Ce qui n'a pu se faire avant-hier, d'une part parce que T. et moi y avions renoncé  — ce n'était pas le bon moment —, d'autre part parce que le mauvais temps l'avait empêché, est remis au programme d'aujourd'hui : la journée en bateau, vers les plages inaccessibles en voiture : Loto, Saleccia, etc.

Préparation hâtive (ça se ressentira, hélas, au moment du pique-nique, sans pain, sans fruits, sans gâteaux secs) pour être tous les cinq chez le loueur (Dominique Plaisance, à Saint-Florent) vers 9h30. Michel y demande son bateau et reçoit avec deux autres clients un petit cours (ou rappel) sur les manœuvres de sécurité et les zones dangereuses, carte légendée à l'appui.
Nous embarquons à 10 heures sur un Bombard de 4,70 mètres, avec moteur de 25 chevaux (154 euros la journée, hors carburant). Les boudins pneumatiques sur lesquels on s'asseoit sont équipés de cordes pour se tenir et toutes nos affaires sont au centre, sur et autour du gros sac de sécurité contenant les gilets et tout le matériel obligatoire. En dehors de ça, il n'y a guère de place et le bateau n'est pas couvert...
On commence par l'un des exercices les plus difficiles : sortir du port (au moins pour un capitaine débutant). Ce sera sans problème. Vitesse de 3 nœuds dans les 300 mètres des côtes. Et après, à nous la haute mer ! À nous l'accélération qui relève la proue (où je me tiens pour faire contrepoids et de la photo), le vent qui emmêle bien les cheveux, les paquets de mer toniques quand arrivent jusqu'à nous les sillages des yachts rapides !
Doublons la plage du Loto sans nous y arrêter. Trop de monde, des gens qui viennent par la navette. Descendons à Saleccia. Jeter l'ancre, laisser filer jusqu'où on a pied, débarquer les sacs sur la tête pour ne pas les mouiller. Comme dans les films. On déjeune, avec ce qu'on a, donc (œufs durs, tomates, saucisson, compotes), et sans parasol. Trois-quart d'heure après, on rembarque. Et là, gros problème : on ne sait pas remonter sans échelle... Il faut s'entraîner à sautiller en tenant les cordages puis se lancer pour poser son ventre sur le boudin, tel un phoque. Ensuite pousser sur les bras pour basculer à l'intérieur. Tout le monde n'y arrive pas. Je ne donne pas de noms...
Deux criques plus loin, nous descendons, T. et moi, pour le farniente dans la Cala di Fecciajo, lieu paradisiaque où l'eau est tiède et très peu profonde. Pendant que je dors sur le sable, en écoutant vaguement une radio italienne, Michel va pêcher vers la Punta di Mignola. Et Titine et J. sont restées sur le bateau à rissoler. Ils nous reprennent vers 16h30 (à l'heure des méduses).

Retour vers 18 heures, tous bien cuits.
Suis juste bon à préparer une ratatouille régénérante. On dîne après le coucher du soleil (ici encore au-dessus de la maison des Barricini, hi, hi...). Et qu'on se rince les maillots de bain au karcher. Et qu'on se boit des litres d'eau. Et qu'on se met des poignées de crèmes hydratantes. Et de la Biafine.
Pour finir de nous achever, tisanes en lisant L'Élégance du hérisson. Arrivés à la page 132, quatre endormis vermillons autour de la table. Ça ira pour aujourd'hui...