ça les intéresse mais ce qui les
intéresse le plus, c'est de savoir si ça sera
dans l'examen...
Après une brève réunion, je vais en vélo à la poste d'arrondissement pour chercher un recommandé. De nouvelles cartes de crédit ! Alors que celles que nous avons ne sont pas périmées... Ah ! C'est la banque qui est périmée ! Elle a fusionné, changé de nom, modifié ses règles de fonctionnement, et donc changé toutes ses cartes... aux frais des clients, je suppose.
Pendant qu'on parle du Japon, allons-y. L'une des plus grandes centrales nucléaires du monde, sinon la plus grande, est donc fermée, tout le monde a dû l'entendre, ça a été dit partout. De même que tous les incidents qui ont été cachés depuis des décennies commencent à être révélés. Le premier ministre fait les gros yeux. Apparemment, les calculs effectués avant la construction de la centrale n'avaient pas permis de savoir qu'une faille sismique passait par là...
Aujourd'hui, encore, on apprend que les grandes tours de Tokyo ne résistent pas si bien que ça aux ondes lentes, dites aussi ondes silencieuses, découvertes et étudiées depuis peu. Dans la tour de Roppongi, où vivent les nouveaux parvenus, des ascenseurs n'ont pas été arrêtés par un système anti-sismique mais parce qu'ils se sont mis en travers et ont buté contre les murs.
Je me ressasse tout cela en pédalant et m'aperçois que j'ai tout de même plus de chances de mourir renversé par un chauffard, surtout si j'ai la tête dans les failles terrestres...
Beigbeder ne m'intéresse pas plus que Houellebecq, qu'il admire par ailleurs. J'apprécie parfois son attitude. Son snobisme, surjoué, me rappelle quand même la chanson de Boris Vian... Mais il ne lui arrive pas à la cheville. D'ailleurs, c'est plus un parasite du monde littéraire qu'un grand auteur, en fait.
Thomas Clément : « Justement, y'a un truc que je comprends pas, c'est que, heu, donc, ton nouveau roman Au secours pardon vient de sortir et t'as refusé toutes les télés, quasiment, et t'as accepté tout naturellement de venir chez moi alors qu'on se connaît à peine...
Frédéric Beigbeder : — Eh ben, heu, c'est très simple, c'est du snobisme.
TC : — Alors que ton attachée de presse était même pas chaude, hein, pour être très franc avec toi.
FB : — C'est du snobisme. C'est parce que je suis incorrigiblement snob et que je préfère être interviewé ici par toi que par tous les autres animateurs de télé qui m'ont proposé gentiment mais... je crois que ça sert à rien, en fait. Aujourd'hui, je crois que pour un écrivain d'aller vendre son livre à la télévision, c'est parfaitement inutile. Et dans mon cas, c'est même agaçant. Donc, je préfère pas.
TC : — C'est risqué quand même de baser toute ta promo sur un tomcast !
FB : — Eh ben, j'ai peut-être tort, mais je pense que le but d'un écrivain n'est pas de se vendre. Et que même l'expression "en promo" est assez ignoble. Et moi je trouve que je suis pas en promo...
TC : — Et t'as vu mon tomcast avec Jean d'Ormesson ?
FB : — Très bien...
TC : — Il avait une belle phrase à ce sujet.
FB : — Je me souviens pas mais...
TC : — Si, c'était : un livre qui passe à la télé est un livre déformé et un livre qui ne passe pas à la télé est un livre perdu.
FB : — Eh bah alors dans ce cas je préfère être perdu que déformé. Je crois que c'est clair. Nous ne sommes pas à vendre. Je ne suis pas un vendeur d'aspirateurs. J'ai écrit un livre. Ça m'a pris du temps. Que les gens le lisent ou non, m'est presque égal, à vrai dire. C'est affreux, hein. Le travail de l'éditeur, c'est de vendre, mais le travail de l'auteur, c'est juste d'écrire. C'est pas d'aller vendre, d'aller supplier à genoux, par pitié, lisez mon livre, lisez mon livre. J'crois pas. Je crois que d'ailleurs, ça, dans le cas de gens qui ont un peu de notoriété, c'est même contre productif, parce qu'on a l'impression que le type a dû écrire un truc très mauvais, s'il est en train de supplier dans toutes les émissions qu'on l'achète. C'est bien la preuve que c'est nul. Pour moi, c'est ça. D'ailleurs, mon bouquin, bah, i marche quand même, sans télés.» (Beigbeder, interviewé dans une baignoire par un blogueur...)
Après une brève réunion, je vais en vélo à la poste d'arrondissement pour chercher un recommandé. De nouvelles cartes de crédit ! Alors que celles que nous avons ne sont pas périmées... Ah ! C'est la banque qui est périmée ! Elle a fusionné, changé de nom, modifié ses règles de fonctionnement, et donc changé toutes ses cartes... aux frais des clients, je suppose.
Pendant qu'on parle du Japon, allons-y. L'une des plus grandes centrales nucléaires du monde, sinon la plus grande, est donc fermée, tout le monde a dû l'entendre, ça a été dit partout. De même que tous les incidents qui ont été cachés depuis des décennies commencent à être révélés. Le premier ministre fait les gros yeux. Apparemment, les calculs effectués avant la construction de la centrale n'avaient pas permis de savoir qu'une faille sismique passait par là...
Aujourd'hui, encore, on apprend que les grandes tours de Tokyo ne résistent pas si bien que ça aux ondes lentes, dites aussi ondes silencieuses, découvertes et étudiées depuis peu. Dans la tour de Roppongi, où vivent les nouveaux parvenus, des ascenseurs n'ont pas été arrêtés par un système anti-sismique mais parce qu'ils se sont mis en travers et ont buté contre les murs.
Je me ressasse tout cela en pédalant et m'aperçois que j'ai tout de même plus de chances de mourir renversé par un chauffard, surtout si j'ai la tête dans les failles terrestres...
Beigbeder ne m'intéresse pas plus que Houellebecq, qu'il admire par ailleurs. J'apprécie parfois son attitude. Son snobisme, surjoué, me rappelle quand même la chanson de Boris Vian... Mais il ne lui arrive pas à la cheville. D'ailleurs, c'est plus un parasite du monde littéraire qu'un grand auteur, en fait.
Thomas Clément : « Justement, y'a un truc que je comprends pas, c'est que, heu, donc, ton nouveau roman Au secours pardon vient de sortir et t'as refusé toutes les télés, quasiment, et t'as accepté tout naturellement de venir chez moi alors qu'on se connaît à peine...
Frédéric Beigbeder : — Eh ben, heu, c'est très simple, c'est du snobisme.
TC : — Alors que ton attachée de presse était même pas chaude, hein, pour être très franc avec toi.
FB : — C'est du snobisme. C'est parce que je suis incorrigiblement snob et que je préfère être interviewé ici par toi que par tous les autres animateurs de télé qui m'ont proposé gentiment mais... je crois que ça sert à rien, en fait. Aujourd'hui, je crois que pour un écrivain d'aller vendre son livre à la télévision, c'est parfaitement inutile. Et dans mon cas, c'est même agaçant. Donc, je préfère pas.
TC : — C'est risqué quand même de baser toute ta promo sur un tomcast !
FB : — Eh ben, j'ai peut-être tort, mais je pense que le but d'un écrivain n'est pas de se vendre. Et que même l'expression "en promo" est assez ignoble. Et moi je trouve que je suis pas en promo...
TC : — Et t'as vu mon tomcast avec Jean d'Ormesson ?
FB : — Très bien...
TC : — Il avait une belle phrase à ce sujet.
FB : — Je me souviens pas mais...
TC : — Si, c'était : un livre qui passe à la télé est un livre déformé et un livre qui ne passe pas à la télé est un livre perdu.
FB : — Eh bah alors dans ce cas je préfère être perdu que déformé. Je crois que c'est clair. Nous ne sommes pas à vendre. Je ne suis pas un vendeur d'aspirateurs. J'ai écrit un livre. Ça m'a pris du temps. Que les gens le lisent ou non, m'est presque égal, à vrai dire. C'est affreux, hein. Le travail de l'éditeur, c'est de vendre, mais le travail de l'auteur, c'est juste d'écrire. C'est pas d'aller vendre, d'aller supplier à genoux, par pitié, lisez mon livre, lisez mon livre. J'crois pas. Je crois que d'ailleurs, ça, dans le cas de gens qui ont un peu de notoriété, c'est même contre productif, parce qu'on a l'impression que le type a dû écrire un truc très mauvais, s'il est en train de supplier dans toutes les émissions qu'on l'achète. C'est bien la preuve que c'est nul. Pour moi, c'est ça. D'ailleurs, mon bouquin, bah, i marche quand même, sans télés.» (Beigbeder, interviewé dans une baignoire par un blogueur...)
Commentaires
1. Le mercredi 18 juillet 2007 à 21:16, par brigetoun :
quand on oublie que le dandysme n'est supportable et parfois délectable que s'il y a de l'intelligence, et si possible une vision, derrière
2. Le jeudi 19 juillet 2007 à 03:33, par Berlol :
Oui, c'est pour ça que je dis qu'il est surjoué, son snobisme...
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