Dormir assis n'a jamais été mon fort. Je me lève donc de temps en temps, boit un verre d'eau, me rassied. T., elle, dort à poings fermés, sa voisine aussi. Rafle d'une bonne partie des magazines disponibles, pour lecture ultérieure. Arrivée à Roissy vers 4h15 du matin. Débarquement et retrait des valises, qui sont là et intactes. Pour aller à Orly, notre calcul est vite fait. Même si c'est plus cher, mieux vaut prendre un taxi qui n'aura aucun mal à faire le trajet sur des autoroutes désertes avant cinq heures du matin que d'attendre le premier car Air France à 7 heures pour arriver dans un aéroport déjà en pleine activité et y refaire la queue.
Et en effet, Orly Ouest à 5h15, c'est réellement désert. Il faut attendre 6 heures l'ouverture de la boutique Paul pour avoir du café, un flan et une tartelette aux pommes, retrouver les attitudes et les conversations des gens. Une nouvelle journée qui commence. Malgré la fatigue qui commence à se faire sentir, c'est très agréable. Après, c'est un peu long, tout de même, d'attendre jusqu'à 7h50 pour l'enregistrement des bagages, puis encore une heure pour l'embarquement. On a fait toutes les boutiques d'Orly Ouest, et juste acheté L'Élégance du hérisson de Muriel Barbery, parce que le sujet intéresse aussi T.

Le vol de 9h20 pour Bastia se passe lui aussi sans problème. On reconnaît bien les Alpes, puis la Côte d'Azur, la mer assez moutonnée, venteuse peut-être. Titine nous attend à la sortie du tarmac, beaucoup de monde dans le hall, le vol précédent ayant eu du retard. Mais finalement les valises sont là en dix ou douze minutes. Nos premiers pas sur le sol corse.

Pizza maison façon Michel sur la terrasse, avec une première bière corse. Découverte du paysage disponible de la terrasse. Euh... on comprend mieux pourquoi nos amis viennent ici...

Plus tard, après installation et sieste, descente sur une petite plage, toute encaissée. Gros rouleaux. On ne se baigne guère (la fatigue, le déjeuner récent et au moins dix degrés de moins qu'à Tokyo constituent de sérieux dangers).
Sociologie d'une plage corse (ressemble tout de même à beaucoup d'autres). Caleçon plein de particules d'algues. Celles collées sur la peau blanchissent en séchant. Les autres auront beaucoup de mal à être décollées, même sous la douche (à la maison, parce que de douche sur la plage, il n'y avait point, au grand dam de T., habituée des plages japonaises équipées).

Marche en montagne et en pantalon long, dans un sentier de pierres et d'épineux, vers les ruines d'un couvent. Jumelles, appareil-photo, pour moi, caméra vidéo pour T., sécateur pour Michel. Deux beaux chiens (qui ne sont pas à nous) nous accompagnent durant toute la randonnée. Je photographie aussi des bouses qui pourraient être de ces vaches qui contribuent à garder des chemins praticables. Ici, les cultures en terrasses ont été abandonnées. N'en restent que les murets.
D'un promontoire, large panorama. La baie de Saint-Florent, à gauche, et à droite, dans l'inondation de soleil, la Punta Mortella, la Punta di Curza.

Après le dîner, on papote, on baille. J'essaie de prendre quelques notes. Mais les paupières s'y opposent avec insistance. Je cède et l'on disparaît dans un bon lit avant onze heures.