samedi 28 juillet 2007
Haché de coupes et de sauts
Par Berlol, samedi 28 juillet 2007 à 23:13 :: General
On ne se lève pas tôt mais on travaille quand
même dans la matinée. J'enregistre en
même temps la cinquième conférence de
l'Université populaire de Caen de Michel Onfray (la série d'été
de l'UPC a commencé cette semaine et j'ai
enregistré les quatre premières
émissions hier). J'écouterai ça
très bientôt, notamment parce que c'est sur le
XIXe siècle.
Pour ce qui est du XXe siècle littéraire, une série INA sur le canal des Chemins de la connaissance que je n'ai pas encore réussi à attraper (pas de stockage sur le site). J'avais programmé l'enregistrement de nuit au bureau mais le résultat était tout haché de coupes et de sauts, sur près de quatre heures de programmes, insupportable. Faut que je réessaie demain ou lundi, après ça sera râpé (série INA suivante sur Jabès, pour une semaine).
Bain en lisant quelques chapitres, toujours fluides comme l'eau tiède.
« Drôles de gens. De ceux qui ne laissent sur leur passage qu'une buée vite dissipée. Nous nous entretenions souvent, Hutte et moi, de ces êtres dont les traces se perdent. Ils surgissent un beau jour du néant et y retournent après avoir brillé de quelques paillettes. Reines de beauté. Gigolos. Papillons. La plupart d'entre eux, même de leur vivant, n'avaient pas plus de consistance qu'une vapeur qui ne se condensera jamais.» (Patrick Modiano, Rue des boutiques obscures, p. 72)
Au moment de partir au Saint-Martin, T. cafouille avec son téléphone portable déchargé et qui s'était éteint. En fait deux étudiantes l'attendent depuis plus d'une demie heure à la gare d'Iidabashi, sous le cagnard, pour déjeuner avec elle — et je n'en étais même pas averti. Heureusement, Yukie avait encore assez de place pour nous. Les sympathiques et quelque peu timides étudiantes de T. font du français en option et n'en vont pas moins partir dans quelques jours pour un mois de stage linguistique à Toulouse, en famille d'accueil. Elles ont des questions. Nous y répondons en caricaturant le moins possible.
Un de leurs profs les a visiblement effrayées en peignant tout en noir, une France sinistrée par la violence, les questions d'immigration, la pauvreté. J'ai déjà entendu cette chanson. Il faudrait enfermer ce genre de personnes, ou leur barrer l'accès aux étudiants. En voulant valoriser leur spécialité (sociologie, médias, ou je ne sais quoi) et se focaliser sur des problèmes certes bien réels mais sans les recadrer, relativiser, mettre en perspective, ils montrent une catastrophique inaptitude à l'enseignement.
Toujours à quatre, nous allons à l'Institut où il y a une table-ronde sur Hiroshima & Nagasaki (dans un cycle exposition, conférences et films). J'y entre tout de suite, T. fait visiter la librairie puis la médiathèque, me rejoint une heure après. Malgré la qualité indiscutable des intervenants, T. et moi n'apprenons rien que nous ne sachions déjà. Ce qui est somme toute normal : nous faisons partie d'une génération relativement bien informée sur ces sujets, à quoi nous avons volontairement ajouté livres, films ou voyages pour comprendre mieux. Nous n'en dirions pas autant des suivantes, qui ne sont ni informées ni motivées pour en savoir plus par elles-mêmes.
Trois heures ont pourtant passé assez vite, il n'y avait pas de langue de bois. Le Japon par soi victimisé mais incapable de prendre en charge décemment ses victimes réelles (hibakushas) et tout autant incapable de reconnaître ses crimes contre les pays qu'il a tenté de soumettre, ce Japon, toujours dirigé par un parti directement issu du clan des criminels de guerre et directement lié aux milieux de l'extrême-droite et de la mafia, ce Japon-là n'a pas été épargné, même si ce n'est pas une soixantaine de personnes par ci ou par là qui viendra à bout d'énormes collusions politico-militaro-industrielles, toujours prêtes à justifier les deux recours à l'arme atomique.
Pour
nous aérer les méninges, nous sortons les
vélos et allons jusqu'à Aoyama par Akebonobashi
et Shinanomachi. La chaleur directe est un peu tombée, les
rues peu encombrées. Ça n'empêche pas
que T., en athlète rompue à déjouer
les objectifs, reste toujours difficile à cadrer.
C'est trop tard pour les soldes de Villeroy & Boch, ça ferme à 18 heures le samedi. Après deux heures de promenade, à la nuit tombante, on revient par Yotsuya et achetons le pain et les légumes dont nous dînerons, tout poissés de sueur et libérés des stress de la semaine.
Rien à la télé, comme souvent le samedi, que ce soit sur les chaînes japonaises ou sur TV5 Monde.
On lira...
Pour ce qui est du XXe siècle littéraire, une série INA sur le canal des Chemins de la connaissance que je n'ai pas encore réussi à attraper (pas de stockage sur le site). J'avais programmé l'enregistrement de nuit au bureau mais le résultat était tout haché de coupes et de sauts, sur près de quatre heures de programmes, insupportable. Faut que je réessaie demain ou lundi, après ça sera râpé (série INA suivante sur Jabès, pour une semaine).
Bain en lisant quelques chapitres, toujours fluides comme l'eau tiède.
« Drôles de gens. De ceux qui ne laissent sur leur passage qu'une buée vite dissipée. Nous nous entretenions souvent, Hutte et moi, de ces êtres dont les traces se perdent. Ils surgissent un beau jour du néant et y retournent après avoir brillé de quelques paillettes. Reines de beauté. Gigolos. Papillons. La plupart d'entre eux, même de leur vivant, n'avaient pas plus de consistance qu'une vapeur qui ne se condensera jamais.» (Patrick Modiano, Rue des boutiques obscures, p. 72)
Au moment de partir au Saint-Martin, T. cafouille avec son téléphone portable déchargé et qui s'était éteint. En fait deux étudiantes l'attendent depuis plus d'une demie heure à la gare d'Iidabashi, sous le cagnard, pour déjeuner avec elle — et je n'en étais même pas averti. Heureusement, Yukie avait encore assez de place pour nous. Les sympathiques et quelque peu timides étudiantes de T. font du français en option et n'en vont pas moins partir dans quelques jours pour un mois de stage linguistique à Toulouse, en famille d'accueil. Elles ont des questions. Nous y répondons en caricaturant le moins possible.
Un de leurs profs les a visiblement effrayées en peignant tout en noir, une France sinistrée par la violence, les questions d'immigration, la pauvreté. J'ai déjà entendu cette chanson. Il faudrait enfermer ce genre de personnes, ou leur barrer l'accès aux étudiants. En voulant valoriser leur spécialité (sociologie, médias, ou je ne sais quoi) et se focaliser sur des problèmes certes bien réels mais sans les recadrer, relativiser, mettre en perspective, ils montrent une catastrophique inaptitude à l'enseignement.
Toujours à quatre, nous allons à l'Institut où il y a une table-ronde sur Hiroshima & Nagasaki (dans un cycle exposition, conférences et films). J'y entre tout de suite, T. fait visiter la librairie puis la médiathèque, me rejoint une heure après. Malgré la qualité indiscutable des intervenants, T. et moi n'apprenons rien que nous ne sachions déjà. Ce qui est somme toute normal : nous faisons partie d'une génération relativement bien informée sur ces sujets, à quoi nous avons volontairement ajouté livres, films ou voyages pour comprendre mieux. Nous n'en dirions pas autant des suivantes, qui ne sont ni informées ni motivées pour en savoir plus par elles-mêmes.
Trois heures ont pourtant passé assez vite, il n'y avait pas de langue de bois. Le Japon par soi victimisé mais incapable de prendre en charge décemment ses victimes réelles (hibakushas) et tout autant incapable de reconnaître ses crimes contre les pays qu'il a tenté de soumettre, ce Japon, toujours dirigé par un parti directement issu du clan des criminels de guerre et directement lié aux milieux de l'extrême-droite et de la mafia, ce Japon-là n'a pas été épargné, même si ce n'est pas une soixantaine de personnes par ci ou par là qui viendra à bout d'énormes collusions politico-militaro-industrielles, toujours prêtes à justifier les deux recours à l'arme atomique.
Pour
nous aérer les méninges, nous sortons les
vélos et allons jusqu'à Aoyama par Akebonobashi
et Shinanomachi. La chaleur directe est un peu tombée, les
rues peu encombrées. Ça n'empêche pas
que T., en athlète rompue à déjouer
les objectifs, reste toujours difficile à cadrer.C'est trop tard pour les soldes de Villeroy & Boch, ça ferme à 18 heures le samedi. Après deux heures de promenade, à la nuit tombante, on revient par Yotsuya et achetons le pain et les légumes dont nous dînerons, tout poissés de sueur et libérés des stress de la semaine.
Rien à la télé, comme souvent le samedi, que ce soit sur les chaînes japonaises ou sur TV5 Monde.
On lira...