Lecture matinale. L'entretien avec Jean-Yves Mollier dans le Télérama de la semaine. C'est exactement sur ma crête de pensée (Cf. syndrome du chapelier), loin de la défense du commerce de l'édition contemporaine et plus encore des ragots de la rentrée littéraire (Laurens VS Darrieussecq, Bégaudeau descendu par Assouline, etc.).

« Ne sommes-nous pas à l'orée d'un cycle irréversible : le texte s'échappe du livre et le livre s'échappe de la bibliothèque ? Dans un siècle, y aura-t-il encore des livres ?
Un siècle, c'est la bonne échéance pour cette question. Dans dix ou vingt ans, le livre existera évidemment encore. L'imprimé avait fait reculer le manuscrit et l'écran plat fera reculer le livre sur papier. Mais rien ne nous dit que le support du livre sera l'écran plat. La technique va tellement vite que de nouveaux supports peuvent apparaître. Si l'on est capable de commercialiser à prix très bas un codex qui contiendra, avec le principe du téléchargement, toutes les bibliothèques du monde, alors on aura des livres dans sa bibliothèque, et ce codex avec une autre bibliothèque. Il faut accueillir tout cela avec beaucoup d'optimisme. La question du support reste toutefois primordiale. Roger Chartier a bien montré qu'on ne lit jamais deux fois le même livre sur deux supports différents. [...] » (Jean-Yves Mollier, Télérama, n°3006, p. 11)

Des cousins de Titine (5 personnes) viennent de Carticasi, dans le centre montagneux de la Corse, pour déjeuner — occasion de retrouvailles entre deux branches d'une famille qui n'étaient pas proches.
Avec la pêche de Michel d'hier, T. prépare une soupe de poisson au miso dont les hôtes seront éblouis. Titine s'occupe d'un fiadone et des deux poulets au four. De mon côté, j'épluche haricots verts et pommes de terre, pour les cuire et les sauter à l'ail.
Tout va comme sur des roulettes. Jusqu'à 17 heures, heure à laquelle nous étions convenus, T., Michel et moi, de partir en randonnée, laissant Titine seule avec les siens.

Sortons chaussés serré direction Patrimonio, objectif menhir et huile d'olive. D'abord par la route, mais cherchant un chemin, pour descendre, sur la droite, vers le couchant. Trouvons une sorte de sentier qui va vers une crête, au-dessus des vignes. Pas balisé, juste de temps en temps des petits cairns de pierres plates et des cartouches de fusils de chasse. Progressons joyeusement de quelques centaines de mètres en trente minutes, entre varappe et romarin, jusqu'à ce que Michel pronostique un cul-de-sac. Demi-tour et reprise de la route jusqu'au chemin pris l'autre jour. Pause devant l'église, dos et sac-à-dos trempés. Découverte du menhir, que Michel connaissait déjà. Trouvons même la résidence de la presseuse d'huile (notre Mac Guffin depuis quelques jours, depuis que nous l'avons vue dans le guide Nustrale, n°10), mais pas de magasin. Michel téléphone à Titine, descendue à Saint-Florent en voiture avec sa fille après le départ des cousins, pour que nous nous retrouvions près d'une épicerie, nommée par convention chez Mme Rondpointzi.
Marchons jusqu'à ce rond-point et, dans cette épicerie... je trouve l'huile d'olive recherchée, l'Aliva Marina. J'en prends une boîte de 250 cl. Nous la goûterons plus tard, mais ce que nous pouvons déjà dire, c'est qu'elle a intérêt à être très bonne. À près de 40 euros le litre ! Ça nous amène même à nous interroger sur le mode de sélection des produits dans ce Guide des produits corses... À moins que ce soit la marge de la Rondpointzi...

Après le dîner, forcément léger, nous reprenons lecture de Barbery et là, Ô miracle, bien qu'on n'échappe pas à quelques leçons de philo à deux balles, il se passe quelque chose. Et même deux choses, la convergence approche. Un, l'arrivée d'un Japonais dans l'immeuble. Deux, la découverte d'un livre de chez Vrin dans le cabas de la concierge...