Journée boulot (Mérimée), sans sport ni sortie. Pas par punition mais nécessité boucler travail.
Quelques distractions, tout de même, si l'on peut appeler ça comme ça. L'enregistrement des émissions du week-end sur les années 1964 et 1965. À signaler : la troisième heure de 1964 est une très très intéressante émission avec René Étiemble au Japon, tandis qu'une partie de 1965 est consacrée à Georges Perec, interrogé peu après la parution des Choses. Le voici.


Dans le bain, je change de siècle en lisant quelques pages de Volodine, et le soir, de pays, avec Cible émouvante (P. Salvadori, 1993) sur TV5 ; pas un chef-d'œuvre mais une ambiance, une étrangeté du thème, d'excellent acteurs.

« [...] nous découvrîmes que l'ensemble de la chair sociale était pourri, que tout puait jusqu'à la moelle, que le corps immense de l'Occident était bon à détruire, non pas à reconstruire sur des bases plus saines mais bel et bien à détruire, et soudain nous nous aperçûmes que la fibre prolétaire sur laquelle nous avions fondé nos espoirs et nos théories, que même le tissu prolétaire était irrécupérable, et, tandis que nous nous attaquions aux grandes articulations de la guerre américaine et que nous tentions de casser les dents des grandes machineries orchestrées par le capital industriel, nous sentions cette pestilence généralisée rejaillir sans cesse sur nous depuis les intérieurs feutrés où se terrait la populace [...] » (Antoine Volodine, Lisbonne dernière marge, p. 152)

« P.-S. Mon ami M. de P. vient de m’écrire de Perpignan que la statue n’existe plus. Après la mort de son mari, le premier soin de madame de Peyrehorade fut de la faire fondre en cloche, et sous cette nouvelle forme elle sert à l’église d’Ille. Mais, ajoute M. de P., il semble qu’un mauvais sort poursuive ceux qui possèdent ce bronze. Depuis que cette cloche sonne à Ille, les vignes ont gelé deux fois.» (Prosper Mérimée, La Vénus d'Ille, 1837)