S'il me fallait ne retenir qu'une communication qui m'ait apporté par surprise beaucoup plus que ce que j'en attendais, ce serait sans aucun doute celle de Christian Chelebourg ce matin, intitulée Le sens de la famille — Filiation, transmission, générations chez Mérimée. Car jamais l'effroi ou l'impossibilité d'une descendance ne m'avait paru faire sens dans l'œuvre de Mérimée, malgré son omniprésence : de l'enfant qui ne mérite pas son nom dans Mateo Falcone à celui qui finit par le mériter dans Colomba, en passant par les stériles mariages, que ce soit avec une statue (Vénus d'Ille) ou avec l'enfant de l'ours (Lokis). Et à chaque fois, c'est l'homme qui cause problème et interrompt la lignée, tandis que la femme reste idéale ou intouchée...

Le matin, j'ai fait imprimer ma communication au secrétariat de Cerisy, si bien qu'ayant mis mes citations en vert dans le document électronique, je peux basculer mon fond de page en noir pour qu'à la projection l'assistance ne voie que les citations à lire (et pas mon texte, en noir) sans avoir à réaliser d'autre document.
Après le déjeuner, et avant une nouvelle vague de départs, c'est le sacro-saint moment de la photo de groupe. Le sachant, je monte trois minutes, je dis bien trois minutes, aux toilettes et changer de chemise... Eh bien, je l'ai raté ! Je ne suis pas sur la photo du colloque Mérimée ! T. y figure en bonne place, elle, mais moi pas. Ce que voyant, on m'accable dès que je reparais, Catherine de Gandillac surtout. Je balbutie et m'excuse, dans ma honte me résigne, on consent à m'en faire une en petit groupe comme il s'en fait toujours après la photo principale, avec qui je voudrais.

Enfin mon tour de parole arrive, après une intéressante mais un tantinet trop longue communication sur la fortune musicale de la Vénus d'Ille (presque deux heures avec la discussion). Après toutes ces semaines de lectures et de travail, je puis rester zen quelques minutes de plus, jusqu'au plaisir d'un extrait d'opéra de Kurt Weil, la chanson Speak Low (que je connais sans avoir de mérite particulier car c'est la seule à avoir été un peu popularisée, indépendemment du reste de l'opéra One Touch of Venus).
Je parle donc, sous le titre-valise Tourisme en Mérimée, d'un parcours thématique —  touristique — de l'œuvre de Mérimée centré sur la présence de plus en plus importante du narrateur, devenant guide puis professeur d'anthropo-ethno-socio limite gonflant, citations à l'appui, tout cela par le biais d'un ostensible militantisme en faveur de la réalisation d'un corpus numérique mériméen digne de ce nom (au lieu de la mauvaise collection de bouts de textes éparpillés désordonnés dans le web dont je montre quelques extraits). Pendant la discussion qui suit, je mets en route l'océèrisation automatique d'un pdf image de Gallica par FineReader. La réception est bonne, il est clair que je ne suis pas spécialiste de Mérimée mais que mon apport est épistémologique et technologique — méthodologique, en somme.

Sommeil en retard, je me couche tôt.