Vendredi 24 août 2007. Entraîner le ressort et l'équilibre.

Sur le site de Verdier, je lis avec tristesse le compte-rendu du vandalisme au Banquet du livre de Lagrasse. Je persiste à penser que l'article du Figaro — et ce besoin d'histoires « un peu croustillantes » — était de trop.

Ce matin, T. et moi annulons notre participation à une sortie en mer avec nos amis et ceux qui nous ont reçus hier soir. Malgré l'attrait des plages inaccessibles par la route, besoin de repos et de continuer le travail sur Mérimée, pour moi, crainte du soleil direct pendant trop d'heures pour T. — et non la peur d'éprouver le tout nouveau permis bateau de Michel...
Le temps n'est pas brillant, la météo l'annonce beau en matinée et nuageux ensuite. Ils partent comme prévu, à trois. Les amis doivent les rejoindre au port de Saint-Florent, chez le loueur. Peu après, il pleut. Et des nuages partout. Ce n'est pas juste un orage. Je me mets au travail, sans finir le JLR d'hier. T. se repose, lit, regarde la pluie. Quand c'est l'heure théorique qu'il sortent du port, je vais sur la terrasse avec mon imperméable et braque les jumelles vers la baie. Rien. Un petit voilier qui part, sans doute pour aller chercher du soleil ailleurs. La pluie a forci. Notre annulation se trouve pleinement justifiée mais pour la raison contraire de celle donnée par T.

Avant le déjeuner, ils reviennent, n'ont pas loué de bateau, juste fait quelques courses. J'ai réussi à travailler près de trois heures. On déjeune. Puis le temps se lève, bientôt beau fixe, mais pas de vent. S'ils avaient pu savoir...
Nouveau programme. Michel ira pêcher. On fait la sieste. Préparation pour la plage. Pas de randonnée, il faut laisser reposer les chevilles.
Peu après quatre heures, en route pour la plage de Nonza. Bien installé sur ces petits galets, j'écoute un peu de radio avec le i-river, juste assez pour entendre que Cécilia refuse de se rendre à la commission parlementaire qui voulait l'entendre (le régime népotique et discrétionnaire continue à révéler son vrai visage), puis je lis Mérimée dans la Pléiade.

Ensuite, je pars seul, avec l'appareil-photo en bandoulière, dans les rochers de la côte, sautiller comme quand j'avais quinze ans, entraîner le ressort et l'équilibre, et faire des clichés de géologue amateur. Je croise un couple de nudistes blonds. Lui pêche avec de longues cannes très modernes, elle snorkle un peu. Plus loin, des murs de roche, avec des prises intéressantes. J'arrive à monter et à redescendre sans problème. Baignade dans creux entre les rochers, formant baignoires naturelles.

Le soir, nous recevons les amis qui nous recevaient hier. C'est leur dernier soir. Ils reprennent le bateau demain et rentreront chez eux à La Rochelle. Michel s'occupe de griller dans la cheminée les merguez, les chipolatas et les saucisses au figatellu (foie, spécialité corse).
Pas de salon de lecture ni de blog ce soir non plus — on est très occupés, en vacances.