On s'occupe, on mange du nougat
Par Berlol, mardi 21 août 2007 à 23:59 :: General :: #737 :: rss
Pas très beau temps, ce matin. Il pleuvra même une
bonne partie de la journée. Petit déjeuner
à l'intérieur mais lecture sur la terrasse. Dans
le Nouvel Observateur
du 16 au 22 août (prélevé dans
l'avion), nécessaire article de Bruno Birolli,
intitulé Japon :
assez de repentance ! (p. 30-33). Il
résume parfaitement l'attitude de la classe politique
actuelle et la rattache à son exacte origine, le militarisme
nationaliste des années 1930. Mais il souligne surtout le
danger d'une active réécriture de l'histoire qui
a pour but de blanchir le Japon de ses crimes, ce qui semble
être, plus que le bonheur du peuple japonais, l'objectif
principal de la clique que dirige logiquement Shinzo Abe :
« [...] à travers sa famille Abe [...] incarne une sorte de continuité entre le Japon militariste d'avant-1945 et celui d'aujourd'hui. Petit-fils de Kinosuke Kichi, ministre de l'Armement jusqu'en 1945, il est aussi le petit-neveu du ministre des Affaires étrangères Yosuke Matsuoka, signataire de l'alliance avec l'Allemagne nazie. Depuis 1978, l'"âme" de Matsuoka est à Yasukuni. Il est l'un des 14 criminels de guerre "divinisés" après avoir été condamnés à mort ou à la prison à vie au procès de Tokyo.» (p. 32)
Après ça, les articles d'effroi de ceux qui découvrent que Wikipédia est aussi un lieu de réécriture permanente des histoires individuelles et collectives me font bien rire. Au lieu de s'attaquer au principe d'une encyclopédie collaborative au prétexte que des imbéciles ont accès à sa rédaction, il serait plus instructif d'apercevoir l'évolution de ce nouvel encyclopédisme vers la possibilité d'avoir enfin une histoire qui ne soit pas écrite par les scribes des dominants, dans quelque domaine que ce soit.
D'où l'intérêt aussi — de ma retraite à 40k, je lis encore — des articles de François Bon quand il historicise sur le thème de l'internet littéraire, cette fois pour traiter de Facebook. Deux amis m'ont invité sur cette plateforme ces dernières semaines. Je m'y suis rendu, inscrit et en ai parcouru rapidement les méandres. Irrité sans cesse d'être dans une coquille américaine, de devoir cliquer sur les liens d'une terminologie débile, et déçu de voir qu'il s'agissait surtout de faire tapisserie, je n'y ai plus guère remis les pieds. Je ne demande qu'à changer d'avis, mais il faudra plus que du trop à la mode réseau social pour me convaincre...
Alors que je fignolais le billet d'hier — comme hier, en somme — arrive l'heure d'aller faire des courses à Saint-Florent. Même quand il pleut, ce centre ville si kitsch, car on ne peut pas le dire beau, devient une horreur tant voitures et motos prennent de place, mobilisent en permanence l'attention, pourrissent déplacements et conversations. Je voterais volontiers pour une transformation en zone piétone, et comme d'habitude les commerçants ne seraient pas d'accord.
C'est
vrai que c'est dommage qu'il pleuve en Corse, mais d'un autre
côté, ça nous permet de nous reposer,
de reconstituer nos réserves
énergétiques avec des siestes et des bons petits
plats. Certaines font du yoga, un autre gratte la rouille d'un portique
de hamac. On lit. On s'occupe, on mange du nougat. Jusqu'à
ce qu'un soleil piteux se jette dans l'eau.
Le soir, T. prépare un dîner japonais avec divers ingrédients amenés à cet effet. Le reste de pêche de Michel sert au bouillon de base. Il y aura de l'omelette à la japonaise, de la soupe aux grains de sésame et des sobas au nori. La fille de nos amis, J., mange absolument tout avec les baguettes d'entraînement que nous lui avons rapportées (baguettes liées par une articulation, anneaux pour deux doigts et cran de position du pouce), même des corn flakes...
Les deux tours de table de lecture amènent notre salon littéraire à la page 85 de L'Élégance du hérisson. On trouve que ça patine un peu, l'histoire ne démarre pas vite, on alterne de la marginalité de la concierge à la marginalité de la surdouée. La convergence semble approcher.
« [...] à travers sa famille Abe [...] incarne une sorte de continuité entre le Japon militariste d'avant-1945 et celui d'aujourd'hui. Petit-fils de Kinosuke Kichi, ministre de l'Armement jusqu'en 1945, il est aussi le petit-neveu du ministre des Affaires étrangères Yosuke Matsuoka, signataire de l'alliance avec l'Allemagne nazie. Depuis 1978, l'"âme" de Matsuoka est à Yasukuni. Il est l'un des 14 criminels de guerre "divinisés" après avoir été condamnés à mort ou à la prison à vie au procès de Tokyo.» (p. 32)
Après ça, les articles d'effroi de ceux qui découvrent que Wikipédia est aussi un lieu de réécriture permanente des histoires individuelles et collectives me font bien rire. Au lieu de s'attaquer au principe d'une encyclopédie collaborative au prétexte que des imbéciles ont accès à sa rédaction, il serait plus instructif d'apercevoir l'évolution de ce nouvel encyclopédisme vers la possibilité d'avoir enfin une histoire qui ne soit pas écrite par les scribes des dominants, dans quelque domaine que ce soit.
D'où l'intérêt aussi — de ma retraite à 40k, je lis encore — des articles de François Bon quand il historicise sur le thème de l'internet littéraire, cette fois pour traiter de Facebook. Deux amis m'ont invité sur cette plateforme ces dernières semaines. Je m'y suis rendu, inscrit et en ai parcouru rapidement les méandres. Irrité sans cesse d'être dans une coquille américaine, de devoir cliquer sur les liens d'une terminologie débile, et déçu de voir qu'il s'agissait surtout de faire tapisserie, je n'y ai plus guère remis les pieds. Je ne demande qu'à changer d'avis, mais il faudra plus que du trop à la mode réseau social pour me convaincre...
Alors que je fignolais le billet d'hier — comme hier, en somme — arrive l'heure d'aller faire des courses à Saint-Florent. Même quand il pleut, ce centre ville si kitsch, car on ne peut pas le dire beau, devient une horreur tant voitures et motos prennent de place, mobilisent en permanence l'attention, pourrissent déplacements et conversations. Je voterais volontiers pour une transformation en zone piétone, et comme d'habitude les commerçants ne seraient pas d'accord.
C'est
vrai que c'est dommage qu'il pleuve en Corse, mais d'un autre
côté, ça nous permet de nous reposer,
de reconstituer nos réserves
énergétiques avec des siestes et des bons petits
plats. Certaines font du yoga, un autre gratte la rouille d'un portique
de hamac. On lit. On s'occupe, on mange du nougat. Jusqu'à
ce qu'un soleil piteux se jette dans l'eau.Le soir, T. prépare un dîner japonais avec divers ingrédients amenés à cet effet. Le reste de pêche de Michel sert au bouillon de base. Il y aura de l'omelette à la japonaise, de la soupe aux grains de sésame et des sobas au nori. La fille de nos amis, J., mange absolument tout avec les baguettes d'entraînement que nous lui avons rapportées (baguettes liées par une articulation, anneaux pour deux doigts et cran de position du pouce), même des corn flakes...
Les deux tours de table de lecture amènent notre salon littéraire à la page 85 de L'Élégance du hérisson. On trouve que ça patine un peu, l'histoire ne démarre pas vite, on alterne de la marginalité de la concierge à la marginalité de la surdouée. La convergence semble approcher.
Commentaires
1. Le mercredi 22 août 2007 à 01:30, par christine :
avec un peu de retard, bienvenue en France où il pleut !
je ne suis pas convaincue par ton concept (aux connotations un peu douteuses) de "lecture tournante", qui me paraît propre à assassiner quasiment n'importe quel texte : j'imagine Claude Simon - ou Christine Angot - soumis au même régime...
2. Le mercredi 22 août 2007 à 02:50, par F :
sans vouloir t'embêter parmi les nougats et les épineux, la question n'est pas que les "réseaux sociaux" soient "à la mode", mais bien que le net (tu me diras pas le contraire) se pose en permanence la question de comment articuler ses contenus, et ça depuis le premier lien hypertexte - dans l'élargissement exponentiel des contenus, cette articulation devient un enjeu permanent et complexe, d'où cette explosion d'outils - où fesse-bouc, comme d'aucuns l'appellent, est un cas particulier uniquement par l'accumulation des données qu'il a réussi à canaliser - alors que ses grilles américain beauf moyen sont révoltantes pour nous
à part ça, tu crois pas que tu trouverais sur le port de StF quelques cafés sympa à wifi gratuite ? ce serait moins frustrant que le 56k ! et je crois me souvenir qu'il y a pas loin une suite de plages accessibles uniquement par bateau, avec des eaux très transparentes ?
3. Le mercredi 22 août 2007 à 04:47, par Berlol :
Bah, ça ne marche pas mal, la lecture tournante ! Tu veux venir, Christine ?
On est assez contents du texte, tout de même. On s'applique à lire, pas à massacrer. Mais comme on lit et entend la même chose, on commente à chaud. Et pas de connotations douteuses cette fois.
Oui, François, j'attends de voir ce qu'on y fera de concret, dans FaceBook. Pour les plages, faudrait qu'il fasse un peu meilleur...
4. Le mercredi 22 août 2007 à 09:19, par brigetoun :
qu'espérer en Corse ou dans le midi en juillet et août si l'on sort de sa coquille protégée ? J'ai gardé un jardin à Toulon en attendant qu'y paraissent grace aux autres des sardines ou de l'aïoli, mais sans me risquer à voir mon enfance envahie.
5. Le mercredi 22 août 2007 à 13:26, par christine :
c'est gentil de m'inviter, mais je travaille, pauvre de moi ! de toutes façons vous avez quand il ne pleut pas des activités beaucoup trop physiques pour moi (je ne parle pas des lectures tournantes, mais de la marche en montagne)
quand à fesse-bouc (je ne connaissais pas, j'adopte), je ne suis pas convaincue du tout moi non plus : les réseaux d'amis assistés (les réseaux pas les amis) de ce type de sites me semblent totalement artificiels et cosmétiques
je pense que c'est de la plage des Agriates que parle F : c'est magnifique en effet et pas surpeuplé car accessible seulement à pied
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