dimanche 30 septembre 2007
Quelques fleurettes dans un bocage
Par Berlol, dimanche 30 septembre 2007 à 23:59 :: General
Moi, je ne m'en lasse pas. Ce qu'ils sont en train de faire, mine de rien, à @rrêt sur images (maintenant que ça s'appelle comme ça), c'est tout simplement génial ! Déjà 15.000 abonnés déclarés, sur la confiance qu'ils avaient dans l'émission télévisée, avant le démarrage du site à pleine vitesse le 7 janvier 2008. Et déjà chroniques et enquêtes écrites rythment l'attente, souvent vidéos à l'appui, je le répète — de quoi embarrasser quelques anciens copains des médias et en stresser quelques autres pour l'avenir...
Il pleut, il pleut, il pleut — et c'est de ma faute. Je m'en suis souvenu ce matin. Il y a trois jours, je répondais à Laure qui m'avait envoyé des livres ; je la remerciais et j'ajoutais mon souhait qu'il pleuve afin d'avoir plus de temps pour lire... Franchement, est-ce que j'avais besoin de lui écrire ça ?
Eh ben voilà, c'est arrivé.
Voyant la grisaille, on est resté au lit.
Vers onze heures, je suis allé à l'Institut voir si je pouvais avoir deux billets pour Lady Chatterley. Et j'en ai eu.
Pierre Michon, Jacques Serena, Jérôme Gontier, Richard Morgiève, Antoine Volodine. Belle brochette ! Tels sont les noms des personnes dont j'ai enregistré les voix parmi celles que recevait Alain Veinstein cette semaine, dans Surpris par la nuit et dans Du jour au lendemain (à noter que cette dernière émission a enfin un bouton d'écoute unique ; depuis son décalage en partie au-delà de minuit et à cause de je ne sais quel problème technique, il y avait deux boutons correspondant aux deux parties de l'émission, ces deux parties n'étant d'ailleurs jamais au même niveau sonore, mais n'en parlons plus). Je les écouterai dans des trains.
J'ai un peu avancé mes notes sur L'Étranger. Pas vite. Vaut mieux pas.
Vers 16h30, on est allé à l'Institut et il y avait comme prévu beaucoup de monde pour l'une des deux seules séances de Lady Chatterley sans coupure au Japon (la seconde sera mardi à 18h30), qui plus est suivie ce soir d'un entretien avec Pascale Ferran. Le film qui sortira en salles (une ou deux) à Tokyo puis qui sera distribué en dévédé en version sous-titrée japonais sera amputé (châtré) d'une vingtaine de minutes, sans doute parmi les plus belles.
C'est un film qui prend son temps, mais prendre son temps est dans son
propos. Parce que découvrir l'attirance
réciproque puis l'amour puis la confiance quand on est de
deux milieux très différents juste
après la Première Guerre mondiale dans
l'Angleterre corsetée et industrialisée, ce ne
sont pas des choses qui se font en cinq minutes. Parce que montrer
l'être humain qui essaie d'entrer en harmonie avec son milieu
naturel quand il se sépare un tant soit peu de son milieu
social, c'est une chose très difficile, qui ne se fait pas
en filmant juste quelques fleurettes dans un bocage. Surtout quand on
veut respecter une œuvre littéraire visiblement
exigeante.Pour le texte, je ne l'ai pas lu. Je n'ai donc pas à me poser la question de l'adaptation. Mais ce que j'ai vu ce soir, c'est de l'excellent cinéma, sans aucune réserve. Avec en prime Hippolyte Girardot campant un mari diminué par une blessure de guerre alors que je pensais à lui hier en évoquant le film d'Éric Rochant.







